Le Labour n’exclut pas d’abandonner le Brexit

epa07045101 Keir Starmer, ministre fictif au Brexit, lors de la conférence du Parti travailliste à Liverpool, le 25 septembre 2018. EPA-EFE/WILL OLIVER [EPA-EFE/WILL OLIVER]

Les travaillistes britanniques envisagent un deuxième référendum sur la sortie de l’Union européenne. Mais les divisions persistent sur le contenu de ce nouveau scrutin.

Lors de la conférence du Parti travailliste à Liverpool, le 25 septembre, Keir Starmer, porte-parole sur le Brexit, n’a pas fermé la porte à d’un nouveau référendum sur l’UE.

« Si nous voulons sortir de l’impasse, nos options doivent inclure une campagne pour un nouveau scrutin, et personne n’exclut la possibilité de rester dans l’UE », a-t-il assuré.

Cette déclaration a donné lieu à une explosion d’applaudissements, même si les membres du parti restent divisés sur le sujet.

Steve Turner, le vice-secrétaire général de Unite, le plus grand syndicat britannique et principal donateur de Parti travailliste, s’est immédiatement distancié de la position du porte-parole. Ce que les travaillistes exigent, « ce n’est pas un deuxième référendum, quoi que Keir [Starmer] ait dit plus tôt, mais un vote sur les conditions de la sortie » du bloc européen, a-t-il affirmé.

May appelée à trouver un plan B de toute urgence pour le Brexit

Londres doit « de toute urgence » trouver une alternative à la dernière proposition d’accord de Brexit de Theresa May si le pays veut éviter une sortie chaotique de l’UE, s’inquiètent les députés.

Une position proche de celle de John McDonnell, ministre fictif des Finances, qui a indiqué il y a quelques jours qu’un nouveau référendum ne devrait se pencher que sur la question de l’accord conclu avec l’Europe, et non sur la possibilité ou non de rester dans l’UE. « Si nous voulons respecter le résultat du dernier référendum, il faut que ce soit sur l’accord lui-même », a-t-il jugé.

Environ 5 millions des électeurs travaillistes de l’élection de 2017 ont voté pour la sortie de l’UE lors du référendum de 2016. Le dirigeant du parti, Jeremy Corbyn, n’a pas exprimé de préférence à ce sujet. La vaste majorité des 500 000 membres du parti voudraient toutefois rester dans l’Union et un sondage YouGov réalisé ce week-end indique que le parti pourrait s’assurer 1,5 million de nouveaux électeurs en promettant un vote populaire.

Les élus du parti vont presque certainement voter contre l’accord que la Première ministre parviendra à négocier avec les 27. Étant donné que le gouvernement de Theresa May n’a pas la majorité absolue et que certains députés conservateurs devraient se rebeller en cas d’absence d’accord et de Brexit dur, les travaillistes espèrent pouvoir provoquer une motion de censure et de nouvelles élections.

La position officielle du parti est toujours que le Royaume-Uni devrait quitter l’UE, mais rester dans une union douanière avec les 27. Emily Thornberry, porte-parole du parti sur les Affaires étrangères, a pour sa part estimé que le cadre de l’article 50 devrait être étendu.

« Nous devrions organiser de nouvelles élections et notre manifeste devrait dire clairement que nous respecterons le résultat du référendum (mais que) nous ne pouvons de toute évidence pas quitter l’UE dans les circonstances actuelles », a-t-elle déclaré. « Nous devons prolonger l’article 50 et faire preuve d’un peu de maturité dans les négociations face à l’Europe. »

Brexit : course contre la montre des défenseurs d’un second référendum

À six mois de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le temps presse pour les partisans d’un second référendum sur le Brexit, qui voient chaque jour se réduire un peu plus leurs espoirs de maintenir les liens avec le continent.

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