Mariano Rajoy juge que l’Écosse joue sa place en UE

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Le premier ministre espagnol a déclaré que l'Écosse devrait déposer une demande d'adhésion pour entrer dans l'UE, si elle devenait indépendante.

Les velléités indépendantistes de l'Écosse pourraient lui fermer les portes de l'Union européenne, selon Mariano Rajoy. Lors d’une conférence de presse commune avec le président François Hollande, le premier ministre espagnol a déclaré que toute « région » qui ferait sécession se retrouverait ipso facto « hors de l'Union européenne ».

Cette région devra alors attendre l'accord des 28 États membres pour intégrer l'Union européenne a poursuivi Mariano Rajoy, à l’occasion du sommet franco-espagnol le 27 novembre.

Le gouvernement écossais cherche à négocier son entrée dans l'Union européenne, selon son livre blanc sur l'indépendance, publié le 26 novembre dernier. Un projet qui pourrait aboutir en 18 mois : entre le moment du vote en faveur de l'indépendance et la séparation officielle avec le Royaume-Uni.

« Nous avons détaillé le processus de négociation de l'Écosse pour devenir un État membre indépendant de l'Union européenne » rapporte le document.

Mariano Rajoy constate des similitudes entre l'Écosse et la Catalogne

Les propos de Mariano Rajoy sonnent comme une mise en garde à l’encontre de la région espagnole de Catalogne. Cette dernière veut aussi organiser un vote sur son indépendance. Mais le gouvernement espagnol a rejeté la possibilité d'un référendum en Catalogne, au nord-est du pays.

« Je respecte toutes les décisions prises par les Britanniques , mais j'ai la certitude qu'une région sécessionniste restera en dehors de l'Union européenne. Que ce soit bien clair pour les Écossais et le reste des citoyens européens » assène le président espagnol.

Mais le gouvernement catalan envisage d’annoncer une date pour le référendum et de dévoiler la question référendaire qui sera soumise aux Catalans, avant l'année prochaine.

La position du premier ministre espagnol sur la sécession régionale semble être en ligne avec celle de la Commission européenne.

Mariano Rajoy n'a pas indiqué s'il comptait bloquer l'entrée de l'Écosse, une fois indépendante, dans l'Union européenne.

La vice-première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, admet que le gouvernement écossais devra mener des discussions avec les autres États membres et les institutions européennes.

Ces négociations auront lieu une fois l'indépendance adoptée en septembre prochain et avant le jour J de l'indépendance en mars 2016, selon elle.

« Nous constatons que le premier ministre espagnol a admis ne pas avoir lu nos propositions. Mais M. Rajoy a affirmé par le passé qu'il considérait la situation de l'Écosse et celle de la Catalogne comme absolument et « totalement différentes ».

L'Écosse et le Royaume-Uni ont signé un accord le 15 octobre 2012 pour tenir un référendum sur l'indépendance écossaise en automne 2014.

L'Écosse est devenue une nation au sein du Royaume-Uni depuis l'Acte d'Union de 1707.  Le Parlement écossais actuel a été fondé en 1999 dans le cadre du processus de déconcentration du Royaume-Uni. Des assemblées régionales ont alors été créées en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord en vue d’accorder aux régions une plus grande autonomie. Le Parlement écossais est compétent et peut légiférer dans certains domaines politiques, tels que l'éducation et la santé.

Le Parti national écossais (SNP), à la tête du gouvernement décentralisé, milite pour l'indépendance. Le SNP veut faire en sorte que l'Écosse se fasse entendre en Europe et ailleurs. Objectif : représenter convenablement ses intérêts sociaux, politiques et économiques.

Les ministres écossais regrettent qu’ils soient souvent mis à l’écart par Londres sur les questions qui les touchent directement.

  • 18 sept. 2014 : référendum sur l'indépendance de l'Écosse

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