Les douaniers français en grève pour alerter sur le manque de préparation au Brexit

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Les douaniers de Calais et Dunkerque poursuivaient mercredi, pour la troisième journée consécutive, leur grève du zèle pour des moyens supplémentaires en vue du Brexit.

Depuis lundi, les agents des douanes effectuent des contrôles « plus poussés » et donc plus longs des camions, entraînant des kilomètres de files de poids lourds à destination de l’Angleterre, au tunnel sous la Manche et au port de Calais.

L’intersyndicale Unsa-CGT-CFDT réclame une revalorisation des heures de nuit et de la prime de risque, la prise en charge à 50 % par l’État de la complémentaire santé et plus d’effectifs supplémentaires en vue du Brexit.

Pour tenter de réguler l’attente, les autorités mettent en place depuis lundi des « zones de stockage » des poids lourds sur les autoroutes A16 et A26, en amont de Calais. Mercredi, des déviations étaient également obligatoires pour les poids lourds de plus de 7,5 tonnes et certains routiers faisaient même demi-tour en direction de la Belgique, a constaté un photographe de l’AFP.

Malgré une « légère accélération du rythme de passage à Eurotunnel et au port, et donc des contrôles », la situation « reste à peu près la même que mardi à la même heure », car « plus de poids lourds sont arrivés à Calais aujourd’hui », a indiqué mercredi soir la préfecture du Pas-de-Calais.

Sur les 6 700 camions attendus sur les sites d’Eurotunnel et du port, environ 2 000 patientaient toujours à 18h30. Sur l’A16 en direction d’Eurotunnel, une longue file de camions persistait sur la bande d’arrêt d’urgence, sur environ 5 km, « sans toutefois gêner la circulation des voitures », selon la préfecture.

Jeudi, « le trafic devrait être encore plus important », a-t-on précisé de même source.

« La grève continuera jusqu’à ce qu’on obtienne satisfaction auprès du ministère, un certain nombre de revendications ont été posées, comme l’amélioration du pouvoir d’achat des douaniers, une augmentation d’effectifs et des moyens pour le Brexit parce que nous ne sommes absolument pas prêts », a prévenu Vincent Thomazo, secrétaire général Unsa-Douanes.

La panique du Brexit est en train de traverser la Manche

Les Français ont enfin réalisé que le Brexit se fera sans accord. Le Medef assure que les entreprises ne sont pas prêtes, l’agriculture est dans l’expectative et les transporteurs sont en panique.

Selon la direction, quelque 267 agents supplémentaires vont arriver dans les Hauts-de-France pour le Brexit.

Après une réunion entre intersyndicale et direction des douanes mardi à Lille, Bercy a finalement annoncé mercredi que le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin « recevrait les organisations syndicales des douanes en début de semaine prochaine ».

Dans le même temps, la direction générale des douanes a donné l’instruction d’arrêter certains contrôles « non obligatoires », notamment de lutte contre la fraude, « sauf cas très précis », précisant que tout manquement à ces règles serait « relevé ».

« Les consignes ont été globalement appliquées, la situation de travail est maintenant revenue quasiment à la normale », et les routes et parkings « vont petit à petit se désengorger », a assuré mercredi soir le directeur général des douanes, Rodolphe Gintz.

« Il est normal qu’avec l’accumulation, l’écoulement prenne beaucoup de temps, comme lorsqu’on enlève la bonde d’une baignoire remplie à ras-bord », a-t-il ajouté. Pour lui, ce mouvement n’a « strictement rien à voir » avec le Brexit.

Des renforts douaniers attendus à Roscoff et Saint-Malo après le Brexit

En cas de Brexit dur, le 29 mars, les formalités ne seront plus les mêmes dans les ports de la Manche. Selon la CFDT, huit renforts douaniers sont attendus à Roscoff, six à Saint-Malo. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Tentatives d’intimidation

Des instructions considérées comme des « pressions et tentatives d’intimidation » et « dénoncées avec la plus grande fermeté » par l’Unsa-Douanes, appelant l’ensemble des douaniers à « entrer dans l’action ».

Pascaline Boubet (Unsa-douanes), qui a rencontré mercredi les douaniers du littoral, a affirmé ne pas avoir vu de « changement significatif dans leur manière de faire » par rapport à mardi.

« Ils suivent ces ordres, mais pas totalement », a-t-elle ajouté, assurant que le mouvement « vient de la base » et que l’intersyndicale ne peut pas « leur dire ‘on arrête’ » le mouvement.

Selon elle, c’est « une grogne des douaniers » partout en France, qui « n’ont rien pour l’instant » de la part du gouvernement, accusé de mettre « de la mauvaise volonté. »

« Malgré menaces de procédures disciplinaires, les agents n’ont pas complètement arrêté (leur mouvement) et n’ont pas l’intention d’arrêter avant la rencontre avec M. Darmanin ! », a confirmé mercredi soir Vincent Thomazo.

« J’ai été surpris par la grève et j’ai été piégé toute la journée sur l’autoroute », a témoigné auprès de l’AFP Rachid, routier marocain sur la zone de stockage du port, qui attend depuis mardi. « J’ai de la chance, ça s’est débloqué au cours de la nuit et les Français ont bien géré la fluidité des accès des camions en attente vers le port ».

L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) des Hauts-de-France a déploré les « conséquences économiques sérieuses » du mouvement sur les entreprises de transport, contraintes de faire d’importants détours, « déviant parfois par la Belgique ». « Pour d’autres, cette attente engendre des conditions de travail insupportables », dénonce-t-elle dans un communiqué.

Des agents de douane effectuaient également une grève de zèle à Paris, en gare du Nord, ce qui entraînait des retards pour les TGV Eurostar « pouvant aller jusqu’à une heure », selon Eurostar.

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