Les Lords entravent le gouvernement britannique sur le Brexit

La Chambre des Lords veut assurer un regard parlementaire sur l'accord de Brexit.

La Chambre des Lords a infligé un nouveau revers au gouvernement britannique en réclamant un vote « significatif » du parlement sur le résultat des négociations du Brexit avec l’Union européenne.

Le 7 mars, la Chambre des Lords a exigé que les parlementaires aient, à l’issue de ces discussions à venir, le dernier mot sur l’accord final et tous les accords commerciaux futurs avec l’UE en approuvant un second amendement au projet de loi sur l’activation du Brexit.

Les membres de la chambre haute du parlement, non élus contrairement à leurs homologues des Communes, ont adopté cet amendement défendu par les travaillistes, les libéraux-démocrates et treize pairs conservateurs par 366 voix contre 268.

Le ministre du Brexit, David Davis, a qualifié le résultat de « décevant ». « Il est évident que certains Lords désirent entraver le processus, mais le gouvernement a l’intention de faire en sorte que cela n’arrive pas », a-t-il souligné.

Le projet de loi Brexit devant la Chambre des Lords

Après la Chambre des communes, la Chambre britannique des Lords va entamer l’examen du projet de loi donnant autorité à la Première ministre Theresa May de déclencher les négociations officielles du Brexit.

Le gouvernement a par contre connu une victoire chez les Lords mardi avec le rejet de l’amendement demandant un nouveau référendum sur le Brexit, par 336 voix contre 131.

Le projet de loi tel qu’amendé doit désormais retourner devant la Chambre des Communes qui se penchera sur le texte la semaine prochaine, sans doute dès le lundi 13 mars.

Blair encourage les Britanniques pro-UE à «se dresser» contre le Brexit

Dans son discours remarqué du 17 février, l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, a incité les Britanniques en faveur de l’Union européenne à « se battre » et à convaincre les partisans du Brexit de rejoindre leur camp.

« Bancal et antidémocratique »

Il est probable que les députés annuleront les deux amendements adoptés par les Lords, dont celui voté la semaine dernière et destiné à protéger les droits des trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni.

Le second amendement a cependant de quoi causer des sueurs froides au gouvernement conservateur, qui ne dispose que d’une courte majorité à la Chambre des Communes. Une vingtaine de députés Tories sont en effet susceptibles de voter pour cet amendement afin d’offrir, selon les mots d’une des rebelles, Anne Soubry, « un filet de sécurité parlementaire » aux Britanniques sur les conditions du divorce avec l’UE.

Le député libéral-démocrate et ancien vice-Premier ministre Nick Clegg a en tout cas appelé les députés à « avoir le courage de faire la même chose » que les Lords.

Le conservateur eurosceptique Dominic Raab, en revanche, a déploré un « amendement bancal » et « antidémocratique » qui « ne fait qu’encourager l’UE à nous offrir un accord pourri ». « Je pense que les députés vont le rejeter », a-t-il ajouté.

Dominic Raab a ainsi repris l’argument de la Première ministre, qui estime imprudent à ce stade de garantir au parlement d’avoir le dernier mot. Selon elle, cela pourrait encourager l’UE à « proposer un mauvais accord » au Royaume-Uni, dans l’espoir que les parlementaires opposent ensuite leur veto à une sortie de l’UE.

Un argument « ridicule », selon Dick Newby, chef du parti libéral-démocrate à la Chambre des Lords, qui pointe pour sa part les dangers d’un Brexit sans accord.

Dublin ne croit pas au calendrier du Brexit

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, peine à croire que la Première ministre britannique, Theresa May, déclenchera l’Article 50 lors du Conseil européen du 9 mars prochain,  date à laquelle elle s’est engagée à lancer la procédure légale pour quitter l’UE.

Débats houleux

« Il faut que ce soit le parlement qui décide s’il faut préférer l’option pas d’accord à un accord offert par l’UE », a insisté David Pannick, à l’origine de l’amendement, lors de débats parfois houleux.

Jusque-là, Theresa May a seulement promis aux parlementaires un vote sur l’acceptation ou le rejet de l’offre de Bruxelles. Ce qui signifie que s’ils rejetaient le projet d’entente, le Royaume-Uni sortirait de l’UE sans aucun accord.

Les détracteurs de le Première ministre craignent que cela ne provoque un chaos économique et juridique, car tous les accords et contrats commerciaux entre le bloc des 27 et le Royaume-Uni deviendraient caducs du jour au lendemain.

Un sondage de BMG Research pour le quotidien The Independent publié le 7 mars montre que seulement 25% des Britanniques soutiendraient une sortie de l’UE « sans relations futures établies » avec le bloc des 27.

Le double camouflet des Lords a empêché un lancement dès cette semaine des négociations avec Bruxelles, alors que Theresa May cherche à tenir sa promesse d’activer l’article 50 du traité de Lisbonne d’ici fin mars.

Les négociations du Brexit planeront sur le Conseil européen de Bruxelles où Theresa May se rendra jeudi avant de laisser le bloc des 27 discuter vendredi de son avenir sans le Royaume-Uni.

Juncker luttera pour «plus d'Europe» après le Brexit

Après le Brexit, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, œuvrera en faveur d’un renforcement du projet européen plutôt que pour un modèle à deux vitesses.

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