Paris craint d’exacerber l’euroscepticisme avec le Brexit

Benjamin Griveaux

Le porte-parole du gouvernement français a prévenu que « punir » Londres dans le cadre du Brexit risquerait de renforcer le sentiment anti-européen dans l’UE à un an des élections européennes.

« Notre position est assez simple. Il n’est pas question de punir qui que ce soit dans le cadre du Brexit. C’est la pire chose qui puisse arriver et je pense que cela renforcerait le sentiment anti-européen dans beaucoup de pays où on a des élections dans un an », a souligné Benjamin Griveaux devant les correspondants de la presse anglophone à Paris, le 12 février.

Les élections européennes, moteur de la lutte contre l’euroscepticisme

La perspective de voir les partis eurosceptiques arriver en très bonne place aux prochaines élections européennes et nationales préoccupent les fonctionnaires européens et les pro-européens.

Le porte-parole s’est exprimé alors que plusieurs députés conservateurs au Royaume-Uni ne décolèrent pas contre le projet de sanctions brandi mercredi par l’UE pour « éviter un jeu déloyal » de la part de Londres durant la période de transition après la sortie de l’UE le 29 mars 2019.

« Quand un pays quitte l’Union, c’est un échec pour la Grande-Bretagne et pour l’Union. Il ne faut jamais humilier ou punir », a souligné M. Griveaux.

Mais « il faut de la fermeté », et dire qu’on « va exercer telle liberté et pas une autre n’est pas possible », a insisté M. Griveaux. « Brexit means Brexit [Brexit signifie Brexit] », a-t-il ajouté, reprenant une formule souvent utilisée par la Première ministre britannique Theresa May.

Brexit : Londres accuse l’UE de « mauvaise foi »

Le projet de sanctions de l’UE pour encadrer la période de transition après le Brexit est « peu judicieux » et « de mauvaise foi », a dénoncé jeudi à Londres le ministre britannique chargé du Brexit David Davis, dans une déclaration à la virulence inhabituelle.

En marge d’une visite en janvier au Royaume-Uni, le président français Emmanuel Macron avait déclaré qu’un accord spécial entre le Royaume-Uni et l’UE était « possible » après le Brexit. « Mais cette voie spéciale devra être compatible avec la préservation du marché unique et de nos intérêts collectifs », avait-il souligné.