La Grande-Bretagne suspend un accord relatif à une franchise ferroviaire

FirstRail_Britain.jpg

Le gouvernement britannique a annulé un accord concédant l’une de ses plus grandes franchises ferroviaires à un opérateur privé. Il s’agit d’un retournement de situation humiliant qui soulève certains doutes quant à la capacité du gouvernement à gérer la privatisation des chemins de fer.

 

Les ministres ont gelé trois autres appels d'offres mercredi (3 octobre), après que le ministère des transports a annoncé que des erreurs « tout à fait inacceptables » ont été découvertes dans la gestion de la compétition portant sur la gestion de la West Coast Main Line, une ligne qui relie Londres et Glasgow.

 

Il s'agit d'un revers difficile pour le Parti conservateur au pouvoir, qui a entamé un programme difficile de privatisation des chemins de fer dans les années 1990, entravés par des accidents mortels, des crises financières et des luttes politiques.

 

La plus grande partie du réseau ferroviaire était public entre 1948 et le milieu des années 1990. Aujourd'hui, les services britanniques de transport de passagers sont aux mains de 16 entreprises ferroviaires privées qui ont signé des contrats avec le gouvernement. (Voir notre LinksDossier sur le système ferroviaire en Europe)

 

L'opérateur FirstGroup Plc a offert 6 milliards de livres sterling (7,5 milliards d'euros) pour obtenir cette franchise sur 13 ans en août dernier. Virgin Trains, une entreprise formée à partir du Virgin Group de Richard Branson et de Stagecoach, avait saisi la justice affirmant que cette offre n'était pas réaliste.

 

La coalition dirigée par les conservateurs, en berne dans les sondages, est déjà sous pression en raison de la stagnation de l'économie, des coupes budgétaires et d'un budget impopulaire cette année.

 

Le ministre des transports, Patrick McLoughlin, a expliqué que ces erreurs coûteraient au moins 40 millions de livres (50 millions d'euros) aux contribuables, une somme relativement modeste, mais difficile à assumer sur le plan politique en cette période de récession et de budgets serrés dans les ménages britanniques.

 

« Je me vois dans l'obligation d'annuler l'appel d'offres sur la franchise West Coast en raison d'erreurs graves et extrêmement regrettables de la part de mes services », a déclaré M. McLoughlin dans un communiqué.

 

Certains fonctionnaires pourraient même être suspendus en raison de graves erreurs dans la manière dont ils ont calculé les offres. M. McLoughlin devrait sortir indemne de ce scandale, dans la mesure où il a remplacé Justine Greening au poste de ministre des transports le mois dernier seulement, dans le cadre d'un remaniement ministériel.

 

Le ministère n'accordera plus de contrat pour la gestion des services de la West Coast lorsque le contrat actuel expirera le 9 décembre. Les trains seront conduits par les mêmes conducteurs, le personnel et les horaires resteront inchangés jusqu'à ce que les problèmes soient résolus, a annoncé le gouvernement.

 

Les trois appels d'offres en cours ont été suspendus en attendant que l'enquête se termine. Neuf autres franchises devraient faire l'objet d'appels d'offres au cours des trois prochaines années. Mais la situation risque de provoquer des retards.

 

La porte-parole des travaillistes sur les questions liées aux transports, Maria Eagle, a déclaré : « Le fiasco de la franchise ferroviaire de la West Coast a encore fois mis en exergue l'incompétence du gouvernement conservateur. »

 

Le syndicat ferroviaire RMT a quant à lui qualifié la privatisation du rail de « désastre malheureux et coûteux », appelant à l'arrêt du processus. « Au lieu de relancer tout ce cirque qui coûte de l'argent, l'itinéraire de la West Coast devrait être renationalisé de manière permanente », a affirmé le responsable de RMT, Bob Crow.

Subscribe to our newsletters

Subscribe