L’Espagne s’acquittera de tout ce qui a été convenu avec Londres sur Gibraltar

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares, lors d'une conférence de presse à l'ambassade d'Espagne à Londres, le 21 juillet 2021. [EPA-EFE/VICKIE FLORES]

Le nouveau ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a assuré mercredi 21 juillet que son pays respecterait « tout ce qui a été convenu » avec le Royaume-Uni sur Gibraltar, après avoir rencontré à Londres, pour son premier déplacement à l’étranger, son homologue britannique, Dominic Raab. Un article d’Euroefe.

Le voyage ­- qui avait déjà été planifié par Arancha González Laya, la prédécesseure de José Manuel Albares, mais que ce dernier a décidé de maintenir – a eu lieu à un moment délicat, après que Dominic Raab a vertement critiqué le mandat présenté mercredi 21 juillet par l’Union européenne pour négocier sur la future relation avec Gibraltar, le considérant comme non valide pour les discussions.

Après sa rencontre avec Dominic Raab à Lancaster House, José Manuel Albares a déclaré à la presse que « les intérêts en jeu entre l’Espagne et le Royaume-Uni [étaient] nombreux », raison pour laquelle il était essentiel aujourd’hui d’« instaurer la confiance ».

« Pour Gibraltar, il est nécessaire de créer un climat de confiance et, dans ce sens, nous allons respecter tout ce qui a été convenu le 31 décembre », lorsque l’Espagne, Gibraltar et le Royaume-Uni ont signé un accord de principe pour établir les bases de la future relation avec le Rocher après le Brexit.

Londres et Gibraltar comprennent que, selon le mandat de négociation présenté par la Commission européenne, le contrôle de leurs frontières dans le port et l’aéroport serait laissé entre les mains de l’Espagne et non des agents de Frontex, et ils considèrent que cela « porterait atteinte à leur souveraineté ».

Quel avenir pour les relations entre Gibraltar et l’Union européenne ?

La semaine prochaine, la Commission européenne présentera un mandat pour négocier ses relations d’après Brexit avec Gibraltar. Objectif ? Envoyer des agents de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pour éviter la création d’une frontière physique avec l’Espagne.

L’un des points clés de la négociation de cet accord de principe, conclu quelques heures avant l’entrée en vigueur du Brexit, était que la clôture séparant la colonie et l’Espagne serait démolie et que les contrôles ne seraient établis que dans son port et son aéroport, comme si le Rocher faisait partie de l’espace Schengen.

Il avait été décidé qu’afin de créer un cadre de confiance pendant une période de transition de quatre ans, des agents de Frontex assisteraient à ces contrôles.

Des sources diplomatiques ont expliqué mercredi 21 juillet que « l’Espagne était responsable de l’application de Schengen sur le Rocher », et que « bien qu’il y ait beaucoup de choses à définir, ce qui ne changera pas, c’est que nous demanderons l’aide de Frontex ».

Gratitude britannique

Dominic Raab a lui-même remercié José Manuel Albares sur Twitter en lui adressant un « muchas gracias » en espagnol pour avoir choisi son pays comme première destination d’un voyage à l’étranger, rompant ainsi, comme l’avait déjà fait Arancha González Laya, avec la coutume selon laquelle les chefs de la diplomatie espagnole se rendent d’abord au Maroc.

Interrogé précisément sur les relations tendues avec le Maroc, José Manuel Albares a évité de donner des détails et a seulement demandé à ce que l’on « laisse la diplomatie travailler dans le calme », car il faut « des résultats, pas des gros titres tapageurs ».

Au cours de leur réunion, les deux ministres ont renouvelé trois des quatre mémorandums d’accord bilatéraux entre l’Espagne et le Royaume-Uni concernant Gibraltar, la coopération policière et douanière, la coopération en matière d’environnement et sur le tabac et autres produits.

La validité de ces mémorandums avait expiré le 31 décembre 2020, après la fin de la période transitoire prévue par l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.

José Manuel Albares a rappelé que « les intérêts en jeu [étaient] nombreux » entre les deux pays, notamment en raison de l’importante communauté de résidents de chaque pays dans l’autre et des nombreux liens commerciaux et économiques.

Des sources du ministère des Affaires étrangères ont également annoncé que José Manuel Albares avait communiqué à son homologue l’approbation officielle du nouvel ambassadeur que l’Espagne a l’intention de nommer à Londres, un poste vacant depuis que Carlos Bastarreche a quitté le poste en février dernier après avoir pris sa retraite.

Le futur ambassadeur est un diplomate « ayant une grande expérience des questions liées au Brexit », ont indiqué les sources. Elles ont ajouté que sa nomination avait été discutée mardi 20 juillet par le Conseil des ministres.

La nomination d’un nouvel ambassadeur est l’une des mesures par lesquelles José Manuel Albares entend instaurer la confiance mutuelle qui permettra de « générer de la prospérité dans le Campo de Gibraltar », ont précisé les sources.

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