Theresa May déclenchera le Brexit le 29 mars

Michel Barnier représentera la Commission européenne dans les négociations de Brexit. [Matt Tempest/Flickr]

La Première ministre britannique déclenchera officiellement l’article 50 le 29 mars,  selon des sources européennes. L’information a été confirmée par le porte-parole de la Première ministre.

En vertu de l’article 50 du traité européen de Lisbonne, la notification officielle de la volonté de Londres de quitter l’UE déclenchera un compte à rebours de deux ans pour trouver un accord sur ce Brexit.

D’ici la fin de la semaine prochaine, dans les 48 heures suivant la réception de la lettre de Theresa May, le président du Conseil européen Donald Tusk devrait distribuer aux gouvernements des 27 pays membres restants un document exposant les grandes lignes directrices des négociations.

Donald Tusk convoquera également les 27 dirigeants des pays membres pour un sommet, probablement début mai, destiné à entériner ces lignes directrices, comme il l’a annoncé sur Twitter.

Une fois celles-ci validées, et donnant ainsi mandat à la Commission européenne pour conduire les négociations. Le négociateur européen chargé du Brexit, le Français Michel Barnier, devrait pouvoir entamer courant mai les discussions avec son homologue britannique, David Davis.

La livre sterling s’est repliée quelque peu face au dollar à la suite des déclarations de David Davis parlant d’une étape qui placera la Grande-Bretagne « au seuil des négociations les plus importantes pour le pays depuis une génération ».

« Le gouvernement affiche clairement ses objectifs : un accord qui marche pour chaque nation et région du Royaume-Uni, et de fait pour l’ensemble de l’Europe – un nouveau partenariat positif entre le Royaume-Uni et nos amis et alliés de l’Union européenne », a-t-il ajouté.

Les Écossais appelés à faire un choix «informé» sur l’indépendance

Le 13 mars, la Première ministre écossaise a annoncé un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse. Euractiv a interrogé le ministre écossais au Brexit à Bruxelles sur la possibilité pour l’Écosse de rester dans l’UE.

Theresa May espère négocier des conditions qui permettront de maintenir des relations économiques et politiques les plus étroites possibles avec les pays membres de l’UE après le Brexit, tout en correspondant aux attentes des eurosceptiques du Parti conservateur : ceux-ci réclament une rupture claire et nette avec une UE qui, selon eux, a confisqué la souveraineté de la Grande-Bretagne.

Tout en négociant avec les Vingt-Sept, Theresa May devra faire face à la menace d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse, et apaiser dans le même temps les craintes de l’Irlande du Nord d’avoir de nouveau une véritable frontière avec la République d’Irlande.

L'Irlande, victime collatérale du Brexit

La République aurait fort à pâtir de la mise en place d’une frontière physique avec l’Ulster, sa sœur du nord. Déjà, la chute de la livre sterling fait souffrir son économie. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Prochaines étapes

  • 23 juin 2016 : 17,4 millions (soit 52%) de Britanniques ont voté pour la sortie de l’UE, 43 ans après l’entrée du pays dans l’union. En Angleterre et au pays de Galles, le Brexit est en tête, mais ce n’est pas le cas en Écosse et en Irlande du Nord. Un choc dont la livre sterling peine à se remettre : depuis, elle a perdu entre 15 et 16% de sa valeur face à l’euro et au dollar.
  • 24 juin 2016 : Le Premier ministre, David Cameron, qui avait promis l’organisation du référendum, mais avait fait campagne pour l’UE, démissionne. Les grands ténors eurosceptiques se désistent cependant à sa succession, qui sera assurée par Theresa May, ministre de l’Intérieur depuis six ans.
  • 13 juillet 2016 : Theresa May devient Première ministre et nomme trois fervents défenseurs du Brexit à des postes clés : Boris Johnson aux affaires étrangères, Liam Fox au commerce international et David Davis en tant que ministre du Brexit.
  • 2 octobre 2016 : Theresa May annonce qu’elle activera l’article 50 du traité de Lisbonne d’ici fin mars 2017. Après cela, l’UE et Londres auront deux ans pour négocier leur divorce.
  • 3 novembre 2016 : La Haute Cour de justice de Londres décide que le parlement devra donner son accord pour l’ouverture du processus de Brexit. Theresa May fait appel, mais la décision sera confirmée le 24 janvier 2017.
  • 17 janvier 2017 : Theresa May annonce sa stratégie de Brexit lors d’un discours très attendu. Elle se déclare prête à tourner le dos au marché unique (Brexit « dur ») pour pouvoir réduire le nombre de travailleurs européens au Royaume-Uni.
  • 27 janvier 2017 : Theresa May est la première dirigeante étrangère à rendre visite au nouveau président américain, Donald Trump. Celui-ci félicite Londres du Brexit et l’assure de son amitié.
  • 13 mars 2017 : Le Parlement britannique donne son feu vert au projet de loi permettant à la Première ministre de déclencher l’article 50. La Chambre des Lords a tenté de garantir les droits des Européens résidant dans le pays et de rendre obligatoire un vote parlementaire sur l’accord final de Brexit, mais ces mesures ont été supprimées par la Chambre des Communes.
  • (13 mars 2017) Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise, anonce vouloir réorganiser un  référendum sur l’indépendance de l’Écosse, afin de donner à la région la possibilité de rester dans l’UE. Une option rejetée par Theresa May.
  • 20 mars 2017 : Le gouvernement annonce que l’activation de l’article 50 aurait lieu le 29 mars. « Nous sommes prêts à commencer les négociations », a déclaré David Davis.

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