Entre Bruxelles et Londres, les divergences se confirment

Theresa May affiche un peu plus clairement sa position de négociation.

Theresa May veut un accord commercial poussé peu compatible avec la conception du marché unique des Européens.

Lors d’un discours le 2 mars, Theresa May a enfin fait un peu de lumière sur sa position sur les négociations du Brexit avec l’UE. Elle exclut la possibilité de fonder les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni sur un modèle existant, mais souhaite la signature de l’accord de libre-échange le plus ambitieux au monde.

La Première ministre a toutefois admis que « les gens doivent accepter certains faits douloureux » et que « la vie [allait] changer » après le Brexit.

« L’accès des Britanniques au marché européen, et vice-versa, sera moins important qu’il ne l’est actuellement. Comment la structure européenne de droits et obligations pourrait-elle être maintenue si le Royaume-Uni – ou tout autre pays – était autorisé à bénéficier de tous ces droits sans souscrire à aucune obligation ? », a-t-elle fait remarquer à ses compatriotes.

Estimant qu’« aucune des parties ne peut obtenir exactement ce que nous voulons », elle a ajouté que Londres n’accepterait pas un accord qui lui offrirait « les droits du Canada avec les obligations de la Norvège ».

Le Royaume-Uni demandera par ailleurs une adhésion à titre de membre associé à une série d’agences de l’UE, notamment dans les domaines de l’aviation, des médicaments et des produits chimiques, en échange d’une « contribution financière appropriée ».

L’adhésion à l’Agence européenne des médicaments « permettrait la continuation des investissements dans de nouvelles molécules innovantes au Royaume-Uni, ainsi qu’un accès rapide aux médicaments pour les patients qui en ont besoin », souligne la Première ministre.

Les secteurs pharmaceutiques et chimiques sont parmi les plus grandes industries exportatrices du pays. Leurs lobbies font donc pression sur le gouvernement pour garder leur accès au marché unique.

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Une proposition de l’UE pour éviter une frontière « dure » en Irlande après le Brexit sème la discorde entre Londres et Bruxelles. Theresa May affirme qu’elle menace « l’intégrité constitutionnelle » du Royaume-Uni.

Si le gouvernement compte sortir de l’Union douanière, Theresa May espère qu’un « partenariat douanier » pourra être mis en place, afin d’harmoniser les obligations pesant sur les importations.

Elle défend également la mise en place d’un « mécanisme d’arbitrage » indépendant pour résoudre les différends et d’un accord sur la protection des données, afin d’assurer la stabilité des flux de données. Elle souligne pourtant que le pays sortirait du marché unique numérique.

Largement plébiscité au sein de son parti, le discours de la Première ministre a reçu un accueil plus nuancé à Bruxelles, preuve que l’écart continue de se creuser entre les deux rives de la Manche.

« Je ne vois pas comment nous pourrions atteindre un accord sur le Brexit si le gouvernement britannique continue à faire l’autruche comme ça », a indiqué le dirigeant du PPE, Manfred Weber.

Michel Barnier, négociateur en chef pour l’UE, a pour sa part noté que le discours de la Première ministre apportait des éclaircissements sur la situation et que son appel à des compromis serait entendu à Bruxelles.

L’eurodéputé libéral Guy Verhofstadt, qui dirige le comité de pilotage du Brexit, prévient cependant qu’une « renégociation des règles du marché unique dans le sens d’un compromis mis en avant pour apaiser un Parti conservateur divisé » n’aurait pas beaucoup de succès.

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