L’UE va demander une prolongation pour passer l’accord Brexit, selon David Frost

David Frost, négociateur en chef britannique pour l'accord post-Brexit, ici avec son homologue Michel Barnier, est optimiste que l'UE va demander une prolongation de deux mois pour ratifier l'accord commercial. [Olivier Hoslet/epa]

Le Royaume-Uni s’attend à ce que l’UE demande une prolongation de deux mois pour ratifier le nouvel accord commercial post-Brexit, a déclaré David Frost, le négociateur en chef de Londres sur le pacte, aux législateurs britanniques mardi (9 février).

M. Frost a déclaré à la commission de l’UE de la Chambre des Lords qu’il avait entendu de manière informelle de la part de la Commission européenne que la demande serait faite dans les prochains jours. Il a également rejeté la responsabilité pour les problèmes initiaux dans la mise en œuvre du nouvel accord commercial et la dispute sur la livraison des vaccins COVID-19 sur l’UE, déclarant que celle-ci « s’adaptait encore quelque peu… à l’existence d’un acteur véritablement indépendant dans leur voisinage ».

Après onze mois de négociations souvent âpres et une série de retards, l’accord commercial a été ratifié par le Royaume-Uni le 30 décembre, mais il doit également être ratifié par le Parlement européen et les parlements nationaux des 27 États membres de l’UE. D’ici là, il est considéré comme étant appliqué « provisoirement ».

Toutefois, M. Frost a déclaré que le retard prévu était « un peu décevant » et s’est plaint que les relations avec l’UE avaient été « plus que cahoteuses » et « problématiques » depuis que la Grande-Bretagne a officiellement quitté l’Union. Lundi (8 février), le ministre du Cabinet Office, Michael Gove, a minimisé la perspective d’une demande de prolongation de la part de l’UE en la qualifiant d‘ »extrêmement improbable ». Pour sa part, l’exécutif de l’UE n’a pas encore fait savoir s’il allait demander une prolongation.

Après le Brexit, Londres demande à rejoindre le traité commercial transpacifique

Un mois après la mise en oeuvre effective du Brexit, le Royaume-Uni demande lundi son adhésion à l’accord commercial transpacifique, espérant bénéficier de la « forte croissance » des onze pays d’Asie et du continent américain qu’il regroupe.

Le nouveau pacte commercial est entré en vigueur le 1er janvier, une semaine seulement après avoir été finalisé par M. Frost et son homologue européen Michel Barnier. Mais la querelle concernant la décision de courte durée de la Commission européenne d’invoquer l’article 16 du protocole sur l’Irlande du Nord pour imposer des contrôles aux frontières sur les livraisons du vaccin COVID-19 au Royaume-Uni, combinée aux difficultés d’adaptation des entreprises au nouveau régime douanier, a laissé les relations entre Londres et Bruxelles nettement tendues.

La semaine dernière, la Commission européenne a imposé une interdiction indéfinie aux pêcheurs britanniques de vendre des coquillages, y compris des moules, des huîtres, des palourdes et des pétoncles sur le marché européen, une mesure que le ministre de l’environnement George Eustice a qualifiée d’« indéfendable ». Les deux parties sont également en désaccord depuis des semaines sur le statut diplomatique du personnel de l’ambassade de l’UE à Londres.

Lors de l’audition aux côtés de David Frost, Michael Gove a comparé les relations avec Bruxelles à un vol. « Nous savons tous que lorsqu’un avion décolle, il y a parfois des turbulences plus importantes », a déclaré M. Gove. « Mais finalement, vous atteignez alors une altitude de croisière et l’équipage vous dit d’enlever votre ceinture de sécurité et de savourer un gin tonic et quelques cacahuètes. Nous n’en sommes pas encore au stade du gin tonic et des cacahuètes, mais je suis sûr que nous y arriverons. »

M. Frost, qui représente désormais le Premier ministre au sein de Brexit, a ajouté qu’il considérait « la coopération amicale entre souverains égaux comme notre vision de l’avenir ».

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« Nous nous y étions préparés activement, et la continuité des activités financières est aujourd’hui heureusement assurée », a indiqué le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau lors de ses vœux à la place financière mardi (19 janvier).

 

(Édité par Magdalena Pistorius)

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