Le Brexit, une perte de 5,5% de PIB pour le Royaume-Uni

EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA [EPA-EFE/WILL OLIVER / POOL]

Avec l’accord de Brexit, l’économie britannique devrait se contracter d’entre 1,9 et 5,5 % du PIB par habitant d’ici 2030 selon une étude.

Une étude publiée par le groupe de réflexion Changing Europe estime que le PIB par habitant du Royaume-Uni sera jusqu’à 5,5 % moins élevé hors UE que dans l’UE d’ici 2030. Le coût pesant sur les finances publiques pourrait quant à lui atteindre 1,8 % du PIB, estime également les chercheurs de la London School of Economics, du King’s College et de l’Institute for Fiscal Studies.

Selon l’accord de retrait, signé par Theresa May et les 27 après 18 mois de négociations difficiles, le Royaume-Uni, à l’exception de l’Irlande du Nord, quitterait le marché unique européen, mais resterait dans l’union douanière le temps de négocier de nouveaux accords politiques et commerciaux.

L’accord du Brexit suscite la tristesse chez les 27

Les dirigeants européens ont signé un accord historique pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Si l’accord est « le meilleur possible », il s’agit néanmoins d’une « tragédie », selon Jean-Claude Juncker.

La panne économique britannique proviendrait principalement d’une réduction de l’immigration et de nouveaux coûts de transaction, selon l’étude. L’accord devrait également se révéler néfaste pour la République d’Irlande, qui perdrait 1,7 % du PIB par habitant, et pour l’UE à 27, qui en perdrait 0,7 % d’ici 2030.

Toutefois, les auteurs de l’étude préviennent que l’alternative d’un Brexit « sans accord » entraînerait des pertes encore plus élevées, comprises entre 3,5% et 8,7% du PIB.

La menace de ce scénario est l’un des atouts de Theresa May, qui va devoir convaincre un parlement britannique sceptique et divisé de soutenir l’accord de retrait et la déclaration politique.

« Le PIB n’est pas tout et des décisions comme celles du Brexit impliquent un certain nombre de compromis », font remarquer Anand Menon et Jonathan Portes, auteurs du rapport. « Nous pensons qu’il est important que le parlement et le pays tout entier fassent leurs choix sur la base des meilleures preuves disponibles. »

« Les principaux partisans du Brexit ont largement réclamé le beurre et l’argent du beurre et n’ont donc jamais voulu discuter du prix à payer pour quitter l’UE », soulignent-ils.

Le gouvernement britannique et la Banque d’Angleterre publieront leurs propres évaluations de l’impact économique de l’accord Brexit négocié par la Première ministre le 28 novembre, a confirmé un porte-parole de Theresa May.

Une étude publiée le 26 novembre par le National Institute of Economic and Social Research estime que l’accord de Brexit coûtera au pays 115 milliards d’euros de plus par an que s’il était resté dans l’UE.

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