May espère encore un « bon accord » avec l’UE sur le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May croit toujours en la possibilité de négocier un « bon accord » avec les Européens sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, a déclaré lundi son porte-parole. Un article de notre partenaire La Tribune.

« Nous continuons de penser qu’un accord est l’issue la plus probable, parce que parvenir à un bon accord n’est pas seulement dans l’intérêt du Royaume-Uni, c’est aussi dans l’intérêt de l’UE et de ses 27 membres », a déclaré le porte-parole de Theresa May.

Il a ajouté que le ministre britannique du Commerce Liam Fox avait eu raison d’insister dans une interview publiée ce week-end sur les risques d’un Brexit sans accord.

Un Brexit sans accord ?

Le ministre britannique du Commerce international, Liam Fox, a estimé dimanche que l’hypothèse d’un Brexit sans accord entre Londres et Bruxelles était désormais la plus probable, blâmant « l’intransigeance » de la Commission européenne dans les négociations.

Interrogé sur la probabilité de voir le Royaume-Uni sortir de l’UE sans être parvenu à un accord, Liam Fox l’a évaluée à « 60/40 », bien que les discussions entre les deux parties doivent se poursuivre jusqu’au sommet européen d’octobre qui doit sceller l’organisation du divorce, programmé pour le 29 mars 2019.

« Je pense que l’intransigeance de la Commission européenne nous pousse vers une sortie sans accord », a affirmé le ministre pro-Brexit dans un entretien au Sunday Times. Il reproche à Bruxelles de se retrancher derrière des « obsessions théologiques » plutôt que de soucier du « bien-être économique des Européens ». « Ainsi, il ne peut y avoir qu’une seule issue », a-t-il jugé.

Il a accusé le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, d’avoir retoqué la proposition de sortie britannique – le plan de Chequers – seulement parce qu’elle reposait des solutions qui n’ont « jamais été mises en place auparavant ».

« Si les Européens n’aiment pas la proposition que nous avons mise sur la table, alors il leur revient d’en formuler une que nous pourrions accepter », a-t-il ajouté.

Le problème de la frontière irlandaise

Présenté en juillet, le plan de Chequers prévoit la création d’une zone de libre-échange pour les biens et produits agricoles entre le Royaume-Uni et l’UE, et un maintien initial de l’alignement réglementaire de Londres sur Bruxelles dans ces domaines. Une disposition majeure du plan, visant à résoudre la question de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, a été rejetée par Michel Barnier.

Plusieurs membres du gouvernement britannique ont rencontré cette semaine des dirigeants européens pour tenter de les convaincre d’accepter leur proposition.

Le plan de Chequers, qui avait provoqué la démission de deux poids lourds du gouvernement britannique, en désaccord sur la ligne, fait toujours l’objet de critiques au Royaume-Uni, jusque dans les rangs de la majorité.

Ce scénario « nous laissera à moitié hors et à moitié dans l’UE, encore liés aux règlementations et aux contraintes européennes – le pire des deux mondes », a déploré samedi sur le site du Telegraph l’ancienne secrétaire d’État au développement, la conservatrice Priti Patel.

D’« une absence d’accord à un mauvais accord »

Le porte-parole de la Premier ministre a réitéré que la Première ministre préférait, ainsi qu’elle le dit depuis le départ, une absence d’accord à un mauvais accord. Le gouvernement, a-t-il ajouté, doit se préparer à toutes les éventualités.

La date officielle du Brexit a été fixée au 29 mars prochain, dans moins de huit mois désormais, et les Britanniques doutent de plus en plus de la capacité de leur dirigeante conservatrice à conclure un accord avec les Européens.

Un sondage ORB International publié lundi montre que 60 % des 2 000 personnes interrogées n’ont pas confiance en May (+ 4 points en un mois). Ils ne sont plus que 22 % à estimer au contraire qu’elle obtiendra un bon accord (ils étaient 55 % de cet avis au premier semestre 2017).

Theresa May, qui a enregistré cet été les démissions de ses ministres du Brexit, David Davis, et des Affaires étrangères, Boris Johnson, a publié mi-juillet un « livre blanc » présentant les propositions de Londres sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE.

Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens, a estimé que ce document contenait des éléments constructifs mais que de nombreuses questions restaient sans réponse.

Theresa May a eu un entretien suivi d’un dîner privé vendredi avec Emmanuel Macron au Fort de Brégançon. Les deux dirigeants n’ont fait aucune déclaration à la presse mais l’Elysée avait souligné avant leur réunion qu’il n’était nullement question pour la France de se substituer aux équipes de Barnier.

Le chef du Foreign Office britannique, Jeremy Hunt, reçu la semaine dernière dans des capitales européennes, dont Paris, a exhorté la France et l’Allemagne à s’impliquer afin de convaincre les négociateurs européens de trouver une issue positive aux négociations sur le Brexit.

L’Europe souffrira si « le Brexit se termine mal », a-t-il prévenu.

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