Un Brexit sans accord serait un désastre pour l’industrie agroalimentaire

Un Brexit sans accord serait « catastrophique » pour l’industrie agroalimentaire et « doit être évité à tous prix », assurent les députés britanniques de la commission parlementaire de l’énergie, l’industrie et la stratégie.

« Le succès de l’industrie [agroalimentaire] dépend grandement de la participation au marché unique et à l’union douanière », a déclaré la présidente de la commission énergie, industrie et stratégie (BEIS) du parlement britannique, Rachel Reeves.

Les ministres devraient chercher « un alignement des règles, des normes et du commerce avec l’UE », a-t-elle ajouté.

Le 26 avril, les députés doivent débattre et voter à nouveau sur la sortie du Royaume-Uni de l’union douanière. La semaine dernière, la chambre des Lords a voté pour l’introduction d’un amendement sur l’adhésion à l’union douanière dans la loi du gouvernement sur la sortie de l’UE. Le gouvernement pourrait donc changer d’avis à ce sujet, même si les conservateurs pro-Brexit ont averti Theresa May qu’elle ne serait pas soutenue si elle recule sur cette question.

Les Britanniques veulent toujours du Brexit

Bien que les Britanniques jugent que le Brexit devrait toujours avoir lieu, quatre personnes sur dix estiment que les négociations sont « un désastre total ».

L’opposition travailliste, les nationalistes écossais et les libéraux démocrates – ainsi qu’une minorité de députés conservateurs – s’opposent à une sortie du Royaume-Uni de l’union douanière.

Le rapport des députés de la commission BEIS constate que la plupart des parties prenantes de l’industrie sont en faveur du maintien de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui réglemente le secteur.

L’industrie alimentaire et des boissons représente 28,8 milliards de livres sterling (32,8 milliards d’euros) pour l’économie britannique et des centaines de milliers d’emplois dans tout le pays.

Par ailleurs, selon le Comité consultatif britannique sur les migrations, 24 % de la main-d’œuvre du secteur de l’alimentation et des boissons était composée de migrants de l’Espace économique européen (EEE) en 2016.

Une grande partie de l’industrie alimentaire et des boissons du Royaume-Uni veut s’en tenir à la réglementation de l’UE, selon le rapport. Pour les députés, les règles européennes sur les indicateurs géographiques, les normes alimentaires élevées et l’harmonisation de l’étiquetage des denrées alimentaires devraient être maintenues.

Les géants de l’agroalimentaire comme Diageo et Ferrero UK ont également mis en garde contre les barrières non tarifaires, qui prendraient la forme de retards aux frontières et d’une bureaucratie accrue, et auraient un impact négatif sur la compétitivité du Royaume-Uni. Les représentants de Diageo ont déclaré à la commission parlementaire qu’une attente de 15 minutes pour chaque camion à la frontière entre l’Irlande et le Royaume-Uni coûterait 1,3 million de livres sterling (1,5 millions d’euros) par an à leur seule entreprise.

Le rapport ajoute que le gouvernement devrait donner la priorité à la reconduction des accords commerciaux existants et à venir de l’UE avec les pays tiers, ajoutant que les chances du Royaume-Uni pour conclure de nouveaux pactes commerciaux en dehors de l’UE étaient « relativement minces et nettement incertaines ».

Le Brexit aurait-il eu lieu sans Cambridge Analytica?

Christopher Wylie, ex salarié repenti de la société Cambridge Analytica, explique à Libération que les Britanniques n’auraient pas voté aussi massivement pour le Brexit  sans l’action coordonnée des réseaux d’extrême-droite qui ont prêté main forte au parti du Brexit, Leave.eu.

 

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