Prix minimum sur l’alcool en Angleterre et au pays de Galles

beer_booze_mist_sxc.jpg

Les ministres anglais et gallois proposent un prix minimum de 0,45 livre sterling (0,56 euro) pour une unité d’alcool dans le cadre d’un projet visant à lutter contre la consommation abusive d’alcool.

 

Le gouvernement a suivi l'exemple de l'Écosse qui avait proposé 0,50 livre sterling (0,62 euro).

 

Le prix minimum réduira de près de 3 % les 42 milliards de livres sterling (52 milliards d'euros) dépensés chaque année en boissons alcoolisées en Angleterre et au pays de Galles. Il permettra de diminuer la criminalité et d'empêcher le décès lié à l'alcool de 714 personnes, selon le ministère de l'intérieur britannique.

 

Le ministère envisage aussi d'interdire des promotions du type « un produit acheté, un produit gratuit ».

 

Le ministère de l'intérieur a indiqué que cette mesure visait les buveurs dangereux et les magasins irresponsables.

 

Un porte-parole a ajouté : « Ceux qui aiment boire un verre tranquillement n'ont rien à craindre de nos propositions. »

 

Le prix minimum de 0,45 livre sterling (0,56 euro) aura pour conséquence qu'une cannette de bière forte et une bouteille de vin ne pourront plus être vendues en dessous de 1,56 livre sterling (1,92 euro) et de 4,22 livres sterling  (5,23 euros), selon un reportage de la BBC. Certaines bières et liqueurs à bas prix pourraient voir leur prix doubler dans les supermarchés.

 

« Nous payons le prix fort pour l'abus d'alcool »

 

La proposition de 0,45 livre sterling (0,56 euro) est 0,05 livre sterling (0,06 euro) plus élevée que celle présentée en mars. Elle n'est pourtant pas suffisante pour certains militants.

 

Eric Appleby, le directeur exécutif de Alcohol Concern, a déclaré : « Nous payons un prix fort pour l'abus d'alcool et la fixation d'un prix minimum favoriserait un changement [de cette situation]. »

 

« Il est prouvé que la fixation du prix par unité [d'alcool] à hauteur de 0,50 livre sterling (0,62 euro) touchera particulièrement ces groupes vulnérables que nous devons protéger : les jeunes et les grands buveurs. »

 

Le ministère de l'intérieur a affirmé qu'il évaluerait aussi les conséquences en matière d'achat en Écosse si les deux propositions étaient mises en oeuvre.

 

Les organisations du secteur, telles que Scotch Whisky Association et European Spirits Organisation, ont prétendu qu'un prix minimum pourrait être incompatible avec les règles commerciales de l'Union européenne.

 

Au lieu d'un prix minimum, les ministres français ont proposé une hausse de l'impôt sur la bière de 120 %, une mesure qui pourrait augmenter le prix d'un demi-litre de 30 à 40 centimes.

 

Selon une comparaison directe des prix menée par l'Institute of Alcohol Studies (IAS), Malte et l'Espagne sont les endroits en Europe où la bière et le vin sont respectivement les moins chers. 

 

Le secrétaire général de Brewers of Europe, Pierre-Olivier Bergeron, a indiqué à EURACTIV qu'un prix minimum constituait une menace pour les brasseurs de tout le continent. Il a ajouté que les propositions de la France et de l'Écosse étaient « très mal conçues et ne garantissaient pas l'atteinte des effets escomptés. »

 

Les Européens sont les plus grands consommateurs d'alcool au monde et la boisson est responsable de près d'une maladie ou d'une mort prématurée sur dix.

 

La sensibilisation de la population quant aux impacts de l'alcool prend des formes très différentes dans les différents États membres de l'Union.

 

Parmi les buveurs sondés, les Roumains et les Hongrois (48 %) étaient deux fois moins susceptibles de prendre en compte ces messages que les Britanniques, les Néerlandais et les Slovaques (90 %).

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer