Lueur d’espoir entre Londres et Dublin dans la saga du Brexit

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson et son homologue irlandais, Leo Varadkar, se sont entretenus le 10 octobre, une réunion qui semble avoir fait renaître les espoirs d’un accord sur le Brexit.

Dans une déclaration commune faisant suite à leur réunion dans la péninsule de Wirral, à quelques encablures de Liverpool, Boris Johnson et Leo Vardkar ont annoncé « que tout le monde profiterait d’un accord sur le Brexit. Selon eux, le Brexit doux est possible ».

Aux yeux du Taoiseach irlandais, la réunion a été un succès et s’est révélée très prometteuse, ajoutant que « conclure un accord autorisant le Royaume-Uni à sortir de l’UE sans encombre d’ici à la fin octobre était possible ».

La déclaration prévoit que le chef de l’île d’émeraude rencontrera le groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit et que Stephen Barclay, le ministre britannique du Brexit, s’entretiendra avec Michel Barnier ce 11 octobre.

La saga du Brexit prend ainsi un tournant inattendu, et ce, deux jours seulement après que les conseillers de Boris Johnson ont déclaré que tout compromis était impossible à la suite d’une réunion peu concluante avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Entre temps, Leo Varadkar a souligné qu’un accord serait « extrêmement complexe » sans de nouvelles concessions de la part de Londres.

Le 9 octobre, Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, a révélé aux eurodéputés que « trouver un accord serait difficile, mais toujours possible ».

La marge de manœuvre reste toutefois très étroite pour qu’un accord soit conclu d’ici à la fin du sommet européen de la semaine prochaine et pour qu’il soit adopté par le Parlement britannique. La sortie du Royaume-Uni est en effet prévue le 31 octobre, bien qu’une loi ait été adoptée le mois dernier par les législateurs britanniques exigeant du Premier ministre qu’il demande une prolongation de trois mois pour parvenir à un Brexit doux au lieu de quitter le navire européen sans accord.

L’accord de paix du « Vendredi saint » conclut en 1998 entre le Londres et Belfast a créé une frontière invisible entre le nord et le sud, et trouver une façon de la maintenir ouverte sans qu’une partie du Royaume Uni reste assujettie aux règles commerciales européennes était l’un des points principaux des négociations sur le Brexit.

La semaine dernière, le Premier ministre britannique a proposé d’établir une nouvelle frontière réglementaire entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, et ce, pour une durée de quatre ans. Cette proposition visait à remplacer le filet de sécurité irlandais qui figurait dans l’accord de retrait négocié par Theresa May.

« Nous sommes européens » assure Boris Johnson

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a adopté un ton conciliant envers l’UE lors de la conférence du parti conservateur à Manchester, le 2 octobre, où il a présenté sa nouvelle alternative au backstop irlandais.

Si les propositions émises par Boris Johnson venaient à se concrétiser, elles nécessiteraient d’établir de nouveaux contrôles douaniers sur le territoire irlandais et obligeraient l’Irlande du Nord à quitter l’Union douanière européenne ainsi qu’à sortir du marché unique pour toutes les marchandises, à l’exception des denrées alimentaires et des produits industriels.

En 2025, le gouvernement irlandais et l’assemblée élue choisiraient ou non de rester dans le marché unique, ce que Boris Johnson décrit comme « un processus de consentement démocratique renouvelable de l’exécutif et de l’assemblée de l’Irlande du Nord ».

L’Union européenne a rapidement rejeté ces propositions et le bloc s’inquiète encore et toujours des solutions envisagées et du rôle des autorités de l’Irlande du Nord.

Néanmoins, même si davantage de concessions britanniques seront probablement nécessaires, la marge du manœuvre de Boris Johnson reste très étroite, car il a besoin du soutien des conservateurs eurosceptiques et du parti unioniste démocrate afin qu’un accord sur le Brexit soit adopté par le Parlement britannique.

 

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.