Le Brexit, ou comment changer le Royaume-Uni en Corée du Nord

Gordon Brown [Steve Bowbrick/Flickr]

En quittant l’UE, le Royaume-Uni risque de se retrouver dans la même situation que la Corée du Nord, avec « peu d’amis » et « pas d’influence », selon l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown. 

Dans une opinion publiée dans The Guardian le 9 mars, Gordon Brown a déclaré que « l’option Hong Kong », qui consiste à quitter l’UE pour échanger avec le monde, était en réalité une « option Corée du Nord ».

Une telle démarche laisserait le Royaume-Uni « sur le bord de la route, sans amis, sans influence, avec peu de nouveaux échanges commerciaux et encore moins de nouveaux investissements ». Selon Gordon Brown, les conséquences géopolitiques seraient « une Europe divisée, une Russie plus puissante, et des États-Unis qui nous délaisseraient au profit de l’axe franco-allemand ».

Le premier ministre David Cameron a promis de tenir un référendum sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE d’ici fin 2017 si le Parti conservateur remporte les élections législatives du 7 mai.

Le parti travailliste de Gordon Brown, au coude à coude avec les conservateurs dans les sondages, n’organisera pas un tel référendum, sauf en cas d’importants transferts de pouvoir de Londres vers Bruxelles.

Le grand nombre de chefs d’entreprise et de multinationales soutenant l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE alimente les arguments des eurosceptiques qui estiment que l’UE est « pour une élite qui ne comprend pas ce qu’est le véritable Royaume-Uni ».

>> Lire : Seuls 1 % des chefs d’entreprise britanniques penchent pour le « Brexit »

« Si nous voulons prendre les gens par les sentiments, notre message doit être plus profond que des arguments commerciaux et plus profond encore que des arguments sur l’engagement européen : la véritable voie patriotique pour la Grande-Bretagne ce n’est pas juste s’engager en Europe, c’est aussi guider l’Europe », a expliqué Gordon Brown.

Selon l’ancien premier ministre, le Parti eurosceptique pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) est en train de déclencher une « guerre des cultures », promeut « la lutte contre les étrangers », et se positionne comme le choix patriotique. Une idée que UKIP résume dans son slogan « Croyez-en la Grande-Bretagne », choisi pour les élections.

Selon Gordon Brown, « il n’existe pas la moindre preuve » que l’adhésion à l’UE ait découlé sur un Royaume-Uni « moins britannique » et rester dans l’UE est dans l’intérêt de la Grande-Bretagne, ce n’est donc n’est pas une idée moins patriotique.

Le groupe de pression Business for Britain a qualifié les propos de Gordon Brown d’« alarmistes ».

Les Conservateurs ont promis un référendum sur l'adhésion de la Grande-Bretagne avant fin 2017 si le parti remporte les élections législatives de mai.

Le Premier ministre David Cameron a déclaré qu'il ferait campagne en faveur de l'adhésion du Royaume-Uni dans l'UE, mais seulement s'il parvient à négocier des réformes avec l'UE, affirmant que « l'intérêt national de la Grande-Bretagne serait mieux servi dans une Union européenne souple et ouverte ».

La question de la tenue d’un référendum sera un facteur clé dans les élections législatives du 7 mai. 

  • 7 mai 2015 : Élections législatives au Royaume-Uni
  • 2017 : Date proposée pour un référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE

Opinion de Gordon Brown dans The Guardian : The truly patriotic British view on Europe? We must lead from within

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