Nouvelles discussions sur le Brexit à moins d’un mois du divorce

À moins d’un mois du Brexit, négociateurs britanniques et européens se retrouvent pour tenter de trouver un compromis susceptible de convaincre le parlement britannique de voter l’accord de divorce et éviter le choc d’une séparation brutale.

Les négociateurs de l’UE et du Royaume-Uni se rencontreront le 5 mars après-midi à Bruxelles, en amont d’une semaine cruciale pour la Première britannique, Theresa May. Ces nouvelles discussions réuniront le négociateur en chef de l’Union européenne, Michel Barnier, l’attorney général, Geoffrey Cox – chargé de conseiller juridiquement le gouvernement – et le ministre du Brexit, Stephen Barclay.

Theresa May cherche à obtenir de nouvelles garanties sur l’accord de retrait, dans l’espoir qu’il soit adopté par le parlement britannique d’ici le 12 mars. Si les députés le recalent de nouveau, elle leur demandera le 13 mars s’ils veulent sortir de l’UE sans accord. S’ils refusent, elle leur soumettra le 14 mars une proposition de report « limité » du Brexit, au-delà de la date du 29 mars.

Les députés britanniques commencent à soutenir Theresa May

Les parlementaires britanniques se sont mis d’accord pour laisser à Theresa May plus de temps pour travailler sur l’accord de retrait, après que la Première ministre a accepté le report de la date du Brexit.

Les dirigeants européens, qui excluent de rouvrir l’accord de retrait, ont d’ores et déjà averti que pour être accepté, tout report devra être dûment justifié.

Sans rien céder sur le fond, Michel Barnier a indiqué que l’UE était prête à fournir des garanties supplémentaires au Royaume-Uni afin de faciliter le vote britannique, dans un entretien publié samedi par plusieurs journaux européens.

Ces garanties concernent le filet de sécurité, principale cause de l’impasse depuis le rejet massif de l’accord de retrait par le Parlement britannique en janvier.

Ce dispositif a été imaginé pour éviter le retour d’une frontière entre les deux Irlandes afin de préserver les accords de paix de 1998 et aussi, côté européen, l’intégrité du marché unique. Il maintient le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE et prévoit un alignement plus poussé sur les normes de l’UE pour l’Irlande du Nord.

Theresa May assure que le filet de sécurité fera partie de l’accord

La Première ministre Theresa May a garanti aux législateurs européens que le filet de sécurité irlandais ferait partie de l’accord de Brexit. Le contraire aurait été « inenvisageable », selon Guy Verhofstadt.

« Document interprétatif »

Comme l’ont rappelé les Européens, après le Brexit, les marchandises qui arriveront en Irlande du Nord entreront en Irlande et du même coup sur l’ensemble du marché européen.

Mais les Britanniques redoutent que le filet de sécurité, en maintenant Londres dans un territoire douanier commun, ne l’empêche de mener une politique commerciale indépendante.

Dans son entretien publié samedi, Michel Barnier a évoqué « un document interprétatif dont la forme reste à définir, qui viendrait en plus du traité de sortie et de la déclaration politique » qui doit jeter les bases de la future relation.

L’attorney général cherche à obtenir « des changements juridiquement contraignants au [filet de sécurité], qui sont nécessaires pour garantir que l’UE ne pourra pas maintenir le Royaume-Uni au sein de l’UE indéfiniment », a indiqué lundi un porte-parole de Theresa May.

« Nous sommes maintenant à une étape particulièrement critique dans ces négociation », a-t-il remarqué, ajoutant que « des progrès avaient été effectués au cours des deux dernières semaines mais qu’il reste encore du travail ».

Londres veut que le la mesure soit limitée dans le temps et veut être autorisé à y mettre fin de façon unilatérale, ce que refusent les Européens.

La voie semble très étroite pour l’attorney général, qui avait émis un avis négatif sur le mécanisme. C’est lui qui « est à la manœuvre » dans cette phase des discussions, souligne une source européenne. « Pour l’instant, on cherche le point d’intersection, on ne l’a pas encore trouvé », ajoute-t-elle.

« Vu ce qu’a dit Michel Barnier dans son interview et le fait que les deux négociateurs reviennent à Bruxelles, ça veut dire que ça bouge un petit peu. Mais on n’est jamais à l’abri d’une discussion qui tourne court » entre Britanniques et Européens, prévient Eric Maurice de la Fondation Robert Schuman.

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