L’Écosse compte demander un nouveau référendum sur l’indépendance

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon. [EPA-EFE/ROBERT PERRY]

Le gouvernement écossais a annoncé qu’il solliciterait cette semaine l’organisation d’un nouveau référendum sur l’indépendance, après que le parti national écossais est sorti renforcé des législatives du 12 décembre. Un article d’Euroefe.

La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a annoncé le 17 septembre devant le parlement écossais qu’« avant la fin de cette semaine », son gouvernement rendrait publique une « proposition démocratique » demandant formellement au Premier ministre britannique l’ouverture de négociations destinées à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance.

Bien que les conservateurs aient remporté haut la main les élections législatives, obtenant même la majorité absolue à Westminster, Nicola Sturgeon a souligné qu’en Écosse, le grand vainqueur était le parti national écossais (SNP). Cela démontre que les Écossais aspirent à « un futur (…) très différent de celui que souhaitent une grande partie des citoyens du Royaume-Uni », a-t-elle ajouté.

« C’est pourquoi, à la fin de cette semaine, (…) je publierai une proposition démocratique détaillée permettant un transfert de pouvoir de Westminster à ce parlement. Cela permettra d’organiser un référendum d’indépendance dans le cadre des procédures légales. »

Le 12 décembre, le SNP a remporté 47 des 59 sièges dévolus à l’Écosse, installant 13 élus supplémentaires à la Chambres des Communes, dont il est la troisième force.

Nouveau refus de Boris Johnson

Boris Johnson n’a pas tardé à réagir à l’annonce du gouvernement écossais. Devant les députés britanniques, il a appelé à « résister aux appels de ceux qui voudraient briser le Royaume-Uni ».

Lors de son premier discours à la Chambre des communes, qui compte désormais 365 députés conservateurs, le Premier ministre a réitéré son refus d’organiser une nouvelle consultation populaire. Lors du référendum de 2014, 55% des Écossais avaient rejeté l’indépendance.

La bataille du Brexit s’achève, mais d’autres fronts s’ouvrent

La large victoire des conservateurs rend la sortie de l’Union européenne en janvier certaine. Mais de nouvelles questions surgissent.

Vendredi dernier, après la divulgation du résultat des urnes, Boris Johnson s’est entretenu au téléphone avec Nicola Sturgeon. Le Premier ministre a alors signifié son refus d’organiser un nouveau scrutin en Écosse. Mais pour la politicienne, cette prise de position ne tranche absolument pas le débat sur l’avenir constitutionnel de l’Écosse par rapport au Royaume-Uni.

Boris Johnson plaide que le résultat de la consultation populaire de 2014 doit être respecté et qu’il a réglé la question de l’indépendance pour une génération au moins. Nicola Sturgeon objecte pour sa part que le Royaume-Uni s’apprête désormais à sortir de l’Union européenne, ce qui constitue un changement de contexte considérable par rapport à 2014 et justifie la tenue d’un nouveau référendum.

Pour la leader indépendantiste, l’Écosse mérite « le droit d’envisager l’alternative de l’indépendance », au vu du « mépris » affiché par le gouvernement britannique pour la « volonté » des citoyens écossais qui, en 2016, avaient voté massivement (62%) pour rester dans le giron communautaire.

« Durant tout le processus du Brexit, le gouvernement de Westminster a ignoré les désirs du peuple écossais et les opinions de ce parlement », a-t-elle affirmé.

Pour convoquer un référendum d’autodétermination qui échappe à « toute contestation judiciaire », comme l’affirme le gouvernement écossais, Londres doit accepter d’activer l’article 30 du Scotland Act de 1998. Celui-ci enclenche la procédure légale permettant au parlement écossais de recevoir les pouvoirs nécessaires à l’organisation d’un tel scrutin.

Nicola Sturgeon veut négocier avec Boris Johnson un référendum semblable à celui que son prédécesseur, Alex Salmond, avait établi en 2014 avec le Premier ministre britannique de l’époque, David Cameron, et dont les termes ont été fixés dans l’« Accord d’Edimbourg ».

Sturgeon veut un référendum sur l’indépendance écossaise avant mai 2021

Au vu du chaos lié au Brexit, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a annoncé le début des préparatifs en vue d’un nouveau référendum d’indépendance, qui aurait lieu d’ici mai 2021.

Possibles affrontements judiciaires

Bien que la dirigeante écossaise ait refusé d’indiquer comment son administration réagirait si Londres refusait d’entrer en matière, les experts conviennent qu’elle pourrait aller devant les tribunaux.

Selon les derniers sondages, la sortie imminente du Royaume-Uni de l’UE – quasiment garantie au 31 janvier après la victoire confortable de Boris Johnson aux législatives -, a renforcé le soutien à l’indépendance en Écosse. Entre 47% et 49% des votants y sont favorables et ce chiffre est susceptible d’augmenter en cas de divorce sans accord.

L’arrivée de Boris Johnson à Downing Street avait compliqué les relations déjà difficiles avec le gouvernement d’Edimbourg, et le résultat des législatives du 12 décembre, au cours desquelles les conservateurs et les nationalistes écossais ont renforcés leurs positions, laisse présager une nouvelle exacerbation des tensions.

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