Les Européens devront payer 65 livres pour demeurer au Royaume-Uni

Pour les migrants européens, il sera plus difficile d'accèder au Royaume-Uni. [Shutterstock]

Les ressortissants de l’UE vivant au Royaume-Uni doivent faire une demande de titre de résident permanent pour un coût de 65 livres. Le Parlement européen risque de peu apprécier le fait que les citoyens paient pour le Brexit.

Dans le cadre du plan post-Brexit pour les citoyens européens, annoncé par le ministre de l’Intérieur britannique Sajid Javid, les citoyens de l’Union européenne et membres de leur famille qui ont vécu au Royaume-Uni pendant cinq ans seront éligibles au « statut de résident », leur donnant le droit de rester indéfiniment dans le pays.

Le ministère de l’Intérieur britannique souhaite que ce plan entre en vigueur avant la fin de l’année 2018, afin d’éviter une hausse de demandes soudaine après le départ du pays de l’Union au mois de mars prochain. Une nouvelle loi, validée par le Parlement britannique, sera néanmoins nécessaire, en particulier pour instaurer une autorité de contrôle indépendante en charge de superviser ce plan.

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Selon des fonctionnaires britanniques, le ministère de l’Intérieur a prévu 170 millions de livres (193 millions d’euros) pour financer ce plan, qu’il prévoit de gérer « en interne » à l’aide d’environ 1500 travailleurs sociaux. « Les raisons d’accepter les demandes plutôt que de les refuser » seront recherchées en priorité, selon ces mêmes fonctionnaires.

Les citoyens européens n’ayant pas encore de titre de séjour permanent devront remplir un formulaire en ligne et payer 65 livres (74 euros), et 32,5 livres (37 euros) pour les enfants.

Le formulaire sera également disponible via une application accessible sur des appareils dotés d’un système Android. « Ce sera aussi simple que possible », a déclaré Sajid Javid devant une commission de la chambre des Lords le 21 juin.

Les candidats pour le statut de résident permanent devront fournir leur carte d’identité, prouver qu’ils ont vécu au Royaume-Uni et qu’ils n’ont jamais fait l’objet de condamnations criminelles. Des responsables britanniques ont également affirmé que les réponses des candidats seraient vérifiées grâce aux registres fiscaux et de sécurité sociale du gouvernement.

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Malgré les promesses du gouvernement britannique, des doutes persistent sur la capacité de ce dernier à mettre en place ce système. Le scandale de Windrush, qui a révélé que des personnes arrivées depuis les Caraïbes dans les années 1950 et ayant obtenu la citoyenneté britannique avaient été menacées d’expulsion, et dans certains cas injustement expulsés, ainsi que le piètre bilan du gouvernement britannique pour gérer de larges bases de données, ont récemment mis sa crédibilité à mal.

Le 21 juin, Sajid Javid a appelé les États membres à préciser la manière dont ils entendent garantir aux citoyens britanniques vivant sur leur territoire leur statut de résident.

« Publier les détails de comment nous allons gérer le statut de résident montre que nous honorons les engagements envers les citoyens européens vivant au Royaume-Uni », a-t-il déclaré.

Le ministre de l’Intérieur a aussi accusé certains pays de l’Union européenne, notamment la France et l’Espagne, d’avoir échoué à donner des engagements aux Britanniques vivant sur leur territoire.

Les négociateurs européens et britanniques ont conclu un accord sur les droits des citoyens en décembre de l’année dernière. L’offre britannique devra cependant être validée par les eurodéputés, et pourrait ne pas répondre suffisamment à leurs demandes. Le 20 juin, Guy Verhofstadt, qui dirige les négociations sur le Brexit pour le Parlement, a estimé que la procédure devrait être gratuite pour les citoyens de l’Union.

« Pourquoi les citoyens de l’Union européenne devraient-ils être financièrement punis pour le résultat du référendum sur le Brexit ? » s’est-il indigné.

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