Macron donne un mois à Johnson pour trouver une alternative au backstop

Emmanuel Macron accueille Boris Johnson à l'Élysée le 22 août 2019. [EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le président français Emmanuel Macron a renvoyé la balle dans le camp de Boris Johnson lors de sa visite à l’Élysée, en lui demandant de présenter des propositions détaillées pour repenser le filet de sécurité. Et éviter que le Royaume-Uni sorte de l’UE sans accord.

Emmanuel Macron a offert à Boris Johnson la perspective d’un compromis afin d’éviter un Brexit sans accord, mais a averti qu’un accord devrait être conclu dans les 30 prochains jours.

« Personne ne va attendre jusqu’au 31 octobre pour trouver la solution », a déclaré le président français, le 22 août à l’occasion de leur rencontre.

Le Premier ministre britannique a pour sa part répété qu’il voulait éviter un scénario sans accord. « Bien entendu que je veux un accord. Et je pense que nous pouvons trouver un accord et un bon », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse conjointe.

Boris Johnson s’est rendu à Berlin et Paris ces dernières 48 heures, après avoir envoyé une lettre au président du Conseil européen Donald Tusk pour lui dire que le filet de sécurité allait devoir être supprimé.

Le filet de sécurité prévoit d’empêcher le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande en maintenant toute l’île dans l’union douanière si un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni n’est pas trouvé.

Certains craignent que le gouvernement britannique cherche à tirer sur la corde jusqu’aux derniers jours dans l’espoir de faire plier les négociateurs européens.

Emmanuel macron, conscient du fait que Boris Johnson va probablement vouloir rejeter la faute d’un Brexit sans accord sur le refus de l’UE de faire des compromis, a prévenu que « si rien de réaliste n’est présenté, cela signifie que le problème est plus profond, plus politique – qu’il s’agit en somme d’un problème politique britannique. »

Dans ce scénario, « ce sera au Premier ministre de faire un choix », a déclaré Emmanuel Macron.

Le président français a toutefois ajouté que tout nouvel accord de compromis serait fortement similaire à l’actuel accord de retrait, et que la marge de manœuvre sur le filet de sécurité était très limitée.

« Les éléments clés de cet accord, comme le backstop irlandais, ne sont pas simplement des contraintes techniques ou des arguties juridiques, mais bien des garanties indispensables à la préservation de la stabilité en Irlande et à l’intégrité du marché unique », a ajouté le président français. Même l’équipe de Boris Johnson est soulagée par le ton plus conciliant de Paris et Berlin, certains partisans d’un Brexit dur s’inquiètent de l’accent mis sur le filet de sécurité irlandais plutôt que sur la réouverture de l’ensemble de l’accord de retrait.

Brexit : Johnson réaffirme vouloir un accord mais sans «backstop»

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a écrit au président du Conseil européen Donald Tusk pour réaffirmer sa volonté de conclure un accord de sortie de l’UE et son opposition à la disposition controversée sur l’Irlande.

Le gouvernement britannique ainsi qu’un groupe de réflexion proche du parti conservateur ont mis en place des groupes de travail pour tenter de produire des stratégies afin de résoudre la question de la frontière.

Cela inclurait des « zones économiques avancées » couvrant l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, ainsi qu’un « fonds d’ajustement transitoire » financé par le Royaume-Uni pour soutenir les petites entreprises de chaque côté de la frontière, et un panel d’arbitrage indépendant.

Des responsables britanniques concèdent toutefois que les propositions ont eu peu de succès auprès de leurs homologues européens.

Tusk attend plus de précisions pendant le G7

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a réclamé plus de précision sur le plan alternatif pour un Brexit lors de sa réunion avec le Premier ministre Boris Johnson le 25 août en marge du G7 à Biarritz.

La réunion fait suite à la lettre de Johnson à Tusk, qui demandait à l’UE de remplacer le filet de sécurité par un « engagement » de mettre en place d’autres dispositions avant la fin de la période de transition.

Cependant, la lettre ne présente pas de plan spécifique qui permettrait d’éviter une frontière dure sur l’île après le Brexit. Par conséquent, Donald Tusk s’attend à ce que Boris Johnson fournisse plus de détails sur les « arrangements alternatifs », plutôt que des promesses, d’ici à la fin de la semaine.

Le président du Conseil européen, qui a répondu à M. Johnson en déclarant que rejeter le filet de sécurité revenait à soutenir le rétablissement de la frontière, « sera à l’écoute à Biarritz », selon une source de l’UE.

« Nous avons été très clairs et cohérents », a déclaré le représentant de l’UE au sujet de la position des institutions et des États membres quant au backstop irlandais comme partie indispensable de l’accord de retrait.

Boris Johnson suscite l’hostilité de l’UE sur le "backstop"

Le premier Ministre du Royaume-Uni s’est attiré les foudres du président du Conseil européen. Aux yeux de Donald Tusk, les alternatives au « backstop » proposées par Boris Johnson sont « irréalistes ».

L’UE se déclare ouverte à la négociation d’alternatives potentielles, pour autant qu’elles soient conformes à l’accord de retrait et à la déclaration politique sur les relations futures.

L’UE se prépare à un no-deal

Depuis qu’il est entré en fonction en juillet, Boris Johnson a répété à l’envi que le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne le 31 octobre, avec ou sans accord.

Étant donné que le gouvernement britannique envisage la possibilité d’un Brexit dur, « les États membres doit prendre l’option d’une sortie sans accord beaucoup plus sérieusement qu’avant », soulignent les responsables. Se préparer à un « no-deal » est une question de responsabilité, assurent-ils.

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