Le Royaume-uni raflerait la mise du plan Juncker

La Commission européenne veut encourager l'investissement, mais aussi la mise en place de réformes structurelles dans les États membres. [Pete/flickr]

Le Royaume-Uni pourrait bénéficier presque deux fois plus que les autres pays européens des retombées économiques du plan Juncker, selon un rapport de l’agence de notation Standard & Poors.

Le Royaume-Uni devrait tirer son épingle du jeu des retombées économiques du plan Juncker. Selon un rapport de l’agence Standard & Poors (S&P) sur les investissements mondiaux dans les infrastructures publié au mois de janvier, l’impact du plan d’investissements serait environ deux fois plus visible au Royaume-Uni qu’en Allemagne, en France, ou en Italie.

Dans son rapport, S&P a réalisé une estimation sur une période de trois ans (2015-2017) des bénéfices que tireraient les économies d’une hausse de 1 % du PIB des dépenses dans le secteur public, la première année.

Les résultats de cette étude ont montré qu’au niveau mondial, l’effet multiplicateur était plus visible dans les pays en développement que dans les pays développés, à l’exception du Royaume-Uni.

Les chiffres de l’agence de notation ont montré que pour chaque 1,4 euro dépensé dans le secteur public au sein de la zone euro, comme prévu par le plan Juncker, 1,4 euro supplémentaire sera ajouté au PIB sur une période de trois ans.

Cet effet multiplicateur variable

Le Royaume-Uni pourrait multiplier le montant de ses dépenses par 2,5 sur la même période, soit deux fois plus que l’Allemagne (1,2) ou que la France (1,3) et l’Italie (1,4).

L’Espagne, quant à elle, pourrait obtenir un coefficient multiplicateur de 2. Les chiffres des pays de la zone euro les plus touchés par la crise, comme le Portugal ou la Grèce, n’ont pas été publiés.

Le 23 février, le président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Werner Hoyer, a déclaré que la BEI débloquerait 180 milliards d’euros bien avant la mise en place du plan Juncker.

« Nous atteindrons notre objectif de 180 milliards d’euros d’investissements supplémentaires à travers l’Europe en mars 2015, soit neuf mois plut tôt que prévu », a déclaré Werner Hoyer à des journalistes à Bruxelles.

>>  Lire : Philippe de Fontaine Vive : « La BEI est prête à débloquer des fonds avant que le plan Juncker soit effectif »

En 2012, les États membres de l’UE s’étaient mis d’accord pour augmenter le capital libéré de la BEI de 10 milliards d’euros, et ce, dans le but d’augmenter de 40 % la capacité de prêt de la Banque entre 2012 et 2013 et de maintenir ce niveau jusqu’à 2015.

Reste à savoir si la BEI en sera capable. Il s’agit en tout cas d’un test crucial pour évaluer son rôle central dans le plan Juncker.

Werner Hoyer défend l’activité de la BEI en Grèce

Au cœur de cette initiative se trouve le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), qui sera établi au sein de la BEI. Sa mission est de soutenir et de proposer des projets viables qui offrent des bénéfices économiques durables et importants, tout en prenant davantage de risque quand l’occasion s’y prête.

« Grâce à ce nouveau fonds, la Banque de l’UE pourra faire usage de son savoir-faire et de son expérience pour encourager davantage d’investisseurs, raviver la confiance et améliorer la compétitivité de l’économie européenne, », a déclaré Werner Hoyer.

Interrogé sur la négligence de la BEI vis-à-vis de la Grèce, Werner Hoyer a répliqué que la banque a « toujours énormément prêté » à ce pays grevé de dettes.

« Aujourd’hui, la Grèce doit encore rembourser plus de 16,9 milliards d’euros de prêts, soit l’équivalent de 9,4 % de son PIB. La BEI s’est toujours et restera engagée dans le financement de projets en Grèce », a déclaré le président de la BEI. 

>> Lire notre édition spéciale : le plan Juncker et les régions

>> Lire : Un groupe d’experts européens demande un plan Juncker plus social

Le plan Juncker, révélé fin 2014, veut mettre en place un nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques à partir de 5 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI) et d'une garantie d'une contribution 8 milliards d'euros de fonds européens existants, contribution susceptible d'être élargie jusqu'à 16 milliards.

La garantie de 8 milliards d'euros sera injectée sur trois ans et proviendra du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (3,3 milliards), du programme de recherche Horizon 2020 (2,7 milliards) et d'une « marge budgétaire », c'est-à-dire des fonds non utilisés (2 milliards).

Le Fonds pour les investissements stratégiques, de 21 milliards d'euros au départ, devrait générer quelque 240 milliards en investissements à long terme et 75 milliards pour les PME et les sociétés de moyenne capitalisation sur deux ans, entre 2015 et 2017.

Un système complexe permettra à l'investissement initial d'avoir des retombées quinze fois plus importantes que la mise de départ, selon l'exécutif européen. 

  • D'ici mi-2015: Le nouveau fond européen pour les investissements stratégiques devrait être opérationnel.
  • D'ici mi-2016 : La Commission évaluera les avancées découlant du Plan Juncker, y compris au niveau des gouvernements nationaux. 

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