Les eurosceptiques britanniques proposent l’OMC comme alternative à l’UE

David Campbell Bannerman, eurodéputé européen. [AG Gymnasium Melle/Wikimedia]

L’Organisation mondiale du commerce représente une solution viable aux relations du Royaume-Uni  avec l’UE  en cas de « Brexit », selon les conclusions d’une conférence sur les alternatives à l’Europe. 

« Nous avons une alternative claire à l’UE. L’adhésion à l’OMC », déclare le député conservateur Christopher Cope, à l’issue d’une conférence sur les alternatives à l’Europe, qui s’est déroulée le 19 février à Londres. « C’est évident, c’est simple, et ça représente une rupture claire. »

En choisissant l’option de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Royaume-Uni aurait la même relation à l’UE que les États-Unis ou le Japon, sans accord préférentiel.

Contrôle

Un tel arrangement permettrait à Londres de cesser les négociations en tout genre et d’exercer un contrôle total sur sa règlementation interne. Depuis l’adhésion du pays au marché commun, en 1973, les tarifs douaniers ont été drastiquement réduits pour la plupart des produits. Les taux douaniers moyens se situent aujourd’hui autour de 1 %, avec quelques exceptions notoires : les voitures (10 %) et les produits chimiques (5 %).

En quittant l’UE, les banques basées à Londres perdraient leur accès au marché unique, ce qui ne manque pas d’inquiéter certaines institutions internationales, comme Goldman Sachs.

La Suisse a un accord avec l’association de libre-échange européenne (AELE) avec l’UE, mais a dû conclure un accord bilatéral spécifique pour obtenir l’accès de ses banques à l’Union. Cet accord est d’ailleurs menacé aujourd’hui, puisque Berne s’oppose à la libre circulation des personnes.

Pour le Royaume-Uni, un accord AELE négocié individuellement avec l’UE a été présenté comme une alternative rentable à long terme à l’adhésion. Il n’est cependant pas évident que la perspective d’un accord AELE, dont les termes ne sont bien sûr pas connus, puisse contribuer ou entraver le nombre de votes en faveur d’une sortie de l’UE.

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L’idée d’une adhésion à l’Agence européenne pour l’environnement a été rejetée. Un tel accord permettrait au Royaume-Uni d’avoir accès au marché unique, mais obligerait le pays à adopter toutes les règles de l’agence, et notamment en ce qui concerne la libre circulation des personnes.

« On n’a pas besoin de la libre circulation des personnes ou d’une union politique pour faire du commerce avec d’autres pays », estime le Comte de Dartmouth, porte-parole du parti eurosceptique UKIP pour le commerce. « Un accord commercial avec l’UE serait souhaitable, mais ce n’est pas nécessaire. »

La Confédération des industries britanniques (CBI) a quant à elle estimé que le bénéfice annuel net engendré grâce l’adhésion à l’UE s’élève entre 84 et 106 millions d’euros pour le Royaume-Uni.

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Pourtant, l’eurodéputé conservateur David Campbell Bannerman a déclaré qu’une sortie du marché unique permettrait à Londres de reprendre le contrôle des 92 % de l’économie britannique qui ne résultait pas du commerce avec l’UE.

« Le Royaume-Uni doit être plus mondial et moins régional », estime l’eurodéputé. « Dans les années à venir, 99 % de la croissance mondiale se fera hors de l’UE. »

« Chaque année, l’adhésion à l’UE coûte 20 milliards de livres [27,1 milliards d’euros] à la Grande-Bretagne. Hors de l’UE, la Grande-Bretagne serait bien mieux, plus libre et plus prospère », assure-t-il.

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Business for a New Europe (BNE), une campagne commerciale pro-européenne, insiste pourtant sur le fait que l’avenir du pays en dehors de l’UE serait « un cauchemar » pour les entreprises.

« La Grande-Bretagne fait partie de l’Europe et personne ne peut rien y changer. La meilleure façon de construire un avenir meilleur pour notre pays est de rester dans l’UE, de travailler main dans la main avec nos amis et voisins, au lieu de nous opposer à eux, et de construire une meilleure UE depuis l’intérieur », explique Roland Rudd, président de BNE.

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