Les secteurs public et privé s’allient pour relancer l’entreprenariat

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Alors que l'UE croule sous la crise de la dette et peine à relancer son économie, les écoles et les entreprises tentent d'effectuer les changements nécessaires pour adapter la main d'œuvre aux nouveaux défis, et ainsi améliorer la compétitivité et développer l'entreprenariat.

Lors d'un évènement organisé le 19 septembre, un projet entrepreneurial international a été lancé par la European Roundtable of Industrialists (ERT), la Junior Achievement Young Enterprise (JE-YE) et le réseau Schoolnet des ministères européens de l'éducation.

Ce projet sera l’occasion pour les élèves d'expérimenter des situations réelles de la vie en entreprise et permettra aux enseignants de différents pays de bénéficier de l'expérience de leurs confrères et des meilleures pratiques. Ce programme est géré par la JA-YE en association avec Schoolnet et est soutenu par 18 membres de l'ERT ainsi que par le programme Comenius de l'UE.

« L'entrepreneuriat, ce n'est pas uniquement la création de sa propre entreprise, il s'agit également d'innover et de créer de nouvelles entreprises au sein de sociétés existantes. C'est une attitude et une prise de responsabilité pour sa vie et sa carrière », a expliqué Brian Ager, le secrétaire général d'ERT, lors d'un entretien accordé à EURACTIV.

La plupart des nouveaux emplois en Europe sont créés par des petites et moyennes entreprises, et non pas par de grandes sociétés. Les personnes qui bénéficient d'une formation à l'entrepreneuriat à un stade précoce ont quatre à cinq fois plus de chances de lancer leur propre entreprise à un jeune âge et disposent de taux élevés d'employabilité, que ce soit dans le secteur privé ou public.

Toutefois, la Commission européenne estime que moins de 5 % des jeunes européens reçoivent une formation à l'entrepreneuriat à l'école.

En outre, éveiller la conscience des adolescents aux opportunités de l'entrepreneuriat nécessite que des professionnels aient accès aux écoles, ce qui n'est pas toujours chose aisée dans certains pays. Le secteur privé et l'enseignement coopèrent surtout au niveau universitaire, quand collaboration il y a.

Etant donné la crise économique et les encouragements fournis dans le cadre d'Europe 2020, il existe une meilleure adéquation entre les PME, les politiques d'enseignement et le Fonds social de l'UE. Cette initiative a pour objectif d'améliorer la coopération entre les acteurs privés et publics, ainsi qu'au sein de la Commission européenne.

Pour lire l'entretien avec Brian Ager dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

Brian Ager, le secrétaire général d'ERT, expliquant la contribution de son organisation, a déclaré : « Avec la participation de 18 membres d'ERT, les entreprises apporteront non seulement des ressources financières, mais aussi 2 000 volontaires prêts à se rendre dans les écoles pour épauler les étudiants et servir de jury pour des concours opposant des jeunes de 15 à 18 ans en Europe.

Les deux autres associations impliquées dans le projet soulignent le caractère opportun de cette initiative. Caroline Jenner, la PDG de JA-YE Europe, a affirmé : « L'effet de la récession sur les jeunes reste dramatique, malgré une récente stabilisation. Les jeunes ne sont pas vraiment au courant de ce qui se passe dans le monde de l'entreprise et de l'industrie et ils arrivent donc sur le marché du travail sans la plupart des compétences dont ils auraient besoin pour trouver un emploi ».

Elle a ajouté : « Il est urgent de prendre plus d'initiatives de ce genre et de motiver les jeunes, ou nous risquons de garder des taux de décrochage élevés et de laisser une génération aux mains du chômage ».

Marc Durando, directeur exécutif de European Schoolnet, a commenté : « Les partenariats entre les entreprises et les ministères de l'éducation sont essentiels pour donner aux étudiants le goût du travail au cours de leurs études. Cette nouvelle initiative renforce nos activités existantes avec l'ERT et les entreprises membres de l'ERT, via lesquelles nous encourageons les jeunes gens à se renseigner sur les carrières scientifiques ».

Il a également déclaré que l'esprit d'entreprise et les aptitudes commerciales étaient la prochaine étape s'agissant d’encourager les jeunes à penser à leur avenir et à s'engager dans la vie professionnelle avec succès.

Les entreprises qui ont apporté leur soutien à cet évènement ont expliqué leur engagement aux enseignants lors du lancement du projet. Telefonica, représentée parJaime Alabart, le responsable des affaires publiques, a déclaré : « Nous, les Européens, devons créer toute une série d'entreprises, et rapidement ! Pour cela, nous devons promouvoir l'entrepreneuriat et attirer les jeunes dès l'école secondaire ».

Il a également expliqué le choix de son entreprise pour ce projet : « Car JA-YE est le plus important fournisseur de formation en entrepreneuriat et que Schoolnet dispose d'un excellent accès aux établissements d'enseignement ».

S'adressant aux enseignants, M. Alabart a ajouté : « Nous vous donnerons les outils nécessaires, des personnes pour vous aider [...]. Nous vous offrons non seulement nos efforts, mais aussi notre argent. Si vous avez des problèmes [de mise en œuvre], faites-le-nous savoir ».

Jean-Marc Boxus est executive partner chez Accenture Belgium. Sa société de conseil souhaite contribuer à l'introduction de 250 000 personnes sur le marché du travail d'ici 2015 et espère que ce projet lui permettra d'atteindre un cinquième de cet objectif.

Marko Mahkonen travaille chez Nokia et est en charge de la « politique de l'enseignement », une fonction peu fréquente en entreprise. Ce responsable a expliqué que certains systèmes éducatifs européens étaient obsolètes et que le défi était donc d'accélérer les réformes.

Carlo Scatoli, en charge des questions d'éducation et de compétences à la DG Education et Culture de la Commission, s'est dit satisfait que l'entrepreneuriat fasse à présent partie des compétences fondamentales recommandées dans les programmes nationaux et il espère que d'autres initiatives se développeront dans le cadre de la stratégie Europe 2020.

Raymond Maes, le chef d'unité Emploi des jeunes, Entrepreneuriat et Microfinance à la DG Emploi et Affaires sociales, a déclaré que jusqu'à présent, les ministères en charge des affaires sociales avaient accordé peu d'attention à l'entrepreneuriat. Toutefois, sur le terrain, des actions sont entreprises : dans la période des perspectives financières 2007-2013, 2,75 milliards d'euros sont investis par l'UE pour l'entrepreneuriat.

Il a également appelé à la mise en œuvre de politiques plus efficaces : « La flexicurité devrait aussi s'appliquer dans ce domaine. Des systèmes de protection sociale sont nécessaires, surtout en ces temps de crise, pour que les entrepreneurs en difficulté puissent recevoir des indemnités de chômage avant de retrouver un emploi ».

Insistant sur le besoin de relier les différentes politiques, M. Maes a affirmé : « Les start-ups peuvent à présent accéder au microfinancement dans le cadre du Fonds social européen, à hauteur de 25 000 euros. Ensuite, les entrepreneurs en herbe peuvent avoir recours aux organismes d'appui aux PME coordonnés par la DG Entreprise, entre autres ».

L'Europe est souvent considérée comme moins audacieuse que les Etats-Unis, la population serait apparemment moins réticente à prendre des risques.

Les entrepreneurs peuvent avoir recours aux fonds nationaux et européens pour monter leur entreprise, même si certains préfèreraient que le gouvernement reste tout simplement à l'écart.

Les différentes directions générales de la Commission européenne suivent souvent des programmes différents, notamment dans les domaines de l'industrie, de l'emploi et de l'éducation, ce qui reflète bien la situation dans les ministères nationaux. Cette situation a commencé à changer il y a quelques années avec la communication sur la formation en matière d'entrepreneuriat de la DG Entreprise et de la DG Education.

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