Le ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband a rejeté hier toute candidature pour la nouvelle fonction de premier plan de Haut représentant pour les Affaires extérieures de l’UE, ont déclaré des sources de centre gauche à EURACTIV.
M. Miliband, qui jusqu’à hier était considéré comme le plus probable candidat du centre-gauche européen pour le poste prestigieux de Haut représentant, a déclaré lors d’un meeting avec le président du Parti socialiste européen Poul Nyrup Rasmussen qu’il n’était pas intéressé par le poste.
Alors que M. Miliband a insisté a plusieurs reprises dans les médias britanniques sur le fait qu’il n’était pas disponible pour remplir cette fonction en raison de sa volonté de rester dans le cabinet de Gordon Brown, un tel démenti contredit les spéculations actuelles chez les socialistes européens, parmi lesquels beaucoup pensaient qu’il était le candidat idéal.
La rencontre entre M. Miliband et M. Rasmussen, cependant, peut être considérée comme un « non » définitif et sans appel.
Lors d’un entretien avec EURACTIV, une source de premier plan du Parti travailliste a dit que M. Miliband s’était engagé et avait fait machine arrière. C’est un homme qui a trois enfants, et il se rend compte de ce que travail impliquera : passer les cinq prochaines années constamment entre deux avions.
Par ailleurs, M. Miliband est considéré comme favori par de nombreuses personnes pour devenir le futur dirigeant du Parti travailliste, si, comme cela est largement attendu, Gordon Brown est délogé de son poste à la suite d’une probable victoire des conservateurs lors de l’élection générale de l’an prochain au Royaume-Uni. Son refus de prendre le haut poste de l’UE pourrait être, ainsi, un calcul politique aussi bien qu’un calcul personnel, a dit la source.
« Brainstorming » suédois à Berlin
Le refus de M. Miliband est susceptible de faire partie des sujets « fâcheux » débattus par les dirigeants européens lors de leur rencontre aujourd’hui à Berlin pour célébrer le 20ème anniversaire de la chute du Mur.
La Suède, qui occupe actuellement la présidence de l’UE, va sonder les chefs d’Etat et les diplomates de haut rang pour réfléchir à la possibilité de parvenir à un consensus sur les hauts postes du traité de Lisbonne.
Dès qu’ils seront certains que les contours d’un accord sont établis, la Suède réunira un sommet extraordinaire à Bruxelles, où les dirigeants de l’UE prendront les décisions finales sur les nouveaux postes.
Les rumeurs autour du Haut représentant vont désormais se tourner vers des hommes politiques de premier plan du centre-gauche européen, y compris l’ancien ministre des Affaires étrangères italien Massimo D’Alema, l’eurodéputé roumain Adrian Severin (EURACTIV 29/10/09), l’ancien ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeie, et l’ancienne secrétaire aux Affaires européennes française Elisabeth Guigou.

