Le nombre de partisans du « Brexit » culmine au Royaume-Uni

british_crowd.jpg [Garry Knight/Flickr]

L’UE n’a jamais été aussi impopulaire au Royaume-Uni qu’en ce moment, selon un sondage annuel sur le comportement des Britanniques. 

63 % des Britanniques sont eurosceptiques, c’est-à-dire qu’ils souhaitent quitter l’UE, ou limiter ses pouvoirs, révèle un rapport publié le 26 mars par NatCen Social Research.

Un tiers des personnes interrogées n’ont aucun doute sur leur volonté de quitter l’UE, une proportion jamais atteinte depuis 1985.

Malgré une montée de l’euroscepticisme, la majorité de l’opinion publique souhaite rester dans l’UE. Toutefois, le rapport montre que de plus en plus de personnes soutiennent une limitation des pouvoirs exercés par Bruxelles.

Au moment de faire un choix clair entre quitter l’UE ou rester membre, 57 % des Britanniques disent vouloir rester contre 35 % qui veulent sortir de l’Union.

Le pourcentage de ceux qui veulent quitter l’UE chute à 24 % quand la question n’est plus seulement oui ou non, mais présentée avec diverses options. De la même façon, 38 % des personnes interrogées veulent rester dans l’UE mais réduire les pouvoirs de Bruxelles.

Pas de hausse marquée de l’euroscepticisme

Le rapport de NatCen sur le comportement des Britanniques est publié chaque année. Il suit les évolutions de l’opinion publique vis-à-vis des développements économiques, culturels et politiques. Il s’agit de la 32ème édition de ce rapport.

Au niveau politique, les cinq dernières années ont été marquées par la montée du Parti anti-UE pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et par l’annonce d’un possible référendum sur l’adhésion à l’UE, organisé par les Conservateurs.

>> Lire : Une eurodéputée UKIP suspendue suite au scandale des dépenses frauduleuses

Malgré cela, le rapport souligne qu’il n’y a pas eu de hausse marquée du niveau d’euroscepticisme depuis 2005.

Le dernier changement profond dans l’opinion publique date de 1996, suite à la décision par l’UE d’interdire les exportations de bœuf britannique suite à l’épidémie de vache folle.

Avant cela, moins d’un quart de la population était eurosceptique. Depuis l’interdiction, plus de la moitié des Britanniques le sont.

Identité

L’enquête 2015 montre que seuls 15 % des citoyens britanniques s’identifient comme Européens. Un pourcentage relativement stable depuis 1996, date à laquelle le premier rapport a été publié.

De ceux qui s’identifient en tant qu’Européens, 7 % veulent quitter l’UE, et beaucoup critiquent les institutions. Par ailleurs, 43 % de ceux qui se sentent Européens veulent limiter les pouvoirs de l’UE.

L’idée de Brexit a d’abord pris de l’ampleur au sein de la tranche de population qui ne se sent pas Européenne. Elle représente désormais 40 % de la population.

Quels bénéfices ?

La plupart des personnes interrogées (42 %) ne pensent pas que des liens plus forts avec l’UE changeraient quoi que ce soit à l’économie du Royaume-Uni.

Toutefois, plus de Britanniques pensent que des liens plus étroits seraient avantageux pour l’économie (35 %) que le contraire (17 %).

Ces résultats démontrent que davantage de personnes pensent que l’UE apporte des avantages économiques que lorsque la question avait été posée en 1997, et ce, malgré les conséquences de la crise de la zone euro.

Il n’existe pas d’explication simple à l’évolution du comportement eurosceptique de la Grande-Bretagne. La plupart des Britanniques ne pensent pas que l’adhésion à l’UE joue sur l’influence du Royaume-Uni sur la scène internationale.

Immigration

Sur la question de la migration à l’intérieur de l’UE, 41 % pensent que les coûts l’emportent sur les bénéfices. Seulement 17 % des personnes interrogées pensent que les bénéfices égalent les coûts.

Pour 69 % d’entre elles, il est important que les Britanniques puissent travailler dans d’autres pays européens.

>> Lire : Cameron promet de nouvelles restrictions contre les immigrés européens

Débat européen

Le rapport indique que nombre de Britanniques calquent leur opinion sur les affaires européennes sur celle de certaines institutions de référence.

Un rapport publié le 26 mars par la commission des affaires européennes de la Chambre des communes critique le manque de débat sur les questions européennes au parlement britannique.

Le gouvernement a la responsabilité de décider quels sujets seront débattus et à quel moment.

La commission a appelé à davantage de débats sur la libre circulation des personnes, le budget de l’UE et le semestre européen. Aucun de ces thèmes n’a été traité jusqu’à présent. Aucun débat sur des questions européennes n’a eu lieu au parlement ces neuf derniers mois.

« L’échec collectif du gouvernement à organiser des débats sur les documents européens l’année dernière est déplorable. C’est un manque de respect vis-à-vis de cette commission et de tous les membres du parlement », indique le rapport.

Le gouvernement a pour sa part déclaré qu’il restait engagé à un « contrôle rigoureux de l’UE ».

Pour la commission des affaires européennes, la BBC devrait mieux couvrir les sujets européens. Le débat européen doit être plus analysé et traité plus efficacement, selon la commission.

Le président de la commission parlementaire, Sir William Cash, avait déjà déclaré que la BBC se détournait de sa mission de service public et n’informait pas correctement le public sur les sujets européens. La BBC avait répondu que ce n’était pas aux députés de décider des sujets traités, qui, selon elle, sont déjà vastes et impartiaux.

Le Premier ministre, David Cameron, a promis aux Britanniques d’organiser un référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l’UE s’il remporte les prochaines élections, prévues en 2015.

>> Lire : David Cameron prend le risque d’organiser un référendum sur l’UE

Cette promesse, officialisée dans un discours de janvier 2013, avait à l'époque séduit les Britanniques.

Un sondage d'opinion réalisé le mois suivant a de fait révélé que si le référendum se déroulait sur le champ, 50 % de la population auraient voté pour une sortie de l'Union, alors que seuls 33 % auraient voté contre, et que 17 % se seraient abstenus.

>> Lire : La moitié des Britanniques voteraient pour une sortie de l'UE

Toutefois, un sondage plus récent, publié en 2014, montrait que 56 % de la population soutiendrait l'adhésion à l'UE contre 36 % qui choisirait d'en sortir.

C'est le plus haut niveau de soutien pour l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE depuis 1991 et un véritable tournant par rapport à 2012, lorsque davantage de Britanniques soutenaient une sortie de l'Union. 

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