La Commission s’attend à une recrudescence des faillites en 2009 [FR]

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Cet article fait partie de l'édition spéciale European Business Summit.

Jusqu’à 200 000 faillites d’entreprises sont attendues en Europe cette année, selon la représentante des PME auprès de la Commission européenne, Françoise le Bail. Elle a indiqué que la réticence des banques à consentir des prêts aux PME jetterait des milliers d’entreprises viables hors du marché. 

Prenant la parole lors du Sommet européen des affaires, qui s’est tenu à Bruxelles la semaine dernière, au cours d’un séminaire portant sur les PME en temps de crise (« SMEs in times of crisis: red tape or red carpet? »), elle a indiqué que 19 Etats membres de l’UE ont déjà amorcé des plans de relance de l’économie dont les petites entreprises bénéficieront directement. 

Mme Le Bail a déclaré que la Commission était en train de mettre en œuvre le Small Business Act, qui simplifiera la vie des petites entreprises en diminuant la bureaucratie. Cette mise en œuvre comprendra des amendements à la directive concernant la lutte contre les retards de paiement, qui pourraient être dévoilés dès cette semaine.

Les modifications devraient impliquer que les autorités publiques paient les entreprises privées dans un délai de 30 jours. 

Arndt Kirchhoff, président de la commission sur les PME de BusinessEurope, a souligné le fort besoin de la directive modifiée afin d’injecter des fonds dans le système et de conserver les entreprises dans le monde des affaires. Il a ajouté que la crise du crédit ruinera des milliers d’entreprises solides. 

Un accès suffisant au financement doit être assuré pour éviter la faillite aux PME viables, a-t-il poursuivi. Selon lui, l’adoption rapide de la directive contre les retards de paiement est essentielle, dans la mesure où les gouvernements reportent la libération des paiements, empirant encore les problèmes.

M. Kirchhoff a déclaré que le Small Business Act constituait une bonne réponse aux nombreux problèmes que les PME rencontrent, mais que sa mise en œuvre était déterminante si les entreprises doivent ressentir rapidement son impact. 

Valia Chilova, gérante associée de Marketor, entreprise de consultance spécialisée en marketing, et candidate aux prochaines élections nationales bulgares, a décrit les PME comme le sang de l’économie, mais a indiqué que le gouvernement de son pays n’avait pas adopté environ la moitié des mesures proposées par les organisations d’entreprises. 

Elle s’est également montrée critique envers ce qu’elle a décrit comme un manque d’information sur l’impact précis de la crise, et la lenteur des réponses des hommes politiques. Jusqu’à la fin de l’année dernière, on nous disait qu’il n’y aurait pas de crise en Bulgarie, que nous étions en position de force, et cela s’est avéré faux, a-t-elle déclaré. Au cours des cinq dernières années, plus de 30 milliards d’investissements directs à l’étranger sont entrés en Bulgarie, mais ils ont été placés dans le secteur de la construction et maintenant, il n’y a pas d’argent sur le marché, a-t-elle poursuivi. 

Mme Chilova a ajouté que les fonds de l’UE ne circulent plus en Bulgarie, et que les PME d’Europe du Sud-Est font face à de sérieuses difficultés pour attirer des investisseurs en raison du manque de confiance. 

Luuk Borg, directeur du secrétariat d’EUREKA, réseau paneuropéen de R&D, a déclaré que la crise actuelle n’était pas la seule raison pour laquelle il fallait lutter contre la bureaucratie, et que toutes les administrations ont l’obligation de diminuer la paperasserie. Toutefois, il faut selon lui conserver certaines procédures en vue de s’assurer que l’argent public est dépensé correctement. 

M. Borg a indiqué que la Commission avait travaillé pour gérer la bureaucratie et rendre la R&D plus accessible aux PME. Toutefois, un fort taux de succès des candidatures est important, car l’on ne peut demander aux personnels des PME de passer leur temps et de dépenser leur argent pour rechercher des candidatures si seulement 8 % d’entres elles se révèlent être un succès, a-t-il précisé. 

La session était modérée par le fondateur et éditeur d’EURACTIV.comChristophe Leclercq, qui a relevé que les PME, comme les représentants de l’UE, appellent à des changements dans les politiques publiques en vue de lutter contre la crise actuelle.

« D’habitude, les entreprises sont contre toute intervention publique, mais maintenant, elles s’engagent aux côtés des décideurs politiques », a-t-il indiqué. « Ceci pourrait constituer une base de travail pour atteindre un consensus plus important quant à la définition des politiques publiques », a-t-il conclu. 

La Commission européenne a déclaré que la crise économique avait atteint les PME après avoir frappé les grandes entreprises, mais les premières en souffrent désormais sévèrement. L’une des causes principales de difficultés pour les entreprises réside dans l’accès restreint au crédit, dans la mesure où les banques sont, ces derniers mois, moins disposées à accorder des crédits.

Afin de lutter contre ces restrictions, la Banque européenne d’investissement  a renforcé son soutien aux PME, mettant à leur disposition 30 milliards d’euros sur les trois prochaines années. Des plaintes se sont élevées quant au fait que les financements ont mis du temps à atteindre les PME, mais la Banque et la Commission insistent sur le fait que l’infrastructure est maintenant en place et prête à distribuer des prêts. 

Des critiques selon lesquelles il aurait été fait beaucoup pour les grandes entreprises, sans que les PME aient bénéficié d’un soutien comparable, ont été rejetées par la représentante des PME auprès de la Commission européenne, Françoise Le Bail

Dans le même temps, des efforts de diminution de la charge administrative des PME  sont en cours, via l’application du Small Business Act, adopté en juin dernier. 

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