Maintien dans l’UE : le Danemark ne suivra pas la Grande-Bretagne

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Les Britanniques et les Danois, probablement les populations les plus eurosceptiques de l’UE, célèbrent tous deux les 40 ans de leur adhésion à l’Union en 2013. Alors que la Grande-Bretagne débat sur son maintien ou non dans l’UE, le ministre danois des affaires européennes déclare que son pays n’a pas l’intention de faire de même.

Nicolai Wammen, le ministre des affaires européennes, a déclaré que le Danemark souhaitait être le plus possible au cœur de l'Union européenne, car il estime que cette position serait dans les meilleurs intérêts du Danemark.

Alors que l'euroscepticisme est en hausse de l'autre côté de la Manche, M. Wammen précise que le Danemark n'est pas sur la même voie que la Grande-Bretagne.

« Nous n'avons pas l'intention d'aller dans la direction que le gouvernement britannique a prise pour la Grande-Bretagne », a-t-il déclaré à EURACTIV lors d'un entretien.

Le Danemark s'est actuellement désengagé de quatre politiques communes de l'UE : la sécurité et la défense ; la citoyenneté ; la liberté, la sécurité et la justice ; et l'union économique et monétaire. Le Royaume-Uni compte également quatre clauses d’exemption et s’engage au cas par cas dans la plupart des dossiers liés à la sécurité et la justice.

Selon M. Wammen, le gouvernement danois de centre-gauche souhaite une coopération rapprochée avec l'UE et un référendum sur les clauses d’exemption qui touchent à la justice et à la défense.

« Mais actuellement, l'agitation autour de l'UE est importante et ce n'est donc pas le bon moment pour organiser un référendum », a-t-il déclaré.

Coopération rapprochée avec Bruxelles

Au parlement, les députés danois sont généralement europhiles. Le gouvernement peine toutefois à mener à bien ses projets de rapprochement du cœur de l'UE, en raison de l'euroscepticisme grandissant au sein de l'opinion publique danoise. Tout référendum sur la question serait probablement négatif.

En conséquence, une intégration plus rapprochée semble actuellement improbable.

Le ministre social-démocrate a même reconnu qu'il est parfois difficile de poursuivre le débat sur l'Europe dans son pays. La crise financière et économique a détérioré l'opinion des Danois sur l'Europe et bon nombre d'entre eux tournent le dos à l'euro et à l'intégration européenne.

Selon une étude de TNS Gallup pour le journal Berlingske Tidende, le soutien en faveur du passage de la couronne danoise à l'euro est au plus bas depuis que le journal a commencé à mesurer l'attrait des Danois pour l'euro en 1996.

Seuls 22 % des personnes interrogées voteraient en faveur de l'adoption de l'euro lors d'un référendum.

Le nouveau mouton noir ?

Si la Grande-Bretagne quittait l'UE, le Danemark la remplacerait et occuperait la position de l'État membre le plus isolé.

M. Wammen a cependant indiqué qu'il n'envisageait pas la position de son pays de cette manière.

« Le Danemark est le pays, parmi les 10 qui n'utilisent pas l'euro, qui entretient les relations les plus étroites avec les pays membres de la zone euro. Cela signifie que nous sommes aussi proches du cœur que possible », a-t-il ajouté.

Il a précisé que le Danemark avait choisi de faire partie du « pacte pour l'euro plus », bien que cela n'était pas requis en tant que pays non membre de la zone euro. Il a souligné que le pays scandinave travaillait de manière constructive aux négociations sur l'union bancaire.

« Du point de vue du Danemark, nous avons donc montré que nous participons aux négociations et que nous travaillons étroitement avec les autres pays, tout en respectant nos clauses d’exemption », a affirmé M. Wammen.

Maintenir un lien fort avec la Grande-Bretagne

Le maintien de relations étroites avec la Grande-Bretagne constitue également une priorité pour le Danemark, car le Royaume-Uni est considéré comme un allié proche et un partenaire commercial.

Dans une large mesure, le Danemark a rejoint l'UE en raison de l'adhésion britannique. Même si le Royaume-Uni décidait finalement de quitter l'Union, Nicolai Wammen estime que les relations entre le Danemark et la Grande-Bretagne ne changeraient pas radicalement.

« Je ne m'attends pas à ce que la Grande-Bretagne quitte l'UE. Peu importent les relations entre la Grande-Bretagne et l'UE à l'issue d'un référendum, la Grande-Bretagne restera un allié. Nous resterons bons amis et nous continuerons à collaborer étroitement », a-t-il indiqué.

L'euro n'est pas en vue

L'adhésion à l'euro est une question plus sensible. Bien que la banque centrale danoise affirme que l'adoption de la monnaie unique serait dans les intérêts du Danemark et que le gouvernement exprime un point de vue « positif » sur l'euro, Copenhague ne changera probablement pas d'avis dans un avenir proche, a constaté M. Wammen. Dans tous les cas, le gouvernement n'a pas l'intention d'organiser un référendum sur la question.

« Les Danois ont décidé de se désengager et rien n'indique que la population a changé d'avis sur la question. Aucun référendum n'est à l'ordre du jour », a mis en évidence le ministre des affaires européennes.

La Lettonie a décidé de rejoindre la zone euro sans organiser de référendum. Cette décision est toutefois impossible au Danemark, a indiqué M. Wammen.

« En ce qui concerne d'autres États membres de l'UE, l'adoption de l'euro est finalement une condition à leur adhésion à l'UE. Ce sont deux situations différentes que vous ne pouvez pas comparer », a expliqué le ministre.

>> Pour lire l'entretien avec Nicolai Wammen, veuillez cliquer ici.

Le Danemark a obtenu quatre clauses d’exemption du traité de Maastricht à la suite du premier rejet du traité lors d'un référendum en 1992.

Ces clauses d’exemption sont reprises dans l'Accord d'Édimbourg et concernent l'union économique et monétaire (UEM), la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), la justice et les affaires intérieures (JAI) et la citoyenneté de l'Union européenne.

Grâce à ces exemptions, les Danois ont accepté le traité lors d'un second référendum en 1993. En 2000, ils ont rejeté un référendum sur l'adoption de l'euro.

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