May prête à bafouer les droits de l’Homme pour lutter contre le terrorisme

La Première ministre britannique, Theresa May [EPA/WILL OLIVER]

La Première ministre britannique, Theresa May, s’est dite prête à modifier les lois protégeant les droits de l’Homme si nécessaire pour combattre le terrorisme. Un article d’Euroefe.

Theresa May soutient qu’il faut agir davantage pour « restreindre la liberté et les mouvements des terroristes suspectés lorsqu’il existe des preuves suffisantes qu’ils représentent une menace ».

« Si nos lois sur les droits de l’Homme ne l’empêchent pas, nous les changerons pour pouvoir faire cela. Si je suis élue jeudi, ce travail commencera vendredi », a-t-elle indiqué.

Après l’attentat terroriste qui a fait huit morts et 48 blessés à Londres samedi – le troisième subi par le Royaume-Uni en moins de trois mois – la chef du gouvernement a déclaré que la police et les agences de renseignement devraient avoir les « pouvoirs nécessaires » pour combattre une menace de plus en plus complexe.

Pour cela, elle propose de restreindre les mouvements des présumés terroristes même quand « il n’y a pas de preuves suffisantes pour présenter une accusation totale devant un tribunal ».

Theresa May plaide donc pour des condamnations plus longues pour les coupables de crimes liés au terrorisme et souhaite faire en sorte qu’il soit plus facile pour les autorités de renvoyer les présumés terroristes étrangers dans leur pays d’origine.

Deux semaines avant l’attentat du samedi 3 juin, durant lequel trois terroristes ont foncé sur la foule avec une camionnette et poignardé des passants près du London Bridge, un kamikaze avait tué 22 personnes après un concert d’Ariana Grande à Manchester (nord de l’Angleterre).

Le 22 mars, un autre terroriste a renversé des badauds sur le pont de Westminster et poignardé un policier, faisant un total de cinq morts.

Selon le programme électoral de Theresa May, le parti conservateur ne compte pas abandonner la Convention européenne des droits de l’Homme lors du processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE, mais envisage, une fois le Brexit conclu, de créer un cadre légal spécifique pour les droits de l’Homme.

Brexit et sécurité

À deux jours des élections, qui s’annoncent très serrées, le Brexit et la sécurité sont toujours les enjeux-clé de la campagne britannique.

La dirigeante conservatrice au pouvoir, Theresa May, estime qu’elle est la plus à même de diriger les négociations avec Bruxelles pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE alors que le travailliste Jeremy Corbyn promet de gouverner « pour la majorité, et pas seulement pour une minorité » s’il est élu le 8 juin.

Les politiques ont intensifié leur campagne après la publication d’un sondage qui, pour la première fois plaçait les deux partis au coude à coude dans les intentions de vote, faisant ainsi table rase des 20 points de pourcentage supplémentaire dont jouissait Theresa May lorsqu’elle a convoqué les élections anticipées le 18 avril dernier.

Ce sondage, réalisé par ITV donne aux conservateurs un soutien de 41,5 % et aux travaillistes 40,4 % des intentions de vote. En troisième position arrivent les libéraux démocrates avec 6 %, puis le parti populiste UKIP, avec 3 %.

Néanmoins, une moyenne des derniers sondages réalisée par l’agence de presse britannique PA concède aux conservateurs 44 % des intentions de vote, 37 % pour les travaillistes, 8 % pour les libéraux et 4 % pour les eurosceptiques.

Dans ce climat d’incertitude, Theresa May a averti que, si son parti perdait la majorité, le pays serait gouverné par un gouvernement dirigé par Jeremy Corbyn et l’indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon.

« Donnez-moi votre soutien pour diriger le Royaume-Uni, donnez-moi l’autorité pour parler en votre nom, renforcez mon mandat pour défendre notre pays, donnez-moi votre soutien et je réussirai », a-t-elle affirmé.

De son côté, Jeremy Corbyn se trouvait à Birmingham pour un meeting durant lequel il a déclaré : « alors que les conservateurs promettent cinq années de plus d’un pays gouverné par les super-riches et de coupes budgétaires pour tous les autres, le parti travailliste transformera le Royaume-Uni grâce à des investissements dans les infrastructures et en reconstruisant la santé et les services publics. »

Négociations du Brexit

Theresa May et son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, ont remis en cause la capacité de Jeremy Corbyn à mener la lutte antiterroriste d’une part et les négociations imminentes avec Bruxelles d’autre part.

« Une équipe de négociation du parti travailliste arriverait à Bruxelles telle une famille d’herbivores dans une arène de lions. Elle se ferait dévorer pour le petit-déjeuner », a affirmé le chef de la diplomatie britannique, leader de la campagne en faveur du Brexit.

Boris Johnson a par ailleurs signalé que durant ses trente années au parlement, Jeremy Corbyn s’était associé aux nombreux ennemis du peuple britannique, comme les républicains irlandais ou le mouvement palestinien Hamas.

L’actuel maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, a quant à lui accusé les conservateurs d’avoir ébranlé la sécurité nationale en réduisant de 690 millions d’euros le budget de la police, ce qui a conduit à la suppression de 20 000 postes d’agents dans les rues depuis 2010.

Ce à quoi Boris Johnson a répondu que le gouvernement conservateur avait simplement « réorganisé » les ressources policières pour accroître leur efficacité.

Parallèlement, le porte-parole du Brexit pour le parti libéral démocrate, Nick Clegg, qui espère augmenter le nombre de sièges détenus par son parti au parlement, actuellement au nombre de neuf, a accusé les conservateurs et les travaillistes de ne pas avoir suffisamment parlé des détails du Brexit durant la campagne. Il présente sa formation comme la représentante des opposants au Brexit.

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