May confiante sur un accord de Brexit

Theresa May et Jean-Claude Juncker avant leur réunion à la Commission européenne le 4 décembre. [@EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Le gouvernement britannique et l’Union européenne n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les modalités de la sortie du Royaume-Uni, en raison notamment d’un désaccord sur l’avenir relations entre Dublin et l’Irlande du Nord.

Theresa May et Jean-Claude Juncker semblaient pourtant entrevoir une issue favorable sur cette question, avant que les unionistes nord-irlandais fassent connaître leur opposition à la proposition britannique. Les deux dirigeants ont toutefois fait part de leur espoir de voir un accord aboutir avant le sommet européen des 14 et 15 décembre.

« Nous nous reverrons avant la fin de la semaine et je suis aussi confiante que nous pourrons conclure cela de manière positive », a dit la Première ministre britannique, Theresa May, à l’issue d’un déjeuner avec le président de la Commission européenne et le chef des négociateurs communautaires, Michel Barnier.

Le Royaume-Uni est « très confiant » sur la possibilité de conclure un accord avec l’Union européenne concernant les principales modalités de leur divorce, malgré l’échec de discussions la veille, a déclaré mardi à Bruxelles le ministre britannique des Finances, Philip Hammond.

« Nous sommes très proches mais nous n’y sommes pas encore », a-t-il dit au lendemain d’un blocage de dernière minute qui a empêché la finalisation de cet accord d’étape lundi. « Nous sommes très confiants sur le fait que nous serons en mesure de faire avancer cela », a-t-il ajouté.

Le 4 décembre, l’UE et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus à boucler un accord sur les modalités de leur divorce, butant sur le dossier de l’avenir de la frontière irlandaise après le Brexit. Cette question est l’une des trois priorités de cette première phase des négociations du Brexit, avec le règlement financier de la séparation et le sort des droits des citoyens expatriés.

Les Européens exigent des « progrès suffisants » sur ces trois fronts pour accepter d’ouvrir une seconde phase, incluant les négociations commerciales réclamées avec insistance par Londres.

La Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker étaient sur le point de boucler un accord lundi après-midi, mais leurs discussions ont échoué à la dernière minute.

La Première ministre, qui semblait avoir donné à l’Irlande et à l’UE les garanties demandées pour empêcher le retour d’une frontière physique avec l’Irlande du Nord, a ensuite reculé selon Dublin en raison de la réaction hostile du parti unioniste nord-irlandais DUP, allié de son gouvernement minoritaire.

« Comme l’a dit la Première ministre hier, nous devons avoir des consultations et des discussions supplémentaires », a indiqué mardi Philip Hammond, indiquant que Theresa May reviendrait à Bruxelles « plus tard dans la semaine ».

« Les discussions continuent en ce moment même et continueront durant la journée », a ajouté le ministre, arrivé à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues européens.

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Échec

Jean-Claude Juncker s’est refusé à qualifier d’échec la rencontre qui s’est déroulée après d’intenses négociations en coulisse et, soucieux de ménager son interlocutrice qui a accepté nombre des termes du divorce demandés par l’UE, il a salué sa combativité.

« Nous avons eu une rencontre franchement constructive », a déclaré le chef de l’exécutif européen. Theresa May « est une âpre négociatrice […]. Elle défend le point de vue de la Grande-Bretagne avec toute l’énergie que nous lui connaissons », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse avec la chef du gouvernement britannique.

Des sources gouvernementales irlandaises avaient auparavant dit que Londres avait accepté de maintenir un « alignement réglementaire » de l’Irlande du Nord avec l’UE après le Brexit ; en mars 2019.

La livre s’est appréciée avec l’espoir d’une avancée rapide des négociations mais ces propos suscité la colère du Parti unioniste démocratique (DUP), formation nord-irlandaise dont Theresa May a besoin des dix élus pour disposer de la majorité absolue à la Chambre des communes, qui exige que l’Irlande du Nord soit traitée sur le même pied que le reste du Royaume-Uni dans les futures relations avec l’UE.

Donald Tusk a rencontré Theresa May après l’échange entre cette dernière et de Jean-Claude Juncker.

Le président du Conseil a annulé le voyage qu’il devait faire en Israël et dans les territoires palestiniens cette semaine, au vu de l’avancée des négociations sur le Brexit. Des responsables européens ont dit qu’il s’apprêtait à appeler les dirigeants de l’UE afin d’obtenir leur accord pour lancer les négociations commerciales. Une réunion des négociateurs des Etats-membres pour le Brexit a par ailleurs été convoquée en urgence à Bruxelles, ce lundi.

Surprise et déception à Dublin

De leur côté, la chef du gouvernement autonome écossais, Nicola Sturgeon, et le maire de Londres, Sadiq Khan, ont tous deux estimé que l’Écosse et la capitale britannique pouvaient elles aussi prétendre à un tel « alignement réglementaire ». Le chef de l’exécutif gallois, Carwyn Jones, a lui aussi réclamé un tel aménagement.

« En dépit de tous nos efforts et des progrès importants que nous avons, avec nos équipes, réalisés ces derniers jours sur les questions en suspens, il n’a pas été possible de parvenir à un accord complet », a regretté Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar qui s’était s’est entretenu avec Jean-Claude Juncker et Donald Tusk après la rencontre infructueuse du 4 décembre, s’est dit « surpris et déçu » que Londres n’ait pas capable de conclure un accord sur la frontière avec l’Irlande du nord dont Dublin pensait qu’il était acquis.

« Un accord a été conclu sur toutes les questions relatives à l’Irlande », avait déclaré l’une des sources gouvernementales irlandaises. « La phrase clé est un engagement clair à maintenir un alignement réglementaire en relation avec les règles de l’union douanière et du marché intérieur qui sont requises pour soutenir l’accord du Vendredi-Saint, l’économie de l’ensemble de l’île, et la frontière. »

La frontière avec l’Irlande du Nord, quasi-invisible, ne devrait pas voir son apparence physique modifiée après le Brexit avait déclaré le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney. Les craintes que le retour d’une « frontière dure » ne remette en cause les des accords de paix entre nationalistes catholiques et unionistes protestants a poussé les deux parties au compromis.

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La chef du gouvernement britannique pourrait retourner dès mercredi à Bruxelles, indique une source gouvernementale à Londres. Des sources gouvernementales irlandaises ont annoncé lundi qu’un compromis avait été trouvé entre l’Irlande et le Royaume-Uni sur la question de la frontière irlando-britannique.

Cela a fait naître l’espoir qu’un accord serait annoncé concernant la première phase des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à l’issue d’un déjeuner à Bruxelles entre Theresa May, Jean-Claude Juncker et Michel Barnier. Mais le compromis entre Londres et Dublin a été rejeté par le DUP, dont Theresa May a besoin des dix élus pour disposer de la majorité absolue à la Chambre des communes.

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