La France souhaite l’introduction en bourse des PME croissantes de l’UE

traders3.jpg

La ministre des finances française Christine Lagarde souhaite que l'UE crée un point d'accès unique pour l'introduction en bourse des entreprises jeunes et dont la croissance est rapide, et a proposé une série de mesures afin d'encourager les entreprises innovantes à être cotées sur les bourses de valeurs européennes.

Mme Lagarde souhaite aussi simplifier le marché obligataire pour les entreprises petites, moyennes et intermédiaires, en leur donnant plus de temps pour publier leurs rapports trimestriels, pour atténuer leurs standards comptables et pour produire des prospectus moins détaillés lorsqu'elles entrent en bourse.

Il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais il ne peut y avoir de divergences sur l'importance des petites entreprises comme force motrice pour la croissance, l'emploi et la R&D, a-t-elle déclaré lors d'une rencontre à Bruxelles, organisée par l'European Capital Markets Institute (ECMI).

La proposition d'un système européen conjoint pour échanger des parts dans les sociétés innovantes est contenue dans le rapport de Fabrice Demarigny, un expert des marchés de capitaux, qui a élaboré un plan détaillé pour Mme Lagarde, qu'elle a publié la semaine dernière (18 mars).

Le nouveau système rendra l'accès des investisseurs sur les marchés secondaires européens plus facile, comme le London Alternative Investment Market (AIM), la plupart étant spécialisés dans les hautes technologies. La stipulation des fonctions et des revenus se fera toujours au niveau national et l'échange des revenus se fera au bénéfice des propriétaires conjoints de la plateforme.

La plateforme conjointe d'échange sera autorisée et supervisée directement par l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). Mme Lagarde a déclaré que cette initiative ferait partie d'une série de mesures qui, si elles sont adoptées au niveau européen, aideront les petites entreprises à croître rapidement pour devenir des acteurs plus importants.

Lagarde : rendre la vie plus facile aux entreprises publiquement cotées en bourse

Elle a déclaré que parvenir à une définition unique des petites entreprises cotées était nécessaire, et qu'elle devait être plus large que la définition des PME actuellement utilisée par la législation européenne.

La ministre française a affirmé que le terme "Petits et moyens émetteurs cotés en bourse en Europe" (SMILE) serait plus approprié et que toute entreprise correspondant à cette définition devrait être sujette à des obligations de marché moins importantes.

Cela inclurait l'utilisation d'une fiche d'information simplifiée et harmonisée – document clef mettant en avant le "business plan" de l'entreprise – avant l'introduction en bourse. Les SMILE auront également trois mois pour préparer leur comptabilité trimestrielle, plutôt que les deux mois actuellement en vigueur pour toutes les entreprises introduites publiquement.

Un niveau plus proportionné de régulation et de standards comptables est au cœur de la vision de Mme Lagarde pour encourager les entreprises à forte croissance à entrer en bourse.

Mme Lagarde a dit qu'elle espérait que le rapport de M. Demarigny inspirerait la Commission, et qu'elle prendrait au sérieux les propositions visant à rendre plus facile l'introduction en bourse des plus petites entreprises.

Elle a affirmé que plusieurs directives européennes étaient actuellement en révision et que le moment était donc idéal pour repenser les règles dans le cadre desquelles les plus petites entreprises ont accès aux marchés de capitaux.

Le rapport a été largement salué par les investisseurs, bien que certains aient exprimé leurs inquiétudes sur le fait que baisser la barre des règles comptables pourrait entraver le flot d'information en direction du marché.

Georges Noël, directeur de l'Association européenne des sociétés de capital à risque (EVCA), a déclaré que les propositions de Mme Lagarde étaient dans la logique de ce à quoi l'industrie travaille. Il a affirmé que son association travaillait sur un plan d'action pour améliorer l'accès au capital des petites entreprises innovantes en Europe.

Nous regardons de manière générale dans la même direction que Mme Lagarde, bien que nous ayons une opinion différente sur les standards comptables, étant donné que nous souhaiterions conserver les standards les plus hauts possibles, a-t-il dit.

M. Noël a déclaré qu'il était devenu plus difficile de convaincre les investisseurs importants d'investir en Europe. Si je dois être vraiment sincère, je suis impressionné de voir à quel point les investisseurs institutionnels d'HongKong et Singapour sont inquiets en ce qui concerne l'environnement règlementaire européen, a-t-il confié.

Il existe une contradiction, a-t-il ajouté, entre les efforts de la BEI visant à promouvoir l'innovation alors que l'UE rend les choses plus difficiles en matière d'entrée de certains fonds sur le marché.

Marco Natoli, mandant pour le marché secondaire au sein du Fonds européen d'investissement (FEI) a déclaré que les entrepreneurs étaient plus disposés à choisir les capitaux à risque comme source de financement à long terme plutôt que d'opter pour des offres publiques initiales de mise en bourse.

Il a appelé à une solution d'ensemble pour rendre les cotations directes plus attractives pour les entreprises de haute technologie. M. Natoli a proposé la réduction des charges administratives liées à l'introduction en bourse et la réduction des coûts des transactions.

Tim Ward, directeur exécutif de la Quoted Companies Alliance, a déclaré que des millions d'emplois avaient été perdus aux Etats-Unis en raison de la chute très importante du nombre d'entreprises cotées en bourse. Cela, a-t-il dit, est un avertissement de ce qui peut arriver lorsque les entreprises de sont pas capables de lever du capital et d'investir dans la création d'emploi.

M. Ward a affirmé que le flot d'information vers le marché était primordial pour attirer des investisseurs et tracer une frontière entre une divulgation détaillée et une divulgation significative, ajoutant que la proposition de Mme Lagarde pour une note d'information de 50 pages était une très bonne idée.

Il a aussi soutenu l'idée d'une règlementation proportionnée des plus petites entreprises. Les entreprises plus importantes devraient être plus lourdement règlementées puisque leurs faillites pose un problème de risque systémique, ce qui n'est pas le cas pour les SMILE.

Marcus Stuttard, chef de l'Alternative Investment Market (AIM) au London Stock Exchange, a déclaré qu'une définition commune des entreprises cotées serait bienvenue et il a souligné l'importance d'apporter du capital aux jeunes entreprises.

Beaucoup d'entreprises à forte capitalisation réduisent leurs dépenses de R&D, les PME sont donc encore plus vitales pour l'innovation, a dit M. Stuttard.

Hans van Damme, président de la Fédération des experts comptables européen, a affirmé que demander moins de divulgation de la part des petites entreprises était une idée largement soutenue par de nombreuses parties prenantes, mais que la question était de savoir qui déciderait du bon niveau de divulgation.

M. van Damme a déclaré que les directives européennes sur la comptabilité étaient obsolètes et il a salué la décision de la Commission européenne de réviser la législation dans ce domaine.

Le nombre d'entreprises petites, moyennes et intermédiaires cotéesen bourse en Europe a diminué en raison du déclin du marché des offres initiales d'introduction (IPO) et de la décision de certaines entreprises de se retirer de la bourse et de s'en sortir toutes seules.

La très grande majorité des nouvelles IPO de ces dernières années se sont déroulées sur les courses asiatiques, suggérant que le problème est structurel, et pas seulement le résultat de la crise financière.

La ministre française des Finances Christine Lagarde a proposé en juillet 2009 que l'Europe devrait étendre le Small Business Act pour faciliter la cotation en bourse des entreprises jeunes et à forte croissance.

Elle a chargé Fabrice Demarigny, un consultant sur les marchés financiers, d'écrire un rapport sur les moyens d'améliorer l'accès aux marchés de capitaux en Europe.

Dans son rapport, publié la semaine dernière (18 mars), M. Demarigny a utilisé le terme de Petits et moyens émetteurs cotés en bourse en Europe (SMILE) pour décrire les entreprises innovantes que Mme Lagarde souhaite aider – un groupe plus large que la définition européenne des PME.

Subscribe to our newsletters

Subscribe