L’UE prend acte du « réalisme » de Theresa May

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Première ministre britannique, Theresa May. [European Council]

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a qualifié mardi de « plus réaliste » que précédemment le discours prononcé par la Première ministre britannique, Theresa May, sur ses objectifs dans la future négociation de divorce avec l’Union européenne.

« Triste processus, des temps surréalistes mais au moins une annonce plus réaliste sur #Brexit », a commenté M. Tusk sur son compte Twitter, assurant que l’UE à 27 était « unie et prête à négocier » dès que l’article 50 du traité de Lisbonne aura été déclenché.

Dans un discours très attendu, Theresa May a défendu une rupture « claire et nette », hors du marché unique, et appelé à un « nouveau partenariat équitable » qui ne serait pas un statut de membre partiel ou associé de l’UE.

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De son côté, la Commission européenne a simplement indiqué qu’elle réagirait « aux positions et requêtes spécifiques du Royaume-Uni une fois que la procédure dite de l’article 50 sera lancée », selon son porte-parole, Margaritis Schinas, interrogé lors d’une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

Le président de l’exécutif européen a été « briefé avec intérêt » sur les déclarations de Mme May, a seulement précisé le porte-parole, qui a renvoyé à un discours de M. Juncker prévu mercredi devant les eurodéputés à Strasbourg.

Le négociateur de la Commission européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a pareillement estimé que « seule la notification (de l’article 50) peut lancer les négociations », dans un message sur Twitter.

« Un accord sur un départ ordonné est un pré-requis pour un futur partenariat. Ma priorité est d’obtenir le bon accord pour EU27 (les 27 États membres restants de l’UE, ndlr). #Brexit », a écrit, en anglais, le Français, dans un autre tweet.

Une grosse facture

Theresa May a aussi prôné mardi une « mise en œuvre par étapes » pour éviter « un changement trop brutal » à l’issue des négociations de sortie.

Celles-ci, qui ont deux ans pour aboutir, commenceront avec le déclenchement de la procédure dite de l’article 50 du Traité de Lisbonne, que Mme May a promis d’ici fin mars.

Selon une source proche du dossier, l’équipe de négociation du Brexit côté UE a fait une première évaluation de la « facture de sortie » que devra acquitter Londres, évaluée « entre 55 et 60 milliards d’euros ».

Ce montant, que le Royaume-Uni « va essayer de faire baisser », inclut notamment des engagements budgétaires pluriannuels des Britanniques, des « restes à liquider » et la participation de Londres au paiement des retraites des fonctionnaires européens.

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker devaient chacun de leur côté s’entretenir par téléphone mardi après-midi avec la Britannique, « un appel de courtoisie », a précisé pour le second son porte-parole.

>> Lire : Theresa May rejette toute confusion dans les négociations du Brexit

Pour l’eurodéputé Guy Verhofstadt, le « référent Brexit » pour le Parlement européen, le discours de Theresa May a certes apporté un peu de « clarté », mais a aussi créé une « illusion ».

« L’illusion qu’on peut sortir du marché unique, sortir de l’Union douanière et qu’on peut choisir à la carte et toujours garder un certain nombre d’avantages », a expliqué M. Verhofstadt lors d’un point presse improvisé au Parlement.

« Nous n’accepterons jamais une situation dans laquelle il est préférable de se trouver en dehors de l’UE […] plutôt que d’être membre de l’UE », a-t-il asséné.

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