Un Brexit sans accord serait «pratiquement inévitable»

Le parlement britannique a eu recours à une série de votes indicatifs mais n'est pas parvenu à constituer une majorité

Après avoir rejeté pour la troisième fois l’accord de retrait négocié par Theresa May, les députés britanniques ont également rejeté les quatre alternatives à cet accord, faisant du Brexit sans accord un scénario « pratiquement inévitable ».

Le parlement britannique a eu recours à une série de votes indicatifs en vue de recueillir une majorité sur les différentes possibilités de Brexit ou l’éventualité d’un deuxième référendum. La proposition du conservateur et proeuropéen Ken Clarke pour la formation d’une union douanière permanente a presque recueilli la majorité avec 273 voix sur 549. La proposition d’un second référendum a également failli passer (280 voix sur 572). Les députés n’étant parvenus à aucun résultat, l’éventualité d’un Brexit sans accord le 12 avril se concrétise de jour en jour.

Après avoir rejeté à trois reprises l’accord de retrait négocié par Theresa May, les députés britanniques ont décidé de prendre le contrôle du Brexit en passant d’abord par des votes indicatifs. Les ministres ont pour leur part reçu l’ordre de ne voter pour aucune des quatre options. Le 29 avril, les députés britanniques ont rejeté l’accord de retrait à 286 voix sur 630.

Ken Clarke a conjuré les députés de l’opposition de renoncer à un deuxième référendum et d’adhérer à sa proposition, qu’il considérait comme la seule option viable permettant de recueillir une majorité suffisante. Face à l’échec de sa proposition pour que le pays reste dans le marché unique européen, le député conservateur Nick Boles a quant à lui annoncé son retrait du parti Tory. Celui-ci a attribué cet échec au « refus de trouver des compromis » du parti conservateur.

Sommet de crise après le troisième rejet de l’accord du Brexit

À la suite du troisième rejet de l’accord de retrait du Brexit, le président du Conseil, Donald Tusk, a déclaré que l’UE convoquerait un sommet de crise le 10 avril.

Les propositions de Ken Clarke et de Nick Boles ont été rejetées par l’abstention ou le rejet de plus de 30 députés en faveur d’un deuxième référendum, ce qui a suscité la colère des députés en faveur d’un Brexit ordonné. Malgré ces résultats, de nouveaux votes devraient avoir lieu mercredi.

« Un Brexit dur devient pratiquement inévitable », a regretté le négociateur du Brexit pour le Parlement européen, Guy Verhofstadt, à l’issue des votes de Westminster, ajoutant que les députés britanniques auraient « une dernière chance d’éviter la catastrophe mercredi ». Un avis partagé par Michel Barnier, qui estime la possibilité d’un Brexit sans accord « chaque jour plus probable ». « N’oublions pas d’abord que nous avons déjà un accord, et il a été conclu par Theresa May, le gouvernement britannique, le Conseil européen et le Parlement européen le 25 novembre dernier, il y a quatre mois », a rappelé le négociateur en chef du Brexit à la Commission.

Le secrétaire d’État à la Sortie de l’Union européenne, Steve Barclay, a quant à lui rappelé que « la position juridique par défaut est que le pays quitte l’UE le 12 avril ». « La seule option est de trouver un moyen pour que le Royaume-Uni quitte l’UE avec un accord. Si le parlement y parvient cette semaine, il sera encore possible de ne pas participer aux élections européennes », a-t-il ajouté.

Selon des représentants de Downing Street, le gouvernement de Theresa May se réunit le 2 avril au matin afin de trouver une proposition. Il semble toutefois improbable que l’accord de Theresa May parvienne à obtenir la majorité d’ici le 12 avril. Le gouvernement n’aura probablement pas d’autre choix que de se résigner à un Brexit sans accord ou de proposer un nouveau report de l’article 50.

Les Britanniques se sentent trahis par Westminster

Plusieurs groupes pro-Brexit manifestent une révolte citoyenne inédite au Royaume-Uni. Certains craignent d’être privés du Brexit dont ils rêvent.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.