Les désaccords minent les négociations du Brexit

Michel Barnier [European Commission]

Lors d’un second cycle des négociations, l’UE et le Royaume-Uni ont campé sur leur position sur la question des obligations financières de Londres et celle du tribunal qui garantira les droits des citoyens européens dans un monde post-Brexit.

À la suite d’une première rencontre le mois dernier, les équipes de négociation, menées par Michel Barnier du côté européen, et David Davis, du côté britannique, ont conclu le 20 juillet un cycle de discussions de quatre jours sur les termes du départ du Royaume-Uni de l’UE.

Les points de discorde avaient déjà été identifiés : les obligations financières de Londres et le rôle de la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans la protection des droits des citoyens. Mais les deux parties n’ont même pas pu tracer les contours d’un compromis puisque le Royaume-Uni est arrivé à Bruxelles les mains vides.

« Le troisième cycle doit servir à clarifier les choses », a souligné Michel Barnier. Les prochaines négociations auront lieu le mois prochain.

Impatience

L’ancien commissaire français a exprimé son impatience la semaine dernière face au manque de clarté du Royaume-Uni, notamment sur la question des factures dont Londres devra s’acquitter.

Michel Barnier s’attendait à ce que l’équipe britannique arrive à ce cycle de négociation avec des arguments pour qu’ils puissent discuter de ce qui doit être pris en compte ou non pour estimer la facture du divorce.

Barnier presse Londres sur la question de la facture du Brexit

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a prévenu le Royaume-Uni le 12 juillet qu’il devait honorer toutes ses factures impayées avant de discuter d’une future relation avec l’UE, poussant ainsi Londres à accélérer les négociations de divorce.

Au lieu de cela, les négociateurs britanniques ont juste remis en cause chaque ligne du budget européen et n’ont pas indiqué quand ils soumettraient une proposition sur leur méthodologie de calcul.

David Davis, ministre en charge du Brexit, a reconnu que le pays avait bien des obligations financières, mais qu’étant donné que celles-ci étaient mutuelles, « une solution nécessite de la souplesse des deux côtés ».

Le Royaume-Uni estime que les 27 autres États membres lui doivent aussi de l’argent de par sa participation à différents investissements européens. Toutefois, la facture britannique est beaucoup plus salée : entre 60 et 100 milliards d’euros.

Interrogé sur un possible compromis, Michel Barnier a répondu : « nous n’en sommes pas encore là », tout en insistant sur le fait que « d’abord, nous avons besoin d’une vue d’ensemble », à savoir l’engagement du Royaume-Uni d’honorer pleinement ses obligations financières.

Il est « indispensable » d’avoir la position du Royaume-Uni sur cette question pour pouvoir avancer, a-t-il répété. Si aucun progrès n’est réalisé sur ce front, Michel Barnier ne recommandera pas aux dirigeants européens de commencer les négociations en octobre sur l’avenir des relations entre les deux parties. Or pour Londres, il s’agit d’une priorité.

Barnier presse Londres sur la question de la facture du Brexit

Le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, a prévenu le Royaume-Uni le 12 juillet qu’il devait honorer toutes ses factures impayées avant de discuter d’une future relation avec l’UE, poussant ainsi Londres à accélérer les négociations de divorce.

Les deux parties assurent qu’il n’y aura pas de progrès continus sur la question des obligations financières. « Cette question nécessite une approche globale », a expliqué un haut responsable européen.

Michel Barnier a également défendu sa position sur le rôle de la CJUE pour garantir que les droits des citoyens européens sont respectés après l’entrée en vigueur du Brexit en mars 2019.

Sur ce point, il qualifie ses divergences avec David Davis d’« opposition fondamentale », puisque Londres ne veut pas que des juges étrangers statuent sur son territoire. En revanche, pour le négociateur français, « il n’y a pas d’autres moyens de garantir les droits des citoyens européens que la CJUE ». « Nous leur devons cela », a-t-il martelé.

Pas de Gibraltar

En ce qui concerne la frontière avec l’Irlande du Nord, une autre question délicate discutée durant le second cycle, Michel Barnier a déclaré aux journalistes qu’il était nécessaire d’aller plus loin sur la protection de la coopération avec l’Irlande et sur le maintien de la zone de voyage commune après le Brexit.

Les 27 soutiennent l’Espagne face à Londres sur l'avenir de Gibraltar

L’Espagne va probablement mettre son veto à tout accord sur Gibraltar dans le cadre du Brexit. Dans les orientations de négociations, les 27 États membres soutiennent Madrid à ce sujet.

Les négociateurs britanniques n’ont pas soulevé la question de Gibraltar durant les discussions, alors que l’objectif de ce second cycle était de repérer les points de divergence.

Londres a protesté lorsque l’UE a donné à l’Espagne un droit de véto sur l’avenir du Rocher après le Brexit, puisque tout accord ferait l’objet d’une discussion entre Londres et Madrid.

Mais cette fois-ci, personne « n’a remis en question » la position de l’UE sur Gibraltar, a révélé une source de l’UE.

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