La BCE s’inquiète des risques d’un Brexit sans accord pour la zone euro

Le Vice-président de la BCE, Luis de Guindos

Alors que les députés britanniques ont rejeté pour la troisième fois l’accord de retrait de Theresa May, la BCE s’inquiètent des conséquences d’un Brexit sans accord pour la croissance économique en zone euro. Un article de notre partenaire EuroEfe

Le Vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a affirmé le 1er avril qu’une sortie de l’UE sans accord pourrait ralentir l’économie de la zone euro. Celui-ci a toutefois ajouté que les risques pour la stabilité financière seraient tout de même « gérables » grâce à la préparation préalable des institutions publiques et du secteur privé.

« Un potentiel Brexit sans accord affecterait principalement l’indicateur du sentiment (économique), ce qui exacerberait et intensifierait les éléments responsables du ralentissement de l’économie européenne », a déclaré Luis de Guindos lors de sa présentation au Parlement européen du rapport annuel de la BCE pour l’année 2018.

Un Brexit sans accord serait «pratiquement inévitable»

Après avoir rejeté pour la troisième fois l’accord de retrait négocié par Theresa May, les députés britanniques ont également rejeté les quatre alternatives à cet accord, faisant du Brexit sans accord un scénario « pratiquement inévitable ».

L’ancien ministre espagnol de l’Économie a également souligné que les conséquences d’un Brexit sans accord ne seraient « pas négligeables », expliquant que les marchés financiers envisageaient une sortie britannique sans accord comme « peu probable », ce qui contribuerait encore au ralentissement de l’économie.

Dans un tel contexte, une sortie désordonnée du pays « pourrait amplifier les impacts négatifs et les tendances à la baisse responsables du ralentissement économique », a-t-il ajouté.

Des causes variées

Pour la BCE, les causes du ralentissement économique qui se poursuit depuis l’année dernière sont principalement dues à une croissance faible du commerce extérieur et à des facteurs temporels mondiaux et domestiques, tels que la chute de la construction automobile en Europe. Les incertitudes géopolitiques, la menace du protectionnisme et les vulnérabilités des marchés émergents constituent d’autres causes pour lesquelles la BCE a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019 désormais évaluées à 1,1%.

Selon Luis de Guindos, l’impact sur la perception de l’économie européenne prévaudrait sur la réaction concrète des marchés face à un Brexit sans accord. « Ce serait une très mauvaise chose pour l’économie européenne, déjà fragile. Nous faisons actuellement face à un ralentissement de l’activité économique, et le Brexit pourrait fragiliser la relance prévue pour la deuxième moitié de l’année », a-t-il expliqué.

« Le sentiment économique est très important sur le court terme, et les marchés n’envisagent pas vraiment la possibilité d’un Brexit sans accord, c’est une chose que nous devons prendre en compte », a-t-il déclaré, ajoutant que le « manque de clarté » à l’égard du résultat final du Brexit ne faisait qu’intensifier les incertitudes politiques.

La probabilité d’une sortie sans accord s’est concrétisée après que les parlementaires britanniques ont rejeté pour la troisième fois l’accord négocié par Theresa May le 29 mars. Face à l’impasse, l’UE a convoqué un sommet de crise le 10 avril, alors que le Royaume-Uni devra avoir décidé de son sort avant le 12 avril, sans quoi le pays se verra contraint de participer aux élections européennes.

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