Pêche : Paris agite la menace de l’arme énergétique contre Londres

« Dans les prochains jours, nous prendrons des mesures européennes ou nationales de pression sur le Royaume-Uni », a annoncé Clément Beaune ce mardi (5 octobre). [JOHN THYS/epa]

La France ne se « laissera pas faire » dans le conflit avec le Royaume-Uni sur la pêche, a martelé ce mardi (5 octobre) le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, en agitant la menace de l’arme énergétique.

« Dans les prochains jours, nous prendrons des mesures européennes ou nationales de pression sur le Royaume-Uni », a rappelé Clément Beaune sur la radio Europe 1.

« Par exemple, on peut imaginer les îles anglo-normandes, le Royaume-uni dépendant de notre approvisionnement en énergie… », a-t-il ajouté, sans finir sa phrase.

En mai dernier, la ministre de la Mer, Annick Girardin, avait déjà fait allusion à des répercussions éventuelles sur le « transport d’électricité par câble sous-marin » qui alimente l’île de Jersey depuis la France.

Et le 30 septembre, Mme Girardin avait indiqué que Paris présenterait cette semaine des « mesures de rétorsion » en réponse au faible nombre de licences britanniques octroyées aux pêcheurs français.

Jersey a annoncé le 29 septembre l’octroi de 64 licences définitives à des bateaux français (contre 169 demandées par Paris) et le rejet de 75 dossiers. La veille, Londres avait accordé 12 autorisations supplémentaires dans ses eaux, dans la limite des 6 à 12 milles nautiques de ses côtes (contre 87 demandées).

« Notre patience a une limite claire, celle de l’exaspération et celle de nos pêcheurs », a insisté Clément Beaune. « Cela fait neuf mois que nous discutons calmement, gentiment. Ca suffit ! », a-t-il dit.

« Ils pensent qu’ils peuvent vivre tous seuls et en plus taper sur l’Europe. Et comme ça ne marche pas, ils font dans la surenchère et l’agressivité », a affirmé le secrétaire d’Etat.

« Le Brexit, c’est le populisme en action. On a la démonstration que c’est un échec dramatique », a-t-il lancé. « C’est classique comme recette. Et bien, on ne se laissera pas faire ».

L’accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l’année dernière entre Londres et Bruxelles, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition d’obtenir une licence, accordée s’ils peuvent prouver qu’ils y pêchaient auparavant.

Pêche post-Brexit : Paris juge "inacceptables" les décisions britanniques

La France a jugé mercredi (29 septembre) « inacceptables » les décisions britanniques d’octroi de licences de pêche à des bateaux français, bien en-deçà des exigences de Paris qui appelle à un front commun des pays européens contre Londres.

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