Le Brexit fait chuter les prix des séjours linguistiques

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Les séjours linguistiques au Royaume-Uni, destination préférée des petits Français pour apprendre une langue étrangère, pourraient-ils pâtir du Brexit? Entre confusion sur les formalités administratives et cours de la livre sterling, les agences tentent de tranquilliser les familles.

«Si quelqu’un est capable de nous dire comment ça va se finir, on est preneurs». Depuis quelque temps, Antoine Bretin, directeur des séjours jeunes pour le groupe Verdié Voyages, ne cesse de répondre aux interrogations des parents.

«Des questions, on en a énormément, essentiellement sur les formalités», explique-t-il. «La vraie inquiétude, c’est sur la carte nationale d’identité : est-ce qu’elle sera suffisante pour franchir la frontière?»

Pour entrer au Royaume-Uni, les Français n’ont pour l’instant besoin que de ce document. Mais avec le Brexit, le visa ou le passeport pourraient devenir obligatoires pour se rendre sur le territoire britannique.

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Antoine Bretin assure qu’il n’y a pas eu pour le moment «d’annulation ou de baisse d’activité». Mais, concède-t-il, «si jamais il devait y avoir la mise en place d’un visa ou un passeport, ça aurait un impact: ça augmenterait le coût du voyage et les contraintes administratives».

Jusqu’ici, une simple carte d’identité et une autorisation de voyage pour les mineurs suffisent.

«Je n’ai pas eu de baisse mais j’ai eu beaucoup de questions et d’inquiétudes, pas mal notamment sur les enfants qui voyagent seuls», confirme Valérie Edmond de l’agence English language immersion in England.

Elle se veut rassurante et conseille de s’en tenir aux informations officielles: «Le site diplomatie.gouv c’est vraiment la source fiable, parce que beaucoup de choses sont dites sur le Brexit qui ne sont pas forcément vraies, aussi bien sur les groupes Facebook que sur les forums».

«Le Brexit, on en parle, on en parle, mais pour l’instant il ne se passe rien», poursuit-elle.

Pas de panique ??

«L’Irlande (qui reste, elle, dans l’Union européenne, ndlr) pourrait récupérer quelques places, mais il n’y a pas de report massif», assure Sabine Bonnaud, déléguée générale d’Unosel, une association qui regroupe des organisateurs de séjours et stages linguistiques.

«Notre mot d’ordre, c’est de rassurer. Pas de panique!», ajoute-t-elle. «La Grande-Bretagne reste la destination numéro 1 et de loin», poursuit la responsable. Selon les chiffres de l’Unosel, 65% des séjours linguistiques jeunes se déroulent en Grande-Bretagne.

D’autres bénéficient de cette incertitude, avec des séjours en France dans des familles anglophones. «Certains clients nous disent qu’ils se reportent vers nous», déclare Bettina Garberoglio, cofondatrice de My English family, spécialiste de ce type de prestations.

Si Bettina Garberoglio se réjouit d’une «petite hausse dans les réservations» (+30% contre 20% les autres années), elle doit toutefois s’occuper des «150 familles d’accueil, anglaises qui, elles, vivent ici et sont très déroutées».

«Le Brexit en live»

Paradoxalement, le Brexit pourrait-il être un argument de vente ? Oui, d’un point de vue financier, opine Valérie Edmond: «Le seul avantage du Brexit, c’est la chute de la livre sterling. On a perdu 25% dans les prix des séjours et ils sont parfois jusqu’à 25% moins cher».

Les agences confient ne pas aller jusqu’à jouer la carte de l’expérience «Brexit» : «On n’a pas fait de produit +vivez le Brexit en live+», plaisante Antoine Bretin.

«Est-ce que je suis inquiet ? Ca dépend des jours où on me pose la question», dit Dorian Maillet, dirigeant de Learn English Abroad.

«Lassé comme les Britanniques le sont» par le Brexit, le dirigeant se veut malgré tout confiant, persuadé que «rien ne va changer» et que de toute façon, «le Brexit réel n’est pas censé arriver avant 2021».

L’impact semble plus tangible pour les étudiants: les établissements d’enseignement supérieur ont en effet été encouragés à «diversifier leurs propositions et à se tourner vers d’autres destinations, comme l’Europe du Nord ou de l’Est», indiquait fin mars l’agence Erasmus+.

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