Les eurodéputés britanniques se préparent à une campagne électorale acharnée

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Une dispute entre eurodéputés britanniques  laisse présager une rude campagne pour les élections européennes. Les partis traditionnels ont des difficultés à contenir la popularité du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP).

« Les eurodéputés de l'UKIP sont tristement célèbres non seulement parce qu'ils sont les Britanniques les plus paresseux au Parlement européen, mais aussi en Europe », a déclaré Rebecca Taylor. Eurodéputée de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), elle a écrit un billet d’opinion en ligne avec Petros Fassoulas, président du Mouvement européen UK.

 

Le billet a été publié sur le site du Mouvement européen et indique : « s'ils étaient des responsables politiques de principe, ils pourraient refuser de siéger après les élections ».

 

« En fait, l'UKIP se vante de la rémunération à laquelle ses eurodéputés peuvent prétendre alors qu'ils ne remplissent pas correctement leur rôle. »

 

Rebecca Taylor a accusé le président de l'UKIP, Nigel Farage, d'« éviter les réunions des commissions et de ne pas voter, même sur des questions importantes pour le Royaume-Uni ». Elle a réitéré les critiques de Guy Verhofstadt, président de l'ADLE, contre M. Farage au Parlement européen en début d'année. 

 

L'UKIP se pavane

 

Les eurodéputés de l'UKIP évitent les travaux difficiles des commissions parlementaires et « préfèrent se pavaner, adresser des discours à leurs partisans et envoyer des communiqués de presse furieux. C'est beaucoup plus facile ! », a écrit Rebecca Taylor.

 

L'eurodéputée libérale a également mis en évidence la présence, ou plutôt l'absence, de Paul Nuttall, membre de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire. Il ne s'est présenté que deux fois en trois ans.

 

M. Nuttall a participé à sa troisième réunion de commission, lors du vote sur la directive relative aux produits du tabac, lorsque des électeurs ont commencé à se plaindre de lui sur Twitter.

 

« L'attitude de M. Nuttall montre que les eurodéputés de l'UKIP sont paresseux parce qu'ils pensent qu'ils peuvent s’en sortir de la sorte. Ils affirment éviter le travail pénible des commissions parlementaires par principe, mais ces principes sont rapidement balayés s'ils craignent de s'attirer une mauvaise publicité », a ajouté Mme Taylor.

 

L'UKIP contre-attaque

 

Un porte-parole de l'UKIP a répondu au président de l'ADLE : « Guy Verhofstadt est un gros hypocrite. Il faut regarder ce qui se passe chez soi avant de jeter la pierre.  Le grand fédéraliste qui habite en Belgique n'a participé qu'à deux commissions des affaires constitutionnelles [dont il est membre] sur douze en 2012. »

 

« [Nigel] Farage travaille souvent 18 heures par jour, participe à des débats et des réunions publiques, apparaît à la télévision et s'exprime à la radio. Cela nécessite du temps et de la préparation. C'est ce que nos eurodéputés font. Les présidents de partis politiques travaillent souvent comme cela. »

 

Pour certains eurodéputés, comme MM. Farage et Nuttall, participer aux commissions revient à « se taper la tête contre un mur, car ils sont constamment en minorité. Ils préfèrent consacrer leur temps et leur énergie à des dossiers nationaux », selon le porte-parole.

 

Accuser Guy Verhofstadt d'être paresseux est ridicule pour Rebecca Taylor. Elle a demandé que les médias s'intéressent davantage à l'UKIP.

 

Cette prise de bec laisse présager une campagne fébrile pour les élections européennes de 2014. L'UKIP est en tête dans les sondages d'opinion en Grande-Bretagne, devant les libéraux démocrates. Il représente en outre un défi pour la coalition emmenée par le Parti conservateur.

  • 22-25 mai 2014 :  élections au Parlement européen

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