L’Écosse veut préserver le droit de vote des Européens aux élections locales

Nombre de personnes ayant voté contre l'indépendance de l'Écosse en 2014 l'ont fait dans le but de rester dans l'UE. Le Brexit leur a fait regretté leur choix. [Frank Gaertner/Shutterstock]

Le gouvernement indépendantiste écossais a annoncé un projet de loi pour préserver le droit de vote des Européens aux élections locales et l’étendre aux étrangers.

« Nous présenterons un projet de loi […] afin de garantir que les citoyens actuels de l’UE qui vivent en Écosse puissent continuer à voter au parlement écossais et aux élections locales », a déclaré la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, également cheffe du parti indépendantiste SNP, en présentant ses objectifs pour les mois à venir.

Cette mesure concernera plus largement les ressortissants de « tous les pays » résidant en Écosse, précise son programme. En 2014, les citoyens de l’UE vivant en Écosse s’étaient vu octroyer un droit de vote par le parlement britannique afin de pouvoir prendre part au référendum d’autodétermination en Écosse.

L’Écosse s’est prononcée à 55% contre l’indépendance lors de cette consultation, mais les nationalistes ont vécu ce résultat comme un rendez-vous manqué avec l’Histoire et estiment que le vote des Écossais contre le Brexit en 2016 (à 62%) a changé la donne.

L’Écosse à la recherche de la voie la «moins pire» pour le Brexit

« La meilleure option pour nous est de rester dans l’Union européenne », assure la ministre écossaise à la Culture et aux Affaires extérieures. Face à la réalité du Brexit, le gouvernement écossais « tente d’identifier la voie la moins pire ».

Nicola Sturgeon a également indiqué qu’elle ferait connaître dans un futur proche ses intentions quant à l’éventuelle organisation d’un nouveau référendum d’indépendance.

« À mesure que les termes de Brexit deviendront plus clairs dans les mois à venir, nous examinerons et présenterons notre position sur la meilleure façon de protéger et de promouvoir les intérêts de l’Écosse », a-t-elle déclaré.

« Il est clair qu’un nombre croissant de nos concitoyens croient, comme nous, que le meilleur avenir pour l’Écosse est de devenir un pays indépendant », a-t-elle ajouté.

La dirigeante faisait ici référence à un sondage Deltapoll pour l’organisation Our Futur Our Choice (pro-UE) paru lundi, selon lequel 47% des Écossais pourraient voter pour l’indépendance si le pays quitte comme prévu l’UE le 29 mars 2019 contre 43% qui voteraient pour rester dans le Royaume-Uni.

En juin, Nicola Sturgeon avait appelé les militants séparatistes à réprimer leur désir d’un nouveau référendum rapide, les invitant plutôt à travailler à « convaincre » l’opinion du bien-fondé d’une telle initiative.

Réagissant à l’annonce de la Première ministre, un porte-parole de l’opposition conservatrice, Adam Tomkins, a estimé que l’extension du droit de vote aux étrangers visait à favoriser la campagne en faveur d’un nouveau référendum d’indépendance. « Il semblerait que Nicola Sturgeon veuille inviter le monde entier » à y participer, a-t-il ironisé.

L’Écosse s’achemine vers un nouveau référendum à la veille du Brexit

Alors que Londres doit déclencher la procédure du Brexit le 29 mars, les députés écossais vont donner leur feu vert à un nouveau référendum d’indépendance en Écosse, susceptible de dynamiter le Royaume-Uni.

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