Martin Lidegaard, le ministre danois des Affaires étrangères, a conseillé à David Cameron de ne pas copier le modèle d’exemption du Danemark .«La seule chose que cela nous a apporté, ce sont des problèmes » affirme-t-il.
David Cameron, le chef de file des conservateurs réélu en tant que Premier ministre le 7 mai dernier, a promis de renégocier la relation de son pays avec l’Union européenne et d’organiser un référendum sur l’appartenance de son pays à l’Union d’ici à 2017. S’il n’obtient pas les réformes souhaitées, le dirigeant des Tories a déclaré qu’il soutiendrait un Brexit.
Lors du sommet de Riga le week-end dernier, David Cameron a affirmé que dans le cadre de la renégociation, il exigeait un changement de règles sur l’aide sociale. Le Premier ministre demande à ce que les migrants européens n’accèdent aux aides de la Grande-Bretagne qu’après quatre ans passés dans le pays. Il souhaite également avoir la possibilité d’expulser les travailleurs européens qui passent plus de six mois sans travailler.
Puisque modifier les traités européens prendrait trop de temps, David Cameron pourrait être tenté de suivre l’exemple danois et de négocier une série de clauses d’exemption supplémentaires pour le Royaume-Uni. Pour Martin Lidegaard, le ministre danois des Affaires étrangères, c’est loin d’être une bonne idée.
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« Je ne sais pas si c’est quelque chose que je recommanderais, je crois que ces exemptions nous ont causé beaucoup de torts, mais c’est une discussion que nous n’avons pas encore eue avec les Britanniques », a déclaré Martin Lidegaard à Ritzau, une agence de presse danoise, à Riga.
En 1992, le Danemark a négocié quatre clauses d’exemption sur la citoyenneté, l’euro, la défense et la justice.
Ces derniers mois, la clause d’exemption relative à la justice a posé des problèmes au pays scandinave. Le gouvernement voulait que le Danemark rejoigne la Juridiction unifiée du brevet et continue de coopérer avec l’Office européen de police, Europol. Copenhague a donc organisé un référendum en 2014 sur son intégration dans la juridiction du brevet. Un autre référendum sera organisé au Danemark avant avril 2016 sur 22 questions relatives à la coopération avec la justice européenne.
David Cameron a profité du sommet de Riga pour parler aux dirigeants européens de sa volonté de renégocier la relation du Royaume-Uni avec l’UE.
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« Ce ne sera pas une tâche facile. Cela va prendre du temps. Divergences et désaccords viendront faire obstacle aux discussions. Toutefois, en travaillant ensemble dans un bon état d’esprit et en s’y attachant, je crois que nous pouvons trouver les solutions qui dissiperont les inquiétudes des Britanniques et amélioreront l’UE dans son ensemble », a-t-il déclaré.
Le 28 mai, David Cameron prendra son petit-déjeuner aux côtés de la Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, à Copenhague.
Selon Martin Lidegaard, les demandes de réforme de David Cameron pourraient profiter à son pays et seront soutenues par le Danemark tant qu’elles ne compromettent pas la liberté de circulation dans l’UE.
« Nous sommes, bien entendu, à l’écoute de ce que David Cameron a à dire. Il existe probablement des points sur lesquels nous serons d’accord et c’est une bonne chose », a commenté le ministre danois faisant référence au « tourisme social » et à la manière dont les pays qui n’appartiennent pas à la zone euro peuvent accroitre leur influence sur les politiques liées à l’euro.
« Ce sont des sujets sur lesquels nous soutiendrons le Royaume-Uni. Ce n’est pas impossible, mais ce sera un chemin semé d’embuches », a estimé le ministre.
