Les travaillistes démentent les rumeurs sur leur possible sortie du Parti socialiste européen

Martin_Schulz_PEScampaignla.jpg

Le Parti travailliste britannique rejette les allégations selon lesquelles il s'apprêterait à quitter le Parti socialiste européen. Cependant, l'eurofédéralisme de Martin Schulz représente un problème pour les travaillistes, à l'heure où domine l'euroscepticisme dans le pays.

Les rumeurs viennent de European Voice. Selon l’hebdomadaire consacré aux affaires européennes, les travaillistes seraient sur le point de quitter le PSE car opposés à Martin Schulz, qui devrait porter les couleurs socialistes pour les prochaines européennes.

Interrogé quant à une possible dissidence lors d’un entretien avec EURACTIV, Gareth Thomas, ministre du cabinet fantôme travailliste, a nié en bloc : « C’est tout à fait insensé de laisser croire que nous allons quitter le Parti socialiste européen (PSE). »

« Nous sommes tout entier engagés au sein du parti européen et sommes fiers de travailler en coopération avec les autres partis socialistes membres », a ajouté le Britannique. Il a aussi souligné que son parti travaillait main dans la main avec les autres partis socialistes afin de planifier leur campagne pour les européennes.

Gareth Thomas a reconnu cependant que les travaillistes avaient quelques réserves quant aux récentes déclarations faites par Martin Schulz. Le parti travailliste a en effet expliqué que ses priorités politiques venaient directement se télescoper avec la vision de Martin Schulz quant à l’avenir de l’Union européenne.

Lors de la nomination de Martin Schulz comme tête de liste au congrès du parti qui s’est tenu à Rome le 1er mars dernier, le parti travailliste n’a pas soutenu sa candidature. Un porte-parole travailliste a clarifié la position de son parti dans un entretien avec le Guardian : « même si nous ne soutenons pas le candidat commun du PSE pour les élections de cette année, nous continuons à adhérer au principe de la candidature commune ».

Actuellement président du Parlement européen, Martin Schulz porte sa candidature en vue de reprendre la succession de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Mais le social-démocrate allemand fait souvent l’objet de critiques du fait de son absence d’expérience en dehors du champ politique européen.

Son principal adversaire durant la prochaine campagne européenne est l’ancien premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker, qui portera l’étendard du Parti populaire européen (PPE), parti de centre droit. Les autres candidats en lice sont Guy Verhofstadt pour les libéraux, Ska Keller et José Bové pour les Verts, ainsi que Alexis Tsipras pour le Parti de la gauche européenne.

Martin Schulz n’est pas en odeur de sainteté au Royaume-Uni

Les partis politiques européens entament en ce moment même leurs campagnes européennes. Plusieurs candidats de tête de liste prendront leur bâton de pèlerin et arpenterons l’Europe en vue de soutenir les campagnes au niveau national.

Cependant, il y a peu de chances que de tels candidats paneuropéens soient la bienvenue au Royaume-Uni, où le sentiment eurosceptique est viscéral.

Renaud Thillaye, chercheur au sein du groupe de réflexion Policy Network à Londres et proche du PSE, a assuré que les européennes au Royaume-Uni n’aborderont pas les questions politiques, mais plutôt le futur des relations entre l’île et l’Union européenne.

La présence de candidats tels que Martin Schulz pourrait avoir, selon le chercheur, l’effet inverse de celui escompté. « Ce seront des cibles faciles », a-t-il prévenu.

Certainement, le Parti travailliste tentera de se mettre en retrait de la campagne paneuropéenne, en lieu et place de s’associer publiquement avec les candidats et de se prêter au jeu des séances photographiques.

« Nous sommes en train de chercher une solution pour trouver une façon d’aborder les différentes campagnes [nationales] », a expliqué Julian Priestley, ancien secrétaire général du Parlement européen et actuel conseiller de Martin Schulz pour les européennes.

Lors d’un entretien avec EURACTIV, Il a indiqué que le problème de tous les partis traditionnels au Royaume-Uni est le levier électoral gigantesque que représente l’euroscepticisme. « Il est inévitable qu’il [Martin Schulz] fera l’objet d’une attention médiatique particulière. Mais le Parti travailliste a apporté son soutien au processus et au principe d’avoir un candidat commun. Nous allons voir dans quelle mesure cet engagement sera maintenu durant la campagne, » a-t-il expliqué.

Les travaillistes n’ont pas souhaité s’exprimer sur la venue de Martin Schulz au Royaume-Uni qu’il devrait faire lors de son tour électoral de l’Union européenne. « Je ne sais pas ce que sont les plans  à venir ou ce que contient son agenda », a esquivé Gareth Thomas.

Selon les derniers sondages, le parti travailliste britannique sera vraisemblablement le parti vainqueur des prochaines européennes et pourrait rafler 28 sièges sur 73, devant UKIP (20 sièges) et le parti conservateur du premier ministre David Cameron (16 sièges).

La part des Britanniques représenterait jusqu’à 13 % de l’intégralité des eurodéputés sociaux-démocrates du groupe S&D, qui est accrédité de 214 sièges selon les derniers sondages.

Les électeurs britanniques sont appelés à voter le 22 mai pour renouveler le Parlement européen, mais dans le cadre d’élections locales. 

Les élections européennes de mai 2014 seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission.

Le Parti socialiste européen a choisi Martin Schulz, l'actuel président du Parlement européen, pour être sa tête de liste.

La candidature de Martin Schulz est considérée comme une entrave à la campagne européenne au Royaume-Uni. En effet, les partis traditionnels britanniques s'opposent à tout approfondissement de l'intégration européenne et les discours nationaux sont dominés par une rhétorique eurosceptique.

Les électeurs britanniques sont appelés à voter le 22 mai pour renouveler le Parlement européen, mais dans le cadre d'élections locales.

  • 14 et 17 avril : dernière session plénière du Parlement européen 2009-2014
  • 28 avril : débat télévisé entre le chef du parti libéral Nick Clegg et le chef de file du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP)
  • 22 mai : élections européennes et élections locales au Royaume-Uni
  • 22-25 mai 2014 : élections européennes parmi les 28 États membres de l'Union européenne

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.