May prête à demander un report du Brexit

Le Royaume-Uni demandera officiellement un report du Brexit après que la Chambre des communes a approuvé à une écrasante majorité une prolongation. Le gouvernement de Theresa May peut désormais abandonner son projet de quitter l’UE le 29 mars.

Les députés ont voté par 412 voix pour et 202 contre la prolongation de l’article 50 lors du troisième jour consécutif de votes à Westminster.

Reste toutefois à savoir quelle sera la durée de la prolongation demandée puisque la Première ministre a l’intention de soumettre à un troisième vote l’accord de retrait rejeté à deux reprises.

La motion adoptée par les députés britanniques stipule que si le plan du Brexit est adopté d’ici le 20 mars, le Royaume-Uni demandera une « extension technique » jusqu’au 30 juin. Si ce n’est pas le cas, ils estiment que la prolongation serait probablement beaucoup plus longue, peut-être jusqu’à deux ans. Le Royaume-Uni devrait donc prendre part aux élections européennes de mai.

Cette demande devrait être examinée lors du sommet du Conseil européen de la semaine prochaine.

Suspens sur la participation des Britanniques aux élections européennes

La Première ministre britannique Theresa May a prévenu les députés qu’un report du Brexit pourrait impliquer que le pays participe aux élections européennes du mois de mai.

Le vote a une nouvelle fois révélé les profondes divisions au sein du parti conservateur au pouvoir. Seuls 112 députés conservateurs, dont Theresa May et la plupart de ses ministres, ont voté en faveur d’une prolongation, tandis que Stephen Barclay, secrétaire du Brexit, faisait partie des huit ministres du Cabinet qui ont voté contre un report.

Dans le même temps, des députés ont tenté de prendre le contrôle des négociations sur le Brexit au détriment du gouvernement May, mais leur motion a été rejetée de justesse par 314 voix contre 312.

Theresa May a signalé plus tôt qu’elle soumettrait à nouveau son accord du Brexit à un troisième vote mardi prochain. Mardi, les législateurs ont désavoué l’accord de retrait et la déclaration politique conclus par Theresa May et les dirigeants européens en novembre à une large majorité de 149 voix.

L’UE a commenté le vote de manière réservée, un porte-parole de la Commission déclarant seulement que « nous prenons note du résultat de ce soir ».

Bien que la plupart des États membres soient disposés à accorder une prolongation, de nombreux diplomates affirment qu’ils ne la soutiendront que si le Royaume-Uni modifie sa stratégie de négociation ou organise une élection générale ou un nouveau référendum.

Depuis Budapest, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a refusé de commenter la demande de report, notant que c’était « aux États membres de décider ».

« Si le Royaume-Uni veut toujours partir et veut le faire d’une manière ordonnée, cet accord est la seule option disponible  », a-t-il dit, tout en rejetant les affirmations de certains Brexiteers selon lesquelles l’UE aurait fait preuve de mauvaise foi lors des négociations de l’article 50.

« Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura jamais d’esprit d’agressivité ; il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura jamais d’intention de vengeance ; il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura jamais d’intention de sanctionner », a tenu à préciser Michel Barnier.

« Je resterai patient, calme et respectueux envers le Royaume-Uni, son peuple et ce processus législatif et parlementaire », a-t-il ajouté.

Les députés britanniques commencent lentement à réduire les différentes options du Brexit, après avoir exclu la perspective d’un Brexit sans accord mercredi 13 mars.

Un amendement réclamant un second référendum a été lourdement rejeté après que le parti travailliste de l’opposition a demandé à ses députés de s’abstenir. Pourtant, et de façon tout à fait déroutante, le chef de file du parti, Jeremy Corbyn, a ensuite déclaré aux députés que son parti n’avait pas abandonné la perspective d’un autre plébiscite.

« Je réitère également notre soutien en faveur d’un vote public, non pas pour marquer des points politiques, mais comme une option réaliste pour sortir de l’impasse », a-t-il soutenu.

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