Les Européens attachés au statut d’employé

Une majorité d’Européens préfèrent le statut d’employé à celui de
travailleur indépendant. Régularité des revenus, stabilité de
l’emploi et « sécurité » assurée même en période difficile sont des
éléments importants aux yeux de nombreux Européens, qui
craindraient de devoir renoncer à ces avantages en devenant leur
propre patron.

L’un des objectifs fixés par le Conseil européen
de Lisbonne devait être de stimuler l’esprit d’entreprise
en Europe. Selon le Commissaire Verheugen, « les chefs
d’entreprise sont l’ADN économique dont nous avons besoin pour
renforcer la compétitivité et l’innovation en Europe ».

Malgré les efforts de l’UE (notamment traduits
par la mise en oeuvre d’un 
plan 

action sur le sujet), le dernier sondage Eurobaromètre sur
l’esprit d’entreprise, publié lundi 17 janvier 2005, montre que le
« fossé » séparant Européens et Américains en la matière est en
train de se creuser. Le sondage révèle que les Européens sont
désormais 51% à afficher leur préférence pour le statut d’employé
-contre 49% dans la précédente étude -, alors que les
Américains ne sont que 34% à partager un tel point
de vue – soit 3 points de moins que dans le dernier
sondage. Au sein de l’UE, de nettes différences peuvent
cependant être constatées en fonction de la catégorie
socio-professionnelle et de l’Etat d’origine des citoyens
interrogés (ainsi, 68% des Finnois déclarent préférer le statut
d’employé, contre seulement 32% des Portugais).

Américains et Européens se rejoignent pour considérer que la
qualité de la gestion est le premier facteur de
réussite d’une entreprise. Mais alors que de l’autre côté de
l’Atlantique, le deuxième facteur de réussite le plus fréquemment
cité est constitué par « les bonnes idées et les qualités de
dirigeant du chef d’entreprise », les Européens attachent une plus
grande importance à des « facteurs extérieurs » tels que le contexte
économique et politique.   

77% des Européens citent « l’indépendance, l’épanouissement
personnel et l’intérêt des tâches accomplies » parmi leurs
principales motivations pour créer leur propre entreprise, tandis
que 61% des Américains soulignent que monter leur
affaire leur permet de créer leur  propre environnement
de travail. 

Le sondage révèle qu’un tiers des Européens (chiffre
atteignant 40% dans les nouveaux Etats membres) envisagent de
créer une entreprise au cours des cinq prochaines années,
contre 46% des Américains.  

Au début du mois de février, la Commission doit publier son
rapport annuel sur l’application de la  Charte européenne pour les petites entreprises. L’édition 2005 du rapport devrait porter sur
l’étude des mesures mises en oeuvre au niveau national pour
améliorer l’éducation à l’entreprenariat, réduire les
contraintes administratives et pallier aux pénuries de compétences
dans certains secteurs. 

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