Les Britanniques se sentent moins européens que leurs voisins

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La moitié des citoyens britanniques se déclarent prêts à voter en faveur d'une sortie de l'Union européenne. Une décision qui serait lourd de conséquence pour l'attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. 

Le sentiment proeuropéen n'a pas le vent en poupe outre-Manche. Opinium Research vient de publier une enquête le 2 décembre, menée auprès de 4 000 consommateurs et 247 chefs d'entreprise de France, d'Allemagne, de Pologne et du Royaume-Uni. Les britanniques interrogés ont répondu à 40 % qu'ils considéraient leur pays comme européen, soit deux fois moins que les Allemands (86%).

La moitié des électeurs britanniques voteraient en faveur d'une sortie de l'Union si un référendum était organisé demain, 36 % d'entre eux diraient « oui » à un maintien au sein de l'UE. Environ 41 % d’entre eux estiment également que la situation économique s'améliorerait en cas de sortie de l'UE, contre 22 % pensant le contraire. Ils sont respectivement 29 % et 15 % à considérer qu'une sortie de l'UE aurait un impact positif et négatif sur les niveaux de vie des individus.

Réponses différentes à opinions politiques différentes

Selon les conclusions, les avis divergent entre les électeurs conservateurs et travaillistes ainsi qu'entre les entreprises et les consommateurs.

Les partisans du Labour (Parti travailliste) souhaitent que leur pays reste membre de l'UE (48 %). Les électeurs conservateurs sont 58 % à vouloir quitter les Vingt-Huit.

Quelque 47 % des entreprises britanniques estiment que le maintien dans l'Union présente des avantages, alors que 26 % des consommateurs partagent le même avis. Près d'un tiers de ces derniers estiment qu'une sortie de l'UE serait bénéfique pour les entreprises britanniques, contre 37 % néfaste.

Les Britanniques sont les moins enclins à considérer que leur pays est européen : 40 %. Les Français sont 59 %, les Allemands 86 % et les Polonais 70 %.

Les sondés britanniques se sentent plus proches des pays anglophones, comme les États-Unis (33 %), l'Australie (31 %), le Canada (23 %), la Nouvelle-Zélande (23 %) ou l'Irlande (23 %). L'Allemagne (14 %) et la France (11 %) sont les pays non anglophones les plus populaires.

Selon l'enquête, environ un cinquième des Allemands (17 %) et des Français (19 %) estiment qu'une sortie de l'UE de leur voisin britannique aurait un impact positif sur leur propre pays. Ils sont cependant bien plus nombreux à estimer qu'une telle action n'aurait aucune conséquence sur leur pays: 38 % des Allemands, 35 % des Français et 28 % des Polonais.

Mise en garde de l’industrie

« Les investisseurs étrangers de premier plan au Royaume-Uni, les Américains, les Allemands et les Japonais, nous ont tous dit : ne quittez pas l'UE, car cela réduira la position et l'influence de la Grande-Bretagne dans le monde et réduirait son attrait en matière d'investissement », selon Tom Parker, le directeur général de Cambre Associates, un cabinet-conseil situé à Bruxelles qui a commandité le rapport auprès du cabinet d’expertise britannique Lansons.

« Pourtant, le message ne passe toujours pas.  Avec un référendum qui vient à grand pas, combien d'appels seront nécessaires avant qu'il ne soit trop tard? », se demande Tom Parker.

  • 2017 : David Cameron, le premier ministre britannique, s'est engagé à organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE

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