May cherche de nouvelles idées pour débloquer le Brexit

La Première ministre britannique, Theresa May, prévoit de retourner à Bruxelles « armée de nouvelles idées » pour renégocier l’accord du Brexit. Et surtout faciliter sa ratification au parlement britannique. Un article d’Euroefe.

« Quand je retournerai à Bruxelles, je me battrai pour la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, je serai armée d’un nouveau mandat, d’idées nouvelles et d’une détermination renouvelée pour convenir d’une solution pragmatique qui mette en œuvre le Brexit », a déclaré Theresa May dans un article publié dimanche dans le quotidien The Telegraph.

La Première ministre pourrait se rendre à Bruxelles cette semaine, selon les dires de certains médias britanniques, même si pour le moment aucune date précise n’a été fixée pour cette visite. Les dirigeants continuent par ailleurs d’insister sur le fait qu’ils ne sont pas prêts à modifier l’accord conclu en novembre.

La Chambre des communes a adopté la semaine dernière un amendement appelant l’exécutif à substituer le filet de sécurité controversé permettant d’éviter une frontière en Irlande du Nord par des « dispositions alternatives ». Theresa May a toutefois souligné que le remplacement total de ce mécanisme n’était qu’une « option » parmi d’autres envisagées.

Les députés britanniques réclament de nouvelles négociations sur le Brexit

Dans un ultime soubresaut de la crise du Brexit, Theresa May va tenter de rouvrir les négociations avec les dirigeants européens sur le filet de sécurité irlandais tant controversé. L’UE a pourtant indiqué que ce ne serait pas possible.

La cheffe de gouvernement pense qu’une « limitation dans le temps » de cette clause et « un mécanisme de sortie unilatérale » pour le Royaume-Uni peuvent l’aider à obtenir l’assentiment du parlement britannique pour l’accord lors du second vote.

La crainte de voir arriver la date limite du 29 mars sans que les députés aient ratifié un accord de sortie a poussé plusieurs entreprises et organismes a préparé des plans de contingence face à un possible Brexit non négocié.

Le quotidien Sunday Times a révélé que le gouvernement avait récupéré d’anciennes lignes directrices élaborées durant la Guerre froide pour évacuer la famille royale de Londres si une rupture abrupte avec l’UE provoquait des troubles dans la capitale.

L’incertitude entourant le Brexit a aussi poussé le constructeur japonais à abandonner son projet de produire le modèle « crossover X-Trail » dans son usine de Sunderland (nord-est de l’Angleterre), sa principale implantation européenne. Il sera produit à Kyushu, au Japon.

Nissan avait pris la décision de construire le véhicule à Sunderland en octobre 2016, peu après le référendum sur le Brexit. L’exécutif britannique avait assuré à cette époque dans une lettre signée que les conditions de production ne changeraient pas après le divorce avec l’UE.

« Nous avons pris cette décision pour des raisons économiques, mais l’incertitude persistante autour des futures relations du Royaume-Uni avec l’UE n’aide pas des entreprises comme la nôtre à planifier l’avenir », a justifié Gianluca de Ficchy, le président de Nissan Europe.

L’usine de Sunderland – ville ayant voté à 61 % pour le Brexit en 2016 – emploie environ 7 000 personnes et sort 500 000 véhicules par an, pour plus de moitié exportés vers l’UE, sans droits de douane, ce qui pourrait changer si le Royaume-Uni rompt avec les 27 sans accord.

Les Britanniques autorisés à voyager sans visa

Les ambassadeurs des États membres de l’UE ont décidé qu’après le Brexit, les citoyens britanniques seraient autorisés à voyager dans l’espace Schengen sans visa. Et ce, pour de courtes durées, de 90 jours à 180 jours dans certains cas.

Ainsi, la présidence du Conseil de l’UE, présidée ce semestre par la Roumanie, pourra commencer les négociations avec le Parlement européen pour approuver de manière définitive la législation.

Selon les normes de l’Union européenne, l’exemption de visa est accordée à condition que l’autre État la garantisse aussi. Le gouvernement du Royaume-Uni a déjà indiqué qu’il n’exigerait pas de visa aux citoyens européens qui voyagent en territoire britannique pour de courts séjours, a signalé le Conseil dans un communiqué.

L’institution a ajouté que si Londres décidait de réclamer à l’avenir un visa aux citoyens d’un seul État membre de l’UE, la Commission européenne, le Conseil, le Parlement européen et les pays agiront avec rapidité pour exiger le même document aux Britanniques.

La Commission européenne a présenté ce projet de loi le 13 novembre dernier.

Principaux points du projet d'accord de Brexit

Décryptage des 585 pages, 185 articles, trois protocoles et plusieurs annexes du projet d’accord sur le Brexit dévoilé le 14 novembre au soir par l’UE et le Royaume-Uni.

 

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