Londres estime à 40 milliards la facture du Brexit

Londres évalue ses dettes à l'UE à seulement 40 milliards d'euros. [Number 10/Flickr]

Le Royaume-Uni est prêt à payer jusqu’à 40 milliards d’euros à l’UE, rapporte le Sunday Telegraph, citant des sources gouvernementales. Une somme bien moins élevée que quelle qui a été officieusement annoncée côté européen.

C’est la première fois qu’est avancé de source britannique un montant chiffré de la future facture du Brexit. La somme évoquée est bien inférieure à celle évaluée officieusement entre 60 et 100 milliards d’euros côté européen.

Interrogée à ce sujet par l’AFP, une source gouvernementale a refusé de s’exprimer sur des « spéculations », soulignant que Londres « respecterait ses obligations internationales » vis à vis de l’UE, mais ne paierait « pas plus que ce qui est nécessaire ».

Selon le Sunday Telegraph, qui assure se référer à des responsables gouvernementaux parlant sous le couvert de l’anonymat, la Grande-Bretagne serait prête à payer jusqu’à 40 milliards à condition que l’UE accepte de négocier le règlement financier dans le cadre d’un accord général sur les futures relations entre Londres et le bloc européen, et notamment sur les relations commerciales.

Les désaccords minent les négociations du Brexit

Lors d’un second cycle des négociations, l’UE et le Royaume-Uni ont campé sur leur position sur la question des obligations financières de Londres et celle du tribunal qui garantira les droits des citoyens européens dans un monde post-Brexit.

Bruxelles, pour sa part, estime qu’avant que des discussions sur un accord de libre-échange ne puissent commencer, des progrès doivent être faits sur le règlement financier, ainsi que sur les droits des citoyens européens résidant en Grande-Bretagne et sur la question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Selon le Telegraph, les responsables britanniques envisagent de proposer une transaction dans laquelle le Royaume-Uni continuerait à effectuer des paiements annuels de 10 milliards d’euros nets à l’UE pendant une durée pouvant atteindre trois ans après son départ de l’Union, qui doit intervenir en mars 2019.

Ces sommes, qui seraient versées en contrepartie d’un accès maintenu de Londres au marché unique européen, constitueraient « un acompte » sur la facture finale.

Le négociateur en chef de l’UE, le Français Michel Barnier, a jusqu’à présent refusé de citer publiquement un chiffre pour la facture du départ de la Grande-Bretagne.

Barnier presse Londres sur la question de la facture du Brexit

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a prévenu le Royaume-Uni le 12 juillet qu’il devait honorer toutes ses factures impayées avant de discuter d’une future relation avec l’UE, poussant ainsi Londres à accélérer les négociations de divorce.

Il a déclaré que la « méthodologie » qui sera utilisée pour déterminer combien la Grande-Bretagne paiera devrait être élaborée au cours de la première phase des négociations du Brexit, qui doit prendre fin en octobre.

Côté britannique, le ministre des Finances, Philip Hammond, avait assuré en juillet dernier que son pays honorerait ses dettes vis-à-vis de l’Union européenne.

« Nous sommes un pays qui honore ses obligations. S’il y a un montant que nous devons et qu’il est correctement quantifié et vérifié, bien sûr que nous nous en acquitterons. Nous ne sommes pas un pays qui fuit ses dettes », avait-il déclaré, jugeant toutefois « ridicule » et « fantaisiste » le montant de 100 milliards d’euros parfois avancé.

La facture inclut notamment les contributions déjà promises au budget de l’Union et à toutes les institutions ou entités établies par les Traités européens.

Londres soulève des doutes sur la légalité de la facture du Brexit

Les négociateurs britanniques soutiennent qu’ils ont reçu de « nombreux avis juridiques » leur suggérant de rejeter la facture de 60 milliards d’euros du Brexit demandée par Bruxelles.