Les Britanniques et les Néerlandais inaugurent le scrutin européen [FR]

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Les élections du Parlement européen ont commencé officiellement ce matin avec les Britanniques et Néerlandais, les premiers à se rendre aux urnes, dans un vote qui devrait refléter les inquiétudes du public quant à la gestion du ralentissement économique mondial par les gouvernements.

Dans le passé, les élections européennes ont été entachées par le faible taux de participation, et aujourd’hui les experts s’attendent à une participation encore moins importante qu’en 2004, quand seulement 45,5 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes.

Je comprends que les gens puissent se sentir fatigué de la politique, a déclaré le Premier ministre tchèque Jan Fischer, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l’UE.

Nous entendons souvent parler d’un déficit démocratique de l’Union, a-t-il affirmé, ajoutant qu’on ne pouvait pas se plaindre du caractère antidémocratique de l’Union et dans le même temps ne pas se rendre aux urnes.

Les Néerlandais penchent à droite

On s’attend à une très faible participation électorale néerlandaise, et un récent sondage TNS a montré que seulement 30 % des électeurs néerlandais prévoyaient de participer à l’élection. Aux élections européennes de 2004, 39 % de l’électorat des Pays-Bas avaient voté contre 30 % en 1999.

Quelque 13 millions de Néerlandais et d’autres électeurs européens doivent se rendre dans les bureaux de vote aujourd’hui pour y élire 25 eurodéputés. Malgré des appels à garder le résultat secret jusqu’à samedi, comme le prévoit la loi, des sondages de sortie des urnes seront publiés rapidement après la fermeture des bureaux de vote à 21h00.

Le parti de la Liberté (PVV) de Geert Wilders, aux positions anti-islamiques, pourrait bien se retrouver devant les chrétiens-démocrates du Premier ministre Jan Peter Balkenende, si l’on en croit de récents sondages d’opinion. L’appétit néerlandais pour les partis extrêmes a été révélé dans une recherche conduite par 21minuten.nl, qui montre que 54 % des citoyens néerlandais seraient en faveur de plus de restrictions pour les travailleurs d’autres pays de l’UE.

Hier (3 juin), quelque 15 000 élèves de 140 écoles ont participé à une élection factice de l’assemblée européenne. Le PVV en est sorti vainqueur avec 19,2 % des votes, suivi par les travaillistes avec 18,6 %, l’aile droite des libéraux et les chrétiens-démocrates.

Le Traité de Lisbonne revient sur le tapis

Pour le Premier ministre britannique Gordon Brown, l’élection aura valeur de test pour son leadership, et une mauvaise performance de son parti au pouvoir, le Labour, augmenterait les pressions qui pèsent sur lui pour qu’il démissionne.

Les élections européennes et locales ont été complètement éclipsées par le scandale des notes de frais parlementaires qui a ébranlé les principaux partis (EURACTIV 03/06/09). Les dirigeants de l’opposition ont ouvertement appelés les électeurs à utiliser ces élections pour exprimer leur mécontentement avec le gouvernement de M. Brown.

Philip Whyte, un expert politique au Centre for European Reform à Londres, a déclaré que l’un des grands gagnants de ce scandale pourrait être le Parti de l’indépendance britannique (UKIP), se référant au principal parti eurosceptique du Royaume-Uni.

David Cameron, le dirigeant du parti conservateur, a mis sur la table mardi un projet de loi au parlement britannique qui autoriserait la tenue d’un référendum sur le Traité de Lisbonne à l’automne. Bien que le projet de loi ne devrait pas aboutir, il souligne l’attitude résolument eurosceptique du principal parti d’opposition, avant les élections d’aujourd’hui.

Mécontentement des électeurs

Le vote fera l’objet d’une attention toute particulière en Allemagne, où il aura valeur de test pour évaluer l’humeur des citoyens avant les élections nationales en septembre, alors que les analystes prédisent en France une perte de voix pour les conservateurs au pouvoir du président Nicolas Sarkozy, en faveur de l’extrême droite. 

Le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont fait une déclaration commune, le week-end dernier, priant instamment les électeurs d’aller accomplir leur devoir électoral (EURACTIV 02/06/09). Les analystes suggèrent que les principaux partis allemands donnent à ce scrutin l’allure d’un échauffement pour les élections nationales de septembre : une affirmation vivement rejeté par Mme Merkel. 

En Irlande, le parti Fianna Fáil au pouvoir devrait subir un revers, mais il est encore difficile de dire comment se comportera le parti Libertas, qui s’oppose au traité de Lisbonne. 

Une participation élevée est attendue en Irlande, cette fois, en raison de la colère des électeurs face à la profonde récession qui a frappé l’économie irlandaise alors en pleine euphorie. Le PIB du pays devrait diminuer de plus de 11 % (de 2008 à 2010), selon les chiffres donnés par l’Institut de recherche économique et sociale de Dublin. 

Le traité, sur lequel l’Irlande organise un référendum en automne, devrait rationaliser la prise de décision au sein de l’UE, et donnerait au Parlement davantage de pouvoirs en matière législative. 

Le chômage dans les 16 pays partageant l’euro est monté à 9,2 % – un record depuis 10 ans – en avril, et des efforts conjoints au niveau européen de lutte contre le chômage ont eu un succès limité. Certains dirigeants européens craignent qu’une pauvreté grandissante déclenche une crise sociale. 

(EURACTIV avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EURACTIV)

Plus de 375 millions de gens vont pouvoir voter lors des quatre jours de scrutin qui se termine dimanche, mais les sondages d’opinion suggèrent que moins de la moitié de l’électorat va faire le déplacement. 

Peu de citoyens s’intéressent au Parlement européen, malgré le fait qu’il soit à l’origine d’une large majorité des lois nationales, qu’il approuve l’exécutif de l’UE et le budget, et qu’il va voir ses pouvoirs s’élargir avec le Traité européen de Lisbonne.

Les bureaux de vote ouvrent aujourd’hui aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ; les autres votes dureront jusqu’au 7 juin. Les résultats seront annoncés le dernier jour des élections (7 juin), dans la soirée.

EURACTIV en assurera le reportage au fur et à mesure, dimanche soir. 

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