Le gouvernement britannique souhaite adopter une position plus stricte concernant l’immigration des travailleurs en provenance de Bulgarie et de Roumanie.
Les principaux hommes d’affaires britanniques ont appelé le gouvernement à tenter d’infléchir l’afflux attendu de travailleurs migrant en provenance de Bulgarie et de Roumanie. Ils craignent un débordement des services publics et une pression trop importante sur les différentes communautés.
Selon un sondage publié le 20 août 2006 dans le Sunday Times, 75% des britanniques souhaitent la mise en place de règles plus strictes pour les travailleurs immigrés en provenance de Bulgarie et de Roumanie, pays qui doivent intégrer l’UE au 1er janvier 2007.
Le Secrétaire au commerce et à l’industrie, Alistair Darling, a déclaré à la BBC que le Royaume-Uni n’adoptera pas une politique de ‘porte grande ouverte’, pour les travailleurs venus des deux nouveaux Etats membres, comme elle l’avait fait lors de la vague d’intégration de 2004. Il a précisé que la politique immigration doit être ‘correctement dirigée’.
Cette décision intervient après la publication de statistiques montrant que le nombre d’immigrants en provenance des pays membres depuis 2004 a atteint 300 000, soit bien plus que les 13 000 attendus initialement.
Réactions
Le Ministre du travail britannique, Frank Filed, a appelé à une limitation de l'immigration des travailleurs. Selon lui, le taux actuel d'immigration a un effet négatif sur le marché de l'immobilier, sur le système de santé et sur l'image que donne les communautés concernées.
Le secrétaire d'Etat à l’intérieur, John Reid, pense que la réaction de l'opinion publique sur cette question doit encourager la mise en place de restrictions.
Damien Green, membre du parti conservateur britannique, a accusé le gouvernement d'avoir sous-estimé l'impact des travailleurs migrant sur le système britannique depuis 2004. Selon lui, "en contrôlant le nombre d'immigrants, on pourrait améliorer la situation de tout le monde".
Dans le même temps, une étude réalisée par le British Institute for Public Policy Research (IPPR) montre que le nombre de travailleurs bulgares et roumains qui pourraient immigrés au Royaume-Uni est bien plus faible que les estimations officielles. Catherine Drew, membre de l'IPPR, a déclaré que les statistiques du gouvernement étaient partielles et manquaient de méthodologie.
Selon Susan Anderson, de la Confederation of British Industry (CBI), "il semble cohérent de marquer un pause dans l'immigration afin de tirer les leçons de l'expérience actuelle". D'un autre côté, l'ancien président du CBI, Sir Digby Jones, a mis en garde contre des restrictions trop importantes qui pourraient avoir des conséquences négatives sur l'économie britannique. Selon lui, " la Grande-Bretagne est plus riche grâce à l'immigration".
Contexte
Les pressions sur le gouvernement britannique s’accentuent après la révélation par les médias de statistiques gouvernementales internes qui font état de l'arrivée sur le marché du travail de 60 000 à 140 000 travailleurs bulgares et roumains.
Prochaines étapes
Une décision formelle sera prise par le gouvernement à l'automne lorsque la Commission aura fixé la date d'adhésion des deux pays.
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