La France veut mettre l’intérêt de l’UE avant celui du Royaume-Uni

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Alors que les 28 doivent évoquer, jeudi 21 mars au Conseil européen, une éventuelle extension qui serait accordée au Royaume-Uni pour rester dans l’UE, la France montre les dents.

Paris montre des signes de lassitude au sujet de la politique britannique.

« La négociation a été menée, elle a été épuisée », constate-t-on à l’Elysée, à la veille du Conseil européen qui doit statuer sur une éventuelle extension, après le 29 mars, de l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.

May prête à demander un report du Brexit

Le Royaume-Uni demandera officiellement un report du Brexit après que la Chambre des communes a approuvé à une écrasante majorité une prolongation. Le gouvernement de Theresa May peut désormais abandonner son projet de quitter l’UE le 29 mars.

Comme la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau l’a indiqué, la France, à l’instar de la Commission, ne serait d’accord avec une demande d’extension que si elle fait l’objet d’une demande précise et argumentée.

« Si l’hypothèse est de faire un nouveau référendum, on peut envisager un report de quelques mois », concède un conseiller de Macron. En revanche, Paris n’écarte pas de bloquer une éventuelle demande de report du Royaume-Uni, au Conseil européen. La décision doit en effet être prise à l’unanimité, ce qui fait que chaque Etat membre détient de fait un droit de veto.

L’intérêt de l’UE doit passer avant le Royaume-Uni

Pour la France, deux critères compteront dans un éventuel soutien à la demande d’extension britannique : la probabilité que le Parlement britannique finisse par ratifier l’accord, et l’impact de cette extension sur l’Union européenne.

« L’intérêt de l’UE doit passer avant. Si le Royaume-Uni reste, dans les termes actuels, ils participeront à l’élection européenne, au choix du futur président de la Commission, mais aussi aux votes sur le cadre financier pluriannuel », prévient Paris, qui redoute que le Royaume-Uni ne continue à bloquer le processus décisionnel européen.

Depuis deux ans, la quasi totalité des Conseils européens ont été principalement dédiés au Brexit, ce qui retarde l’avancée des autres dossiers : climat, économie, finance, social.

La participation des Britanniques aux élections européennes n’a pas non plus la faveur de la droite européenne, parce qu’elle renforcerait le groupe socialiste au Parlement européen, mais pas le PPE puisque la droite britannique siège avec l’ECR. Et avec le départ probable des 15 eurodéputés hongrois du groupe, les deux grands partis se retrouveraient au coude-à-coude au Parlement, alors que le PPE a l’habitude de dominer en nombre.

Pour l’entourage de Macron, le problème principal d’une extension de l’article 50 réside surtout dans les freins aux projets de réforme de l’UE que cela entraînerait. La solution pourrait se trouver dans des garanties apportées par le Royaume-Uni, par exemple sur sa non participation à certaines décisions. Une pilule qu’il faudra ensuite faire avaler aux députés britanniques.

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