Le Royaume-Uni paiera la facture du divorce… en échange d’un accord commercial

La Première ministre britannique, Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (39-44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales.

Le nouveau ministre britannique du Brexit veut « conditionner » le règlement de la facture du Brexit à un accord commercial.  Un article de notre partenaire, La Tribune.

Le Royaume-Uni ne paiera la facture du divorce avec l’Union européenne qu’à la condition qu’un accord commercial soit trouvé, a déclaré le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, dans une interview le 22 juillet.

L’eurosceptique Dominic Raab, qui a remplacé le 9 juillet David Davis, en désaccord avec les orientations de la Première ministre Theresa May, a affirmé qu’une « certaine conditionnalité entre les deux » était nécessaire. Il a précisé que le mécanisme de l’article 50 du traité de Lisbonne, utilisé pour déclencher la procédure de sortie du Royaume-Uni, prévoit de nouveaux détails concernant l’accord.

Les démissions en chaîne fragilisent le gouvernement britannique

Ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson a quitté son poste le 9 juillet. Cette démission, qui suit celle du ministre du Brexit David Davis, fragilise d’autant plus le gouvernement de Theresa May, moins de neuf mois avant l’échéance du Brexit.

 

« L’article 50 exige (…) qu’il y ait un futur accord-cadre pour la relation que nous aurons (avec l’UE) à l’avenir, donc les deux sont liés », a déclaré Dominic Raab au Sunday Telegraph. « Vous ne pouvez pas avoir d’un côté, une partie remplissant toutes les conditions et de l’autre, une partie qui ne les remplit pas, ou qui va doucement, ou qui ne s’engage pas », a ajouté le ministre.

Et de conclure : « Donc je pense que nous devons nous assurer d’une certaine conditionnalité entre les deux », a-t-il soutenu.

Accord financier de 35 à 39 milliards de livres sterling

Jusqu’à présent, le gouvernement britannique a envoyé des messages contradictoires concernant le règlement financier du Brexit dans le cadre d’un accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’UE à compter de fin mars 2019.

La Première ministre britannique, Theresa May a accepté en décembre un accord financier d’un montant total de 35 à 39 milliards de livres sterling (39-44 milliards d’euros) qui, selon les ministres, dépendait de l’établissement des futures relations commerciales.

Cet accord avait rapidement été remis en cause par des membres du gouvernement. Le ministre des Finances, Philip Hammond, un des porte-voix des milieux d’affaires au sein du gouvernement, avait cependant considéré comme « inconcevable » le fait que Londres n’honore pas ses engagements financiers envers l’UE même en l’absence d’accord commercial, soulignant que ce n’était pas « pas un scénario crédible ».

Le projet de Brexit de Theresa May sous haute tension

La stratégie du gouvernement de Theresa May pour le Brexit est à nouveau menacée et la Premier ministre devra faire face à une motion de censure cette semaine alors que Donald Trump lui conseille de poursuivre l’UE en justice.

Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 30 mars, mais les deux parties sont censées parvenir à un accord de divorce d’ici la fin octobre afin d’organiser la séparation, jeter les bases de leur relation future et donner le temps au Parlement européen et aux Parlements nationaux de ratifier le texte.

Dominic Raab a rencontré pour la première fois vendredi Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, alors que les Européens s’inquiètent de l’enlisement des discussions et des remises en cause constantes en interne de la stratégie de Theresa May.

Pessimisme et fatigue générale jalonnent la dernière ligne droite du Brexit

Face à une UE unie et ferme sur ce qu’elle acceptera ou n’acceptera pas pour le Brexit, le Royaume-Uni semble toujours dans le flou et les questions majeures telles que la frontière nord-irlandaise restent en suspens.

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