Londres reconnaît que le coût du Brexit sera supérieur à la contribution au budget de l’UE

[Andy Rain/EPA/EFE]

Un accord de libre-échange avec l’UE coûterait au Royaume-Uni 4,8 % de sa croissance économique attendue au cours des 15 prochaines années, selon une « analyse de sortie de l’UE » du gouvernement britannique.

Les conséquences financières du Brexit commencent à être de plus en plus claires. La perte de croissance liée au Brexit se traduira par un emprunt obligataire de 55 milliards de livres sterling d’ici 2033, un coût qui annule « dividende du Brexit » prévu par les militants de la campagne Leave lors du référendum de 2016.

Le document a été publié par la commission en charge de la sortie de l’UE du parlement britannique, contre la volonté des ministres.

Dans un échange de lettres publié par la commission le 8 mars, le secrétaire d’État responsable du Brexit, David Davis, demande avec insistance que les documents soient tenus secrets, les qualifiant de « sensibles pour la négociation et, en tant que tels, il ne serait pas dans l’intérêt national ou public de les publier ».

La publication « affaiblirait notre position de négociation et risquerait de donner une impression très trompeuse aux citoyens, aux entreprises et aux investisseurs », a ajouté David Davis.

Malgré ces précautions, des parties du document avaient déjà été divulguées aux journalistes en février.

Le ministère chargé des négociations sur le Brexit est « une véritable passoire », a déclaré un fonctionnaire du département de David Davis.

Entre Bruxelles et Londres, les divergences se confirment

Theresa May veut un accord commercial poussé peu compatible avec la conception du marché unique des Européens.

L’adhésion au marché unique, une option que l’équipe de Theresa May a déjà écartée, se traduirait également par une perte de croissance de 1,6 % du PIB, tandis que le scénario d’un Brexit « sans accord » dans lequel le Royaume-Uni commercerait avec l’UE à 27 sur la base des règles de l’Organisation mondiale du commerce lui coûterait 7,7 % du PIB, selon les estimations du gouvernement. Cela entraînerait une augmentation des emprunts publics de 20 et 80 milliards de livres sterling, respectivement.

Par ailleurs, entre 40 000 et 90 000 migrants européens devraient quitter le Royaume-Uni, indique le document.

Le Brexit mine les Européens du Royaume-Uni

À treize mois de l’échéance, les trois millions de ressortissants des 27 dénoncent le flou qui entoure leur futur statut outre-Manche. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

L’analyse mentionne également les potentiels avantages économiques d’une réglementation réduite. Le gouvernement britannique doit encore réaliser sa propre étude d’impact, mais une série de groupes de réflexion ont estimé que les gains potentiels se situaient entre zéro et 2 % du PIB.

« L’analyse suggère qu’il y aura un effet négatif sur l’économie du Royaume-Uni et de toutes ses régions, et que le degré d’impact dépendra du résultat des négociations », a déclaré Hilary Benn, la présidente de la commission parlementaire sur la sortie de l’UE.

Le document affirme qu’un accord de libre-échange avec les États-Unis offrirait « un avantage de 0,2 % au PIB britannique à long terme ». Pendant ce temps, d’autres accords avec les pays des blocs régionaux transpacifiques et d’Asie du Sud-Est, la Chine, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande « ajouteraient 0,1 % à 0,4 % au PIB ».

À l’origine, les ministres britanniques espéraient être en mesure d’entamer les négociations sur les accords commerciaux avec des tiers avant la date d’entrée en vigueur du Brexit en mars 2019, un objectif qui a été abandonné depuis lors.

Le parlement britannique veut de nouveaux accords commerciaux en urgence

La conclusion d’accords commerciaux avec des pays tiers doit être une « priorité urgente » si le Royaume-Uni veut éviter une catastrophe après le Brexit, estiment les députés.

Subscribe to our newsletters

Subscribe